octobre 18, 2021

Villa Caprice

De : Bernard Stora

Avec Niels Arestrup, Patrick Bruel, Irène Jacob, Paul Hamy

Année : 2021

Pays : France

Genre : Thriller

Rséumé :

Avocat célèbre, Luc Germon pense atteindre la consécration lorsque Gilles Fontaine, l’un des patrons les plus puissants de France, lui demande de prendre sa défense. L’homme d’affaires est soupçonné d’avoir acquis dans des conditions douteuses une magnifique propriété sur la Côte d’Azur, la Villa Caprice. Humilié et furieux de s’être laissé piéger, Fontaine compte sur l’habileté de Germon pour le tirer de ce mauvais pas. Mais une étrange relation de pouvoir s’installe bientôt entre les deux hommes, en principe alliés. Qui prendra l’avantage ?

Avis :

Aujourd’hui, on s’arrête sur un cinéaste qui est un bon artisan de notre cinéma. Un cinéaste dont on entend peu parler et qui navigue bien sous les radars. Ce cinéaste, c’est Bernard Stora. Il a débuté comme stagiaire entre les années 60 et 70, sur des films qui sont aujourd’hui des classiques, « le clan des Siciliens« , « Les aventures de Rabbi Jacob« , « French Connection 2« . Après avoir donné des courts à l’IDHEC (actuelle école de la Fémis), il débute en tant que réalisateur au début des années 80 et il va enchaîner les petits succès comme « Consentement mutuel« . Si Bernard Stora réalise peu pour le cinéma, il est « bien plus connu » à la télévision, où il enchaîne les téléfilms.

Après vingt ans sans être revenu dans les salles obscures, Bernard Stora fait son retour avec « Villa Caprice« , un drame judiciaire qui avait quelques arguments pour lui, notamment l’idée de trouver un petit thriller manipulateur, qui joue sur la carte de qui manipule qui. Mais voilà, si les comédiens sont bons, « Villa Caprice » aura bien du mal à convaincre, notamment à cause d’un scénario très vague, dont on a bien du mal à savoir où il veut aller, et ce qu’il veut raconter. D’ailleurs, le film nous laissera sur notre faim, abandonnant en cours de route son affaire, pour s’aventurer autre part, ce qui fait qu’on le quitte avec plus de questions que de réponses et surtout, on ne comprend pas ce choix.

Gilles Fontaine est l’un des plus grands hommes d’affaires de France. Fontaine a acheté il y a quelques années une magnifique villa dans le sud de la France, et il l’aurait acquis de manière frauduleuse. La police a ouvert une enquête suite à des révélations faites par une ancienne amie/collègue/connaissance de Fontaine. Pour se sortir de ce mauvais pas, Fontaine engage alors Luc Germon, un ténor du barreau qui n’a pas la réputation d’être un tendre. Germon se laisse convaincre, mais très vite, l’affaire, et surtout son client, deviennent plus compliqués et fourbes que « prévu ».

« Villa Caprice » est un film qui sur le papier avait bien des arguments à proposer, le premier étant de trouver Niels Arestrup en avocat aux dents longues. « Villa Caprice » est un film qui avait tout l’air d’être un thriller judiciaire manipulateur. Un thriller qui verrait se confronter Niels Arestrup et Patrick Bruel. Et si c’est en partie ce qu’il va être, on ne peut pas dire non plus que cette confrontation, et plus largement l’intrigue de « Villa Caprice« , soit incroyable.

Le nouveau film de Bernard Stora est un gros téléfilm qui se paye donc le luxe d’arriver en salle de cinéma. Assez fade du point de vue de sa réalisation, « Villa Caprice » est un film qui n’a pas vraiment de caractère. S’il peut être bien fait, on lui reprochera un rythme lénifiant qui étire le film. Si « Villa Caprice » commençait plutôt bien, très vite, Bernard Stora endort son film, et l’on se retrouve devant un film qui n’avance pas. Ou du moins qui avance lentement, et surtout qui avance de manière confuse et c’est là qu’intervient le point le plus décevant de « Villa Caprice« , son scénario.

C’est bien simple, le film de Bernard Stora est difficilement compréhensible. C’est même assez agaçant, car bon grès, mal grès, tant que « Villa Caprice » se concentre sur les magouilles politico-judiciaires de l’affaire, le film arrive à intéresser plus ou moins, mais finalement, son affaire, le scénario l’oublie vers sa fin, pour partir sur autre chose. Une autre intrigue qui se veut être une surprise, retournant l’ensemble, mais malheureusement, d’une part, on l’avait vu arriver, et d’une autre part, on reste embêté car on ne comprend pas vraiment ce que cette intrigue vient faire ici. Si l’intrigue se voulait manipulatrice, et cachait autre chose derrière son affaire, elle se révélera surtout incompréhensible, dans le sens où finalement, on ne prend plus les motivations des personnages. En quelque sorte montée, cette arnaque mène à la question du pourquoi et une fois le générique arrivé, on cherche encore la réponse.

Ce constat est dommage, car le film explore certaines choses qui sont intéressantes, notamment une relation étrange et ambiguë entre Arestrup et Paul Hamy, ou encore les mensonges et l’idée que le personnage sait qu’il est un manipulateur. Le film tient aussi des comédiens qui sont très bons, notamment Niels Arestrup en avocat vieillissant. Patrick Bruel dans un rôle fourbe est bon aussi.

Mais voilà, « Villa Caprice » s’est perdu en cours de route et si l’on aurait pu passer à côté des longueurs du film, cette réalisation fade alliée à cette intrigue qui s’égare pour surprendre, fait qu’on décroche et surtout, on ne comprend plus le film. On se demande ce que voulait finalement faire et raconter Bernard Stora avec ce « Villa Caprice« . Dommage, vraiment dommage.

Note : 07/20

Par Cinéted

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