février 9, 2023

Jumeaux Mais pas Trop

De : Olivier Ducray et Wilfried Meance

Avec Ahmed Sylla, Bertrand Usclat, Pauline Clément, Gérard Jugnot

Année : 2022

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

33 ans après leur naissance, deux frères jumeaux découvrent soudainement l’existence l’un de l’autre… Pour Grégoire et Anthony, la surprise est d’autant plus grande que l’un est blanc, l’autre noir !
Il y avait une chance sur un million que ce phénomène génétique survienne.
Mais leur couleur de peau est loin d’être la seule chose qui les différencie !
En faisant connaissance, aucun des deux n’a l’impression d’avoir tiré le gros lot…

Avis :

Au rayon des nouveaux réalisateurs français, aujourd’hui, je m’arrête sur un duo tout beau, tout neuf, Olivier Ducray et Wilfried Meance. Tout deux scénaristes, les deux futurs réalisateurs ont passé la décennie précédente à écrire pour des courts-métrages. En parallèle de cela, Olivier Ducray a lui commencé à réaliser, oscillant entre courts-métrages de fiction et documentaire. À noter que de son côté, Olivier Ducray a déjà travaillé avec Ahmed Sylla, puisqu’il est l’un des scénaristes de « L’ascension« , film de Ludovic Bernard qui s’était posé comme une chouette surprise en 2017.

Le cinéma français regorge de comédies et c’est ce qui a tendance à lui faire du mal, car ces dernières, pour beaucoup d’entre elles, sont lourdes, oubliables et elles parlent de la même chose. Puis parfois, il y a l’une d’entre elles qui sort du lot et arrive à extirper son épingle du jeu, et au milieu des films de la rentrée comme « Canaille« , « Citoyen d’honneur » et autres « Jack Mimoun … », le film d’Olivier Ducray et Wilfried Meance se pose comme une bonne surprise et pourtant, avec son pitch casse-gueule, ce n’était pas gagné. Pourtant, les deux metteurs en scène arrivent à pondre une comédie qui arrivera à se faire aussi drôle qu’elle est touchante, même s’il faut aussi dire qu’elle sera facile, clichée et téléphonée. Quoi qu’il en soit, lorsque l’on additionne tous ces éléments, « Jumeaux, mais pas trop » nous fait passer un chouette moment en compagnie de ces deux personnages ô combien opposés.

Trente-trois ans après leur naissance, deux frères jumeaux que tout oppose découvrent l’existence de l’un et l’autre. Grégoire vient d’une famille aisée, et aujourd’hui, après des études de prestige, il est un politicien de droite. Anthony, lui, a été adopté et vivote de petits boulots à droite et à gauche. Un soir, le destin va les faire se rencontrer et la vie de chacun va en être bouleversée.

« Jumeaux, mais pas trop« , c’est le genre de comédie qui rien qu’à son affiche me donnerait envie de fuir très loin. D’ordinaire, je ne laisse pas vraiment de chance à ce genre de comédie française, mais ici, le cas fut différent, car j’avoue avoir un capital sympathie pour ces deux acteurs que sont Ahmed Sylla et Bertrand Uscalt, dont j’aime énormément l’humour. Du coup, je suis entré en salles avec toutes les craintes possibles et imaginables, étant certain d’aller passer un très long moment de cinéma. Et d’ailleurs, ce n’est pas le début du film qui est fait pour rassurer entre les lourdeurs affolantes de Medi Sadoun et Nicolas Marié (d’ailleurs, je pense que les deux réals ont donné comme instruction à Nicolas Marié de n’avoir aucune mesure, et il ne faut jamais, ô grand jamais, laisser Marié en roue libre…).

Heureusement pour nous, et pour le film lui-même, ce dernier va arriver à se calmer et trouve justement sa mesure. Partant avec un fait incongru, « Jumeaux mais pas trop » va, une fois dépassé le premier quart de film, se faire drôle, jouant sur les situations de ces deux frères que tout oppose, tout comme le film va jouer avec la caricature du politique de droite réac, un brin raciste et bourgeois. L’humour, une fois redescendu, fonctionne bien et l’on s’amuse des mésaventures que l’intrigue nous offre. Puis une fois qu’il nous aura fait sourire et rire, cette intrigue arrive sur un point de bascule et change son fusil d’épaule, comme si les deux réalisateurs s’étaient dit « – Ok, donc là, on vous a fait rire, maintenant, on va vous toucher ».

Ainsi, la comédie qui se voulait grossière et lourde (selon son marketing, coucou l’affiche) se transforme en une comédie dramatique juste, et surtout touchante. Une comédie dramatique qui va aller questionner les origines de chacun en opposant et conjuguant la construction de soi et le manque face à un passé, et des racines qui sont nécessaires pour avancer et c’est là la vraie surprise du film d’Olivier Ducray et Wilfried Meance. Alors bien sûr, tout n’est pas juste encore, il faut composer avec les gros sabots que le film tient parfois. Il faut faire avec la facilité de l’écriture, les clichés, le politiquement correct (ce qui est étonnant pour Usclat), mais sur l’ensemble, cette histoire se tient, et elle nous réserve de jolis, très jolis, moments…

Natasha St Pier, une rencontre dans une maison en bord de mer, la relation avec les parents adoptifs, ou encore un discours… Bref, on se laisse surprendre par les sentiments et la sincérité des deux acteurs principaux qui composent un bon duo, qui nous entraîne avec sourire et émotion. D’ailleurs, il n’y a pas que ces deux-là qui nous tiennent dans cette histoire, pour beaucoup de seconds rôles, ça fonctionne bien, Pauline Etienne, Jean-Luc Bideau, ou encore et là, c’est un coup d’émotion, pour Claude Perron.

Du côté de la réalisation de Ducray et Meance, « Jumeaux mais pas trop » se fait efficace, et il se laisse suivre avec entrain, amusement, et surtout, derrière ça, les deux réalisateurs arrivent à faire basculer leur film pour le rendre très attachant. Bien sûr, là encore, le film ne peut pas se vanter d’être original, on est en terrain balisé, et parfois ça manque de mesure, ou encore d’esthétisme et de nuance, la photographie très éclairée, mais sur l’ensemble, on se laisse avoir, et surtout, on se plaît à suivre ce film qui arrive bien à jongler et à conjuguer l’humour et les émotions.

Ainsi, lorsqu’on additionne les défauts et les qualités, « Jumeaux mais pas trop » se pose comme un chouette film, et une bonne surprise, qui arrive sans mal à nous entraîner dans son histoire qui avait tout pour être casse-gueule. En somme, une bonne comédie dramatique, qui est plus intéressante qu’elle n’en avait l’air, et je suis bien « heureux » de m’y être arrêté.

Note : 13,5/20

Par Cinéted

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