juin 25, 2024

Le Processus de Paix – Thérapie de Couple

De : Ilan Klipper

Avec Camille Chamoux, Damien Bonnard, Ariane Ascaride, Jeanne Balibar

Année : 2023

Pays : France

Genre : Romance, Comédie

Résumé :

Quand on s’aime mais qu’on ne se supporte plus, qu’est-ce qu’on fait ?
Marie et Simon sont profondément amoureux, malgré les disputes constantes dans leur vie de couple. Pour ne pas se séparer, ils se lancent dans une aventure un peu folle : établir une liste de règles qu’ils devront suivre coûte que coûte. Ils l’appellent la charte Universelle des droits du couple.

Avis :

Ilan Klipper est un cinéaste français qui a débuté à carrière au début des années 2000 en co-réalisant quelques films avec Virgil Vernier. Pendant quelques années, les deux cinéastes oscillent entre fiction et documentaire. Puis c’est en 2011 que les deux se séparent, et de là, Ilan Klipper pose sa caméra dans la continuité de ce qu’il avait déjà entrepris, c’est-à-dire qu’il va réaliser un film de fiction, puis un documentaire, et ainsi de suite…

Pour trouver une comédie de Ilan Klipper, il faut remonter à l’année 2017 avec la sortie en toute confidentialité de « Le ciel étoilé au-dessus de ma tête« , film avec déjà Camille Chamoux et Laurent Pointrenaux.

En entrant dans la salle de cinéma ce jour-là, j’avais envie d’une petite comédie qui me ferait passer un drôle de moment en suivant les tribulations d’un couple. Je voyais déjà arriver la petite comédie romantique qui ne fait de mal à personne, et en un sens, c’est un peu ce que j’ai trouvé là, avec ce « … processus de paix« , qui se pose comme une comédie aussi sympathique et amusante sur l’instant, mais je ne suis pas sûr qu’elle marquera mon année de cinéma, et derrière ça, qu’elle restera dans les annales du cinéma.

« Ce « … processus de paix » est un petit moment de cinéma qui s’essouffle vite. »

Amusante donc, parlant joliment du couple et du combat pour celui-ci, ce « … processus de paix » est un petit moment de cinéma qui s’essouffle vite, mais qui malgré ça, m’aura fait passer le temps.

Marie et Simon sont en couple depuis des années. Lui est prof d’histoire à la fac, et elle est animatrice sur une émission radio, qui parle du désir féminin. Ensemble, Marie et Simon ont deux enfants, et la routine s’étant plus qu’installée, malgré l’amour évident qu’ils se portent mutuellement, Marie et Simon passent leur temps à s’engueuler, se chercher et se provoquer. En fait, Marie et Simon s’aiment, mais ils ne se supportent plus. Après un après-midi de beuverie, le couple crée la charte du couple. Dix règles pour vivre calmement, et qui régleraient une partie des problèmes. Dix règles à tenir, oui, mais pour combien de temps…

Le couple. S’il y a bien un sujet que le cinéma adore, c’est bien celui-là. Depuis que le cinéma existe, ou presque, les cinéastes du monde entier se sont penchés sur le couple, et ils ont emmené ces derniers vers tous les genres possibles et imaginables. Pour son nouveau film, Ilan Klipper a posé son couple dans ce qui se fait la plupart du temps, la comédie.

Anecdotique et oubliable, même si sur certains pans de son scénario, ce « … processus de paix » arrive plutôt bien à analyser son couple et les problèmes de la vie de couple, malheureusement, sur l’ensemble du film de Ilan Klipper, on ne peut pas dire que ce soit incroyable.

« Du côté des bons points, il y a ce couple très bien tenu par une Camille Chamoux touchante, et un Damien Bonnard qui s’amuse. »

Comme toujours, optimisme oblige, commençons donc par les bons côtés de cette comédie. Le scénario du « … processus de paix » propose une bonne idée de départ : comment fait-on, lorsqu’on s’aime, mais que l’on a bien du mal à communiquer ? D’ailleurs, le début du film est excellent, avec une belle présentation, une alchimie entre ces deux comédiens, un joyeux bordel exposé de la vie de parents débordés, puis une fois passé ça, le film s’aventure avec malice et drôlerie dans la vie de couple, dans l’adaptation, dans le fait de concilier les choses, dans le fait d’écouter l’autre, de reconnaitre ses erreurs, ou encore, et c’est le plus important, le film démontre avec cette histoire (comme dans beaucoup d’autres) que la clef, c’est la communication. Toujours du bon côté, le film nous réserve quelques bons moments de beuverie pour ce couple, et notamment l’élaboration de cette charte du couple qui se fait dans une ambiance euphorisante communicative.

Du côté des autres bons points, il y a ce couple très bien tenu par une Camille Chamoux touchante, et un Damien Bonnard qui s’amuse. Notons aussi les collègues du personnage de Marie, et notamment Nadia, jouée par une Jeanne Balibar étonnante.

Mais voilà, comme je le disais, malgré tous ces bons éléments, « Le processus de paix » est une petite, toute petite, comédie, qui ne restera pas dans les mémoires. La première chose qui abîme le film d’Ilan Klipper, et qui nous fait perdre le fil petit à petit, c’est le fait que son histoire parte dans tous les sens. Si ce « … processus de paix » s’était simplement concentré (comme au début) sur son sujet principal, c’est-à-dire son couple, ça nous aurait tenu de bout en bout, or, ici, le film s’aventure sur des sujets comme le conflit israélo-palestinien, puis le temps d’une scène avec aucune subtilité, il s’aventure dans le hashtag me too lors d’un dîner entre amis assez improbable.

« Au bout du compte, l’énergie du début disparaît, et l’ensemble devient long. »

Puis derrière ça encore, il s’aventure aussi à explorer la religion juive, avec l’idée de se réfugier dans la religion lorsque son couple bat de l’aile. Tous ces sujets vont et viennent au milieu de ces deux personnages qui passent leur temps à s’engueuler avec amour et un soupçon de vulgarité, et au bout du compte, l’énergie du début disparaît, et l’ensemble devient long. Certes, comme un accordéon, le film se ressaisit, et ça redevient intéressant, puis d’autres fois, le film « s’arrête » et ça abîme l’ensemble, qui finit par se poser comme une petite comédie qui avait au départ du cachet.

Ainsi, « Le processus de paix » avait de quoi se poser comme une bonne comédie et c’est d’ailleurs ce qu’elle est dans sa première partie, avec du rythme et de l’humour, mais très vite, le film d’Ilan Klipper décroche, part dans tous les sens, et se laisse regarder de manière partagée, entre son bon sujet, la durée de vie du couple, et le fait de se battre pour celui-ci, et cet humour qui finit petit à petit par disparaître et laisser place à des longueurs.

Note : 10,5/20

Par Cinéted

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