décembre 8, 2022

Crazy Day

Titre Original : I Wanna Hold Your Hand

De : Robert Zemeckis

Avec Theresa Saldana, Wendie Jo Sperber, Eddie Deezen, Dick Miller

Année : 1978

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie

Résumé :

Février 1964, quatre jeunes filles se rendent spécialement à New York en espérant rencontrer leurs grandes idoles, les Beattles. Tous les moyens sont bons pour rentrer dans l’hôtel où le groupe est descendu…  

Avis :

Robert Zemeckis est un grand réalisateur qu’on ne présente plus. Papa de « Retour vers le futur« , « Forrest Gump » ou encore « Qui veut la peau de Roger Rabbit« , pour ne citer qu’eux, Robert Zemeckis nous a fait rêver et voyager. S’il se fait connaître dans les années 80 avec notamment « À la poursuite du diamant vert« , une comédie d’aventure avec Michael Douglas et Kathleen Turner, le réalisateur avait commencé sa carrière quelques années plus tôt. Après un court-métrage en 1973, un certain Steve Spielberg fut impressionné par le talent de ce jeune homme de vingt-deux ans, et signa de suite pour être le producteur de ses deux premiers films.

Hystérique, original, punchy, drôle et très divertissant, « Crazy Day » est un film qui, lors de sa sortie, a connu un joli succès critique, mais il a été boudé par le public, ce qui est dommage, car cette petite comédie a vraiment de quoi nous faire passer un bon moment.

Pour son premier film, Robert Zemeckis a l’idée de suivre un groupe de fans des Beatles qui sont prêtes à tout pour rencontrer leurs idoles, lors de leur première venue en Amérique en 1964. Hystérique comme pouvait l’être la « Beatlemania », « Crazy Day » est un film qui porte bien son titre, et même s’il ne se placera pas dans les grands crus de son metteur en scène, il n’en demeure pas moins une bonne et amusante curiosité qui mérite de sortir de l’ombre dans laquelle elle se trouve depuis plus de quarante ans.

Février 1964, dans le Studio 50 de CBS à New York, Ed Sullivan s’apprête à recevoir un groupe anglais qui déchaîne les passions, les Beatles. C’est la première fois que le groupe se rend aux Etats-Unis et les fans les attendent de pied ferme. Parmi les fans qui vont camper devant l’hôtel, il y a Rosie, Pam, Grâce, Tony et Larry. Eux vont être bien plus déterminés que les autres et rien, absolument rien, ne pourrait les empêcher de rencontrer Paul, John, George et Ringo.

Premier film et première réussite pour Robert Zemeckis qui signe là une petite comédie amusante et survoltée. Revenant et s’amusant de la « Beatlemania », « Crazy Day » est un film qui tient très bien son titre car la journée que ces jeunes gens vont passer va être complétement dingue et totalement imprévisible.

Ce qui est très plaisant avec ce film, plus que les aventures dingues et sans limites que ces fans vont vivre, c’est la plongée délirante dans les années 60. Robert Zemeckis filme une hystérie et une ambiance qui n’existe plus aujourd’hui. D’emblée, « Crazy Day » se fait sympathique à suivre, et alors même que l’on n’a pas connu cette époque-là, le réalisateur installerait presque une nostalgie, tant il nous donne envie d’être le témoin d’une telle journée, et qui sait, même de vivre une telle journée, si toutefois nous en sommes capables, car les ascenseurs émotionnels n’arrêtent pas une minute, pour ces fans qui ne sont pas au bout de leurs surprises.

Comme je le disais, « Crazy Day » est un film qui est survolté, et à ce titre, le scénario ne s’arrête jamais. Oscillant entre le comique, l’absurdité totale, l’hystérie collective, et des missions d’infiltration démesurées et délirantes, Robert Zemeckis démontre déjà un grand sens du divertissement, ainsi que ces idées de mise en scène qui sont très plaisantes (l’idée étant de faire un film sur les Beatles sans le groupe, et pourtant le réalisateur arrive très facilement à les faire apparaître). Si le scénario que tient « Crazy Day » n’est pas incroyable non plus, il tient sur sa longueur et il se laisse suivre très volontiers. Bien construit et très bien monté, Robert Zemeckis s’amuse à séparer son groupe de fans pour livrer plusieurs récits d’aventures en un film, et l’on s’amuse vraiment à suivre ces pro Beatles, mais aussi ces anti Beatles, car oui, Robert Zemeckis a la bonne idée de suivre aussi deux antis qui vont voir dans le groupe anglais un complot pour faire vendre (ce qui est très drôle quand même).

Si cette comédie est aussi attachante, c’est grâce à ses comédiens et plus particulièrement ses comédiennes qui, dans les crises d’hystérie dont elles sont capables, ou encore les limites qu’elles sont prête à repousser pour ne serait-ce qu’assister au « concert » du groupe, les rendent aussi drôles que touchantes. Il y a une beaucoup de spontanéité, de naïveté et d’innocence qui s’échappent d’elles, et malgré parfois la caricature totale de la fan hystérique, capable de ne rien faire d’autre que hurler, on adore les suivre. Si Robert Zemeckis a réuni un joli casting, Nancy Allen, Theresa Saldana, Susan Kendall Newman, notre cœur et nos fous rires vont clairement à Wendie Jo Sperber, qui est la plus tarée du groupe. L’actrice en fait des tonnes, et c’est tellement démesuré qu’on est obligé de rire et de la trouver très attachante, surtout que c’est celle à qui il arrive le plus de problèmes.

Échec lors de sa sortie, totalement oublié aujourd’hui, le film de Robert Zemeckis vient de ressortir en DVD et blu-ray, et même s’il n’est pas un grand film pour son metteur en scène, il demeure un bon divertissement, qui mérite bien qu’on s’y arrête. La plongée qu’offre Robert Zemeckis au cœur de la « Beatlemania » est bonne, drôle, folle, et au-delà de ça, elle est plaisante aussi bien pour son ambiance, que sa mise en scène, ses comédiens ou encore et bien sûr sa BO faite de titres du groupe. Bref, une belle curiosité qui mérite bien plus de lumière.

Note : 14/20

Par Cinéted

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