juin 24, 2024

Killer is Dead

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Résumé :

Plutôt que de vous raconter l’histoire de ce jeu, ce qui est généralement le cas dans cette partie de la chronique, j’aimerais juste vous donner quelques exemples du scénario. Alors en vrac, nous avons des monstres qui viennent du côté caché de la lune, la possibilité de se promener sur cette lune avec un casque de moto et un costume, un géant qui vole des planètes, des filles dévêtues et un méchant se baladant en slip doré. Franchement, ça ne donne pas envie ?

Avis :

Dernière création des studios Grasshopper Manufacture présidé par Suda Goichi alias Suda 51, Killer Is Dead est un beat em all dans la lignée de leur précédent titre. Les productions de Suda Goichi ont toujours pour point fort d’offrir des univers extrêmement originaux, et possèdent tous un petit côté subversif assez agréable en cette période de jeux AAA formaté jusqu’à la moelle. Killer 7, Shadows Of The Damned ou Lollipop Chainsaw, autant de titre de niche qui ont marqué les joueurs, autant par leur parti pris graphique, leur scénario ou leur gameplay bien ficelé. Quand est-il de leur dernière création ?

Killer s dead

Mondo avec Musselback, son bras gauche cybernétique

Killer Is Dead est donc un beat-em all, comme Devil May Cry ou Bayonetta. Comprenez par là qu’il s’agit de jeu se déroulant à la troisième personne, dont l’objectif est d’éliminer tous les ennemis d’une salle à l’aide d’arme de corps à corps, d’arme à feu et autres joyeusetés avant de passer à la suite. Le personnage principal, Mondo, possède donc un katana pour les attaques de corps à corps, et un bras cybernétique ayant la possibilité de prendre la forme de quatre armes secondaires pour les attaques à distance. Mondo possède une barre de sang, qui se remplit lorsque l’on enchaine le combo sans se faire toucher. Cette réserve de sang peut être utilisée pour utiliser les armes secondaires ou pour lancer une attaque dévastatrice (l’adrénaline rush) qui coupe un ennemi en deux, quel que soit son niveau de vie, pratique. Chaque ennemi tué peut laisser tomber cinq items différents. A savoir, un cristal permettant de reprendre de la vie, des gemmes qui font augmenter la barre de vie, des gouttes de sang pour  remplir sa barre de sang, des roses qui augmente la barre de sang et enfin des cristaux servant à augmenter les compétences du héros. Une touche permet également de bloquer les attaques si on reste immobile, et d’effectuer une esquive si l’on appuie sur cette touche avec une direction. Et là apparait une des features les plus jouissives du jeu, lorsque l’on esquive une attaque juste au dernier moment, le temps s’arrête et il est possible d’enchainer des dizaines et des dizaines de coups sur l’ennemi. Cette fonction est vraiment jubilatoire, et l’on ressent toute la puissance de Mondo lors de ces phases.

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L’adrenaline Rush en action

Bien que le jeu soit linéaire dans l’enchainement des missions principales, des quêtes annexes viennent s’ajouter afin de gonfler la durée de vie du titre. Ces missions prennent place dans les environnements de l’histoire principale et demandent souvent pas mal de dextérité pour les terminer. A cela s’ajoute les défis de Scarlett. Si vous dénichez cette infirmière spécialisée en saignée (sic), des défis se déverrouilleront. Il faudra faire preuve d’habilité et de rapidité afin de les compléter. Enfin, les missions Gigolo, surement la partie de plus mauvais gout du jeu. Pour mettre en avant le côté Don Juan de Mondo, ces missions demandent de séduire des demoiselles en… les reluquant pendant qu’elles regardent ailleurs, il faudra ensuite leur offrir le cadeau adéquat afin de finir la nuit avec elle. D’un intérêt limité, avec un gameplay pauvre, il faudra néanmoins passer par là pour obtenir les armes secondaires de Mondo. Vraiment pas l’idée du siècle.

Concernant les graphismes, là aussi, il y a sujet à débat. Si le rendu Cel-shading est appréciable, donnant au jeu une identité propre, tout le jeu est extrêmement contrasté. Avec des noirs vraiment impénétrables, la moitié des niveaux sont cachés et il en est de même pour les cinématiques. C’est regrettable, car il ne s’agit pas d’une astuce due aux limitations de la console, comme pouvait l’être initialement le brouillard de Silent Hill, mais bien d’un choix de direction artistique. C’est d’autant plus dommage, car certains effets sont très réussis, notamment les passages en noir et blanc avec le sang rouge lors des phases d’adrénaline rush et de contre-attaque. Passages renvoyant directement au roman graphique de Franck Miller et au film qui en a découlé, Sin City. Concernant les musiques, c’est plutôt une bonne surprise. Bien qu’il n’y ait pas de thème fort, chaque niveau possède son ambiance musicale propre. Un style electro-rock pour le niveau de la zone 151, un style plus renaissance dans le château du vampire, cette mixité des genres est agréable à l’oreille et n’engendre aucune lassitude lors de la partie. Le doublage des personnages est plutôt bon, et il y a la possibilité de passer entre anglais et japonais, ce qui est toujours appréciable.

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Une direction artistique originale mais trop sombre

Le scénario du jeu n’est pas aussi plat qu’habituellement dans ce genre de production, et de nombreux retournements de situation apparaitront lors de l’aventure. C’est à la fois un point fort et un point faible du titre. Car si l’on apprécie quelque chose d’un peu plus recherché que le classique « Le gentil doit tuer le méchant » l’histoire se complique de façon inutile, avec des rebondissements parfois trop téléphonés. Comme lorsque deux enfants s’amusent à raconter une histoire et à rajouter des éléments complétement absurdes. Du genre : « Et là, on aurait dit qu’en fait, ben l’avion, il se transforme en dragon et il détruit la ville ! Ouais, et le héros il devient trop fort, il absorbe le pouvoir du soleil pour lancer des genkidama de fou ! ». Après, c’est un peu la marque de fabrique de Suda 51, mais l’impression que des morceaux ont été rajoutés pour faire « Suda 51 – style » est tenace et forcée.

Conclusion :          

Killer Is Dead est l’exemple parfait du vilain petit canard. Un jeu imparfait, avec de nombreux défauts, mais qu’on ne peut qu’apprécier. Surtout grâce à son gameplay ultra nerveux, sa direction artistique déroutante mais originale et au challenge relevé. Un conseil, si vous avez l’habitude de ce genre de jeu, débuté le directement en difficile afin d’avoir un peu de résistance. L’expérience n’en sera que plus agréable.

Note : 14/20

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Par Iscariote

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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