mai 9, 2026

Hokum – Sorcière Irlandaise

De : Damian McCarthy

Avec Adam Scott, David Wilmot, Austin Amelio, Peter Coonan

Année : 2026

Pays : Irlande, Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Ohm Bauman, un romancier se retire dans une auberge en Irlande pour disperser les cendres de ses parents. Mais les récits du personnel au sujet d’une sorcière ancestrale hantant la suite nuptiale s’emparent peu à peu de son esprit…

Avis :

Damian McCarthy est un réalisateur et scénariste irlandais qui s’est fait remarquer dans le cinéma de genre. Comme beaucoup, il commence par des courts-métrages, où il développe déjà un style très marqué, basé sur l’ambiance, la tension et une utilisation intelligente du son et de l’espace. Il se fait vraiment connaître avec “Caveat” en 2020, un film à petit budget qui mise sur une atmosphère oppressante et un concept simple mais efficace. Puis avec “Oddity”, il confirme son talent en proposant un cinéma d’horreur encore plus maîtrisé, toujours centré sur l’ambiance plutôt que sur les effets faciles.

Avec “Hokum”, qui est son premier film à avoir une réelle visibilité chez nous, le metteur en scène irlandais pose là une très belle surprise de cette fin avril 2026. Film d’horreur en forme de huis clos, “Hokum” s’inspire d’un folklore irlandais, tout en se posant comme un drame autour du pardon. Bien mené, même si sa mise en place est bien trop longue pour ce qu’elle raconte, le film se rattrape très largement avec une deuxième partie qui en colle littéralement la chair de poule.

« “Hokum” souffre d’une mise en place trop longue »

Ohm Bauman est un romancier qui n’a plus vraiment d’inspiration. Sa vie et son œuvre sont comme bloquées. Ne sachant pas vraiment pourquoi, il atterrit dans un vieil hôtel au fin fond de l’Irlande. C’est dans cet hôtel que ses parents, il y a longtemps, ont passé leur lune de miel. Sur place, Ohm fait la connaissance de Fiona, une femme de chambre, qui lui parle d’une vieille légende concernant l’hôtel. En effet, au deuxième étage, il se pourrait qu’une sorcière habite les lieux…

Hokum”, sur le papier, c’est un film qu’on a déjà vu. Un écrivain en panne, qui dérive et finit par être hanté par ce qui semble être une sorcière. De là, on imagine une enquête, pour démêler le vrai du faux et peut-être libérer ladite sorcière… Alors oui, une fois passé à l’image, il y a de ça dans le film de Damian McCarthy, mais en même temps, pour notre plus grand plaisir, le film s’aventure ailleurs.

Comme je le disais plus haut, “Hokum” souffre d’une mise en place trop longue. On a l’impression que le film se freine lui-même, et ses quarante-cinq premières minutes, voire sa première heure, paraissent interminables. De ce côté-là, le film aurait clairement gagné à être resserré. Ça aurait rendu l’ensemble plus dynamique et surtout, ça nous aurait amenés plus vite au cœur de son intrigue.

« c’est aussi Adam Scott qui porte le film presque à lui tout seul »

Heureusement, une fois cette première partie passée, “Hokum” se réveille. Il s’active et surtout, il nous attrape grâce à une ambiance très oppressante. Une ambiance tournée vers le noir. Un noir dans lequel peut se cacher absolument n’importe quoi. Cette deuxième partie se pose comme un huis clos étouffant, car toute l’intrigue se concentre dans une chambre et un couloir. Et là, Damian McCarthy tient parfaitement son film. Ce qui est intéressant, c’est que derrière cette mécanique d’horreur, le film arrive à se faire touchant. Il y a un vrai fond. Un relief qu’on n’attendait pas forcément, mais qui devient évident au fur et à mesure. “Hokum”, ce n’est pas juste une histoire de sorcière ou de maison hantée. C’est un film qui parle de pardon. Et ça, ça change tout. Ça lui donne une dimension plus forte, plus humaine, plus intéressante que ce qu’il laissait imaginer au départ.

Hokum”, c’est aussi Adam Scott qui porte le film presque à lui tout seul. Et ce n’est pas simple, parce que son personnage est loin d’être attachant au début. Il est même assez antipathique. On a presque envie de le rejeter. Mais petit à petit, grâce à l’écriture et surtout grâce au jeu de l’acteur, le personnage évolue. Il se dévoile, se fissure, et finit par devenir touchant. Et ça, c’est clairement une réussite.

Au final, ce troisième film de Damian McCarthy est une très bonne surprise. Le réalisateur irlandais ne livre pas juste un film d’horreur. Il propose quelque chose de plus profond. Son intrigue et son personnage touchent, son ambiance — surtout dans sa deuxième partie — est parfaitement maîtrisée, et surtout, le film sait installer un vrai suspense oppressant jusqu’à son final. On frissonne, on reste accroché, et surtout, on a envie de voir ce que le réalisateur fera ensuite.

Note : 15/20

Par Cinéted

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