décembre 10, 2022

The Beatles: Get Back

D’Après une Idée de : Peter Jackson

Avec John Lennon, Paul McCartney, George Harrison, Ringo Starr

Pays : Etats-Unis

Nombre d’Episodes : 3

Genre : Documentaire

Résumé :

« The Beatles : Get Back » relate l’histoire de John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr alors qu’ils préparent leur premier concert depuis plus de 2 ans et s’attellent à l’écriture et aux répétitions de 14 nouvelles chansons. Face à des délais quasi impossibles à tenir, la série documentaire montre combien l’amitié unissant les membres du groupe s’est trouvée mise à rude épreuve.

Avis :

En Janvier 1969, les Beatles ont toujours le vent en poupe, mais cela fait maintenant deux ans qu’ils n’ont plus donné de concerts. Il faut dire qu’entre l’euphorie et les problèmes avec certains pays comme Manille par rapport à la religion, le groupe préfère faire profil bas et enregistrer des albums en studio. Sauf que le quatuor a envie de nouveauté et décide alors de sortir un album, mais aussi de faire une sorte de happening pour le vendre. Filmé durant tout le mois de Janvier 1969 dans le but d’en faire un documentaire, Get Back ne va jamais voir le jour. C’est alors Peter Jackson, plus de cinquante ans plus tard, qui récupère les 150 heures de rush et décide de faire un montage digne de ce nom, avec l’approbation des deux survivants du groupe qui participeront activement à la production de cette série en trois épisodes.

Au cœur de la pomme

Le point de départ de cette série se situe à Twickenham, dans des studios de cinéma, où le groupe se retrouve pour trouver une idée sur un nouveaux projets. Ensemble, ils décident donc de bosser sur de nouveaux morceaux, et de les produire et enregistrer directement sur scène, à travers une émission de télé. Malheureusement, les choses ne vont pas se passer comme prévu et il va y avoir des aléas d’enregistrement, de date, mais aussi d’égos et de recherches artistiques. The Beatles : Get Back est un documentaire qui va suivre le groupe dès le début du projet, qui deviendra l’album Let It Be, jusqu’à sa finalité, où un concert sera donné sur le toit de l’immeuble d’Apple, la boîte de production du groupe. Avec cette série, nous sommes vraiment au cœur du groupe, au cœur de son processus créatif, au cœur des querelles qui vont rythmer cette épopée.

Et dans le fond, c’est ça qui est vraiment intéressant, mais qui s’adresse aussi directement aux fans du groupe. Les entendre répéter cinq, six, sept fois le même morceau (et notamment Don’t Let Me Down qui a cause beaucoup de difficultés) peut être parfois agaçant, mais montre la façon de travailler du groupe. Certains moments sont clairement magiques, comme lorsque Paul McCartney trouve le riff de Get Back en trifouillant sa basse de manière totalement anarchique. Il y a une vraie magie qui se dégage des images car on a l’impression d’être à côté d’eux et de suivre toutes les étapes de la création d’un disque dans les années 60. Aux côtés du groupe, on va aussi avoir droit aux ingénieurs sons (dont Alan Parson), au roadie ou encore aux femmes des membres qui viennent pointer leur trombine de temps à autre. Tout cela rend l’ensemble très vivant.

Douceur et colère

Cette plongée dans le cœur des Beatles va s’accompagner de moments totalement inédits dans les rapports de force qui baignent l’ambiance générale. Ici, on sent bien que Paul McCartney gère tout le bazar et se retrouve comme le « chef » de la bande. Il le dit lui-même d’ailleurs, et c’est un peu grâce à lui si les Beatles ont duré aussi longtemps. On va aussi y voir un John Lennon un peu bordélique, toujours accompagné par Yoko Ono, un George Harrison qui essaye de s’imposer mais qui n’y arrive pas et un Ringo Starr très discret, qui fait ce qu’on lui demande. On va donc voir de fortes personnalités, ce qui va se traduire par des échauffourées, très cordiales, mais qui amèneront au départ de Harrison en plein milieu du projet. Oui, même les Beatles sont friables, et ils vont essayer de recoller les morceaux, en allant chercher George.

Derrière cette colère, relativement mesurée, avec une classe anglaise, on va aussi trouver des moments de douceur. Des moments apaisés où le groupe va trouver l’inspiration, collaborer pour trouver le bon tempo, le bon rythme ou les bonnes phrases. Il y a des liens très forts qui unissent les quatre membres et cela se voit à l’écran. De plus, l’apparition des femmes de chacun, ou encore la fille adoptive de Paul McCartney lors d’un court moment, est très touchante, souvenir d’un temps révolu. D’ailleurs, la série a dû être un terrible shot de nostalgie pour Ringo Starr et Paul McCartney. Revoir John Lennon et George Harrison qui ne sont plus avec une telle qualité d’image doit faire un petit choc. Encore plus quand il s’agit de la femme que l’on a aimée et qui est décédée d’un cancer du sein.

Révolution technique

Peter Jackson a fait un travail absolument dingue sur la restauration des images. C’est bien simple, ça date de 1969, et si on fait fi des looks de l’époque, on a la sensation que ça a été tourné hier. La résolution, les couleurs, même le son, tout est d’une beauté incroyable. Et c’est ce qui donne aussi son cachet à la série, offrant des Beatles comme on ne les avait jamais vu. Il faut aussi saluer le travail sur le montage. Parce que monter 150 heures de rush pour faire trois épisodes limpides de près de trois heures, il faut une sacrée volonté et un gros talent. Peter Jackson délivre alors une série épique, touchante et pleine de moments étonnants et attendrissants. Montrant aussi un portrait parfois grinçant du groupe, Disney+ voulant censurer les gros mots, ce que n’ont pas voulu Paul McCartney et Ringo Starr.

Au final, The Beatles : Get Back est une série assez incroyable. Même si cela s’adresse principalement aux fans du groupe britannique, les mélomanes y trouveront leur compte, plongeant au cœur du processus artistique pour surprendre les fans de l’époque. A la fois touchant et drôle, blindé de musique, de reprises, mais aussi de moments personnels et de brouilles, la série se fait très intimiste et permet de jeter un autre regard sur les quatre garçons dans le vent.

Note : 19/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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