juin 24, 2024

Puscifer – Existential Reckoning

Avis :

Quand on fait partie de groupes aussi connus que Tool ou A Perfect Circle, il est évident que parfois, on a envie de faire des projets plus petits, afin d’exprimer de nouveaux élans musicaux. Maynard James Keenan a eu des envies créatrices en dehors de ses deux groupes phares, et pour se faire, il a créé Puscifer. A la base, il s’agit plus d’un fourre-tout artistique, où la musique s’entremêle à une ligne de vêtements. Un mélange incongru, mais qui n’est pas si extraordinaire que ça quand on connait un peu le type derrière le projet. Mais Puscifer va prendre de l’ampleur, et dès 2007, un premier album va sortir. Par la suite, Maynard va embaucher divers artistes pour l’accompagner dans son délire, allant de Rage Against the Machine jusqu’à Nine Inch Nails. Existential Reckoning est le quatrième album studio de Puscifer et c’est tout une expérience.

Cependant, les expériences peuvent aussi avoir leur limite, surtout quand on est proche d’un non-sens musical. Il y a un moment où faire de la musique pour soi, c’est bien, mais il faut que ça reste confidentiel, et non pas un objet mercantile en vue de faire quelques sous en plus en surfant sur un nom connu. Car oui, Puscifer n’est ni du Rock, ni du Métal, mais plutôt un melting-pot d’Electro, de musique avant-gardiste et de quelques rares riffs de grattes. On est très loin de Tool, et c’est en partie à cause de cela qu’il est très difficile de s’agripper à cet album étrange et décousu. D’ailleurs, dès le début, avec Bread and Circus, on est dans un sous Depeche Mode qui manque d’envergure et d’envie de secouer un peu tout le monde. C’est mou, c’est long et ça n’a pas vraiment d’intérêt musical.

Car d’un côté, c’est tellement long, complexe et sans vie que l’on ne pourra pas écouter cela en live (à moins d’avoir plusieurs grammes d’alcool dans le sang, ou des substances illicites) et de l’autre, ça reste tellement mou que rien ne viendra nous faire sourciller. Le calvaire va continuer avec Apocalyptical qui utilise à outrance un clavier soporifique pour ordonner un semblant de mélodie. La voix féminine peut apporter de la nuance et de la douceur, mais on restera sur le bas-côté, attendant sagement que tout cela se passe. Le titre fait un peu illusion sur sa batterie, qui évoque Queens of the Stone Age, mais ça reste de l’esbroufe qui masque une belle fainéantise, ou tout du moins une expérience qui tourne mal. The Underwhelming aura quelques fulgurances, mais là encore, le morceau dure bien trop longtemps pour nous marquer.

Puis Grey Area va venir nous asséner un quasi coup de grâce avec son électro molle et son chant blindé d’autotune. Un calvaire du début à la fin qui a failli nous faire signer l’arrêt de l’écoute. Ajoutons à cela Theorem qui vient enfoncer un peu plus le bouton de notre patience, et on a presque envie de se taper la tête contre les murs. Mais notre persévérance sera un peu payante, puisqu’avec UPGrade, on sent un besoin d’aller un peu plus vite et de monter la cadence. Cela se confirmera avec Bullet Train to Iowa, peut-être le meilleur morceau de l’album, qui contient un peu plus de noirceur que le reste. On est toujours dans une expérimentation étrange et douteuse, mais il y a une rage sourde qui ressort de ce titre, pourtant assez calme. Puis Personal Prometheus renoue avec une longue tentative électro de plus de sept minutes.

Le titre se révèle pénible et beaucoup trop long pour ce qu’il raconte. A Singularity ira dans ce sens, mais à la rigueur, ce morceau possède une sorte d’aura mystique qui fait qu’il accrochera plus notre oreille. Postulous continuera notre chemin de croix, ne marquant pas et allant même jusqu’à être oublié de tous. C’est dommage, car il possède quelques fulgurances vocales assez agréables. Mais l’enrobage est vraiment très pénible. Fake Affront permettra de sortir de l’eau une dernière fois. Plus énergique et mouvementé que le reste de l’album, ce titre laisse espérer une clôture à la hauteur. Mais non, puisque Bedlamite termine le skeud de la même façon qu’il a commencé, avec une sorte d’électro à la Depeche Mode, mais sans le savoir-faire. C’est une vraie douche froide qui coule dessus, même si on est amateur de délire auditif.

Au final, Existential Reckoning, le dernier album en date de Puscifer, est un mauvais album, surtout si l’on s’attend à du grand Maynard James Keenan. Expérience pseudo musicale bâclée et trop complexe pour ce qu’elle raconte, on ne peut pas dire que l’on passe un bon moment d’écoute. Pire, on se dit que ce genre d’album est indéfendable sur scène et manque cruellement d’éléments catchy pour accrocher les oreilles. Bref, une expérimentation qui tourne mal et offre un monstre de Frankenstein absolument pas viable…

  • Bread and Circus
  • Apocalyptical
  • The Underwhelming
  • Grey Area
  • Theorem
  • UPGrade
  • Bullet Train to Iowa
  • Personal Prometheus
  • A Singularity
  • Postulous
  • Fake Affront
  • Bedlamite

Note : 07/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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