décembre 10, 2022

Comme une Image

De : Agnès Jaoui

Avec Jean-Pierre Bacri, Marilou Berry, Agnès Jaoui, Laurent Grévill

Année : 2003

Pays : France

Genre : Comédie, Drame, Musical

Résumé :

Lolita Cassard, vingt ans, en veut au monde entier, parce qu’elle ne ressemble pas aux filles des magazines, et aimerait tellement se trouver belle, au moins dans le regard de son père, trouver son regard tout simplement.
Etienne Cassard regarde peu les autres, parce qu’il se regarde beaucoup lui-même et qu’il se sent vieillir.
Pierre Miller, un écrivain, doute de ne jamais rencontrer le succès, jusqu’au moment où il rencontre Etienne Cassard.
Sylvia Miller, un professeur de chant, croit en son mari, en son talent, mais doute du sien et de celui de son élève Lolita, jusqu’au moment où elle se rend compte qu’elle est la fille d’Etienne Cassard, cet auteur qu’elle admire tant.
C’est l’histoire d’êtres humains qui savent très bien ce qu’ils feraient s’ils étaient à la place des autres mais qui ne se débrouillent pas très bien à la leur, qui la cherchent tout simplement.

Avis :

Agnès Jaoui, c’est en quelque sorte la star du cinéma français. Agnès Jaoui, est à ce jour la femme que les César ont le plus récompensé (six fois), dont le meilleur film en 2001 avec son premier long, « Le goût des autres« .

Alors qu’elle connaît avec son compagnon, Jean-Pierre Bacri, un joli début de carrière en s’imposant comme l’un des couples stars du cinéma français, notamment dans l’écriture, puisqu’ils trouvent le succès au théâtre, puis sur le grand-écran, c’est en 2000 que Agnès Jaoui passe à la réalisation. « Le goût des autres » fut un véritable carton, qui emmènera le couple Jaoui/Bacri jusqu’aux Oscars.

Quatre ans après ce premier essai en tant que réalisatrice, Agnès Jaoui est de retour avec un second film, « Comme une image » et malheureusement, le film fut une déception. Si « Le goût des autres » avait réussi à m’embarquer auprès de ses personnages, « Comme une image« , malgré des éléments très intéressants, aura réussi à m’ennuyer. Tenant des personnages pas plus intéressants que cela, tenu par un scénario qui passe son temps à juger, critiquer, et surtout se clasher pour pas grand-chose, ce film du tandem Jaoui/Bacri m’a laissé de marbre et c’est bien dommage.

Lolita Cassard est la fille du célèbre écrivain Etienne Cassard. Alors qu’elle pourrait être heureuse, Lolita en veut au monde entier. Elle en veut à la société qui ne la regarde que comme une grosse. Elle en veut à son entourage, qui une fois que ce dernier sait qu’elle est la fille de, profite d’elle. Puis elle en veut à son père pour sa célébrité, et surtout pour le fait qu’il se regarde bien plus lui qu’elle, ou les autres d’ailleurs. Lolita avance alors dans ce monde, avec peu d’assurance, espérant que quelqu’un la remarque.

Je suis très ennuyé à la sortie de cette deuxième réalisation de Agnès Jaoui. « Comme une image« , toujours co-écrit avec Jean-Pierre Bacri, est un film qui dans son fond a beaucoup d’idées et des thèmes qui le rendent intéressant. Ici, Jaoui nous propose de suivre une galerie de personnages qui cherchent à attirer l’attention pour se rapprocher d’un autre. La célébrité, l’anonymat, la confiance en soi, la famille, le regard de cette dernière, ou encore l’image qu’on renvoie, sont autant de bons thèmes qui sont abordés. On ajoutera à cela les standards de beauté et de réussite, avec tout ce qui est fait autour du personnage de Lolita, tenu par une impeccable Marilou Berry, dont c’est le premier rôle au cinéma et la jeune femme déborde de talent. C’est d’ailleurs elle et son personnage qui sont le plus intéressant ici.

Mais voilà, si les idées sont là, si même le film nous réserve de bons moments, encore une fois autour du personnage de Lolita, on ne pourra pas dire qu’Agnès Jaoui arrive à nous captiver, offrant un film bavard, et plus ennuyant que drôle, alors même qu’il se pose comme une comédie dramatique.

Le souci avec ce « Comme une image« , c’est qu’il offre des personnages auxquels on a bien du mal à s’accrocher. Des personnages qui dans un sens, à force d’égoïsme à longueur de film, en deviennent très vite insupportables. Bien sûr, Jaoui/Bacri forcent le trait pour faire ressortir au final leur message sur l’image qu’on renvoie et qu’on donne, sur son importance ou non, mais pour arriver à cela, on se retrouve avec ces personnages, opportunistes, arrivistes, et comme je le disais, bien trop égoïstes, ce qui fait qu’on a vraiment du mal à s’y attacher. Puis au-delà de ça, « Comme une image« , c’est aussi un scénario qui enchaîne les clashs d’ego à longueur de scène. C’est bien simple, ici, ça s’engueule tout le temps et pour pas grand-chose, ce qui est épuisant.

Au milieu de toutes ces engueulades, on pourra néanmoins se raccrocher à ces comédiens, car s’ils tiennent des personnages peu attachants, le casting reste bon. Jean-Pierre Bacri, encore une fois toute bougonnerie de sortie, malgré le fait qu’il soit parfois horripilant, lâche quand même quelques punchlines qui valent le coup d’être entendues. Agnès Jaoui, en prof de danse intéressée, est l’une des personnages qui s’en sort le mieux. À noter un sympathique Serge Riaboukine, ou encore une Michèle Moretti parfaite en mère qui refuse d’admettre ses torts.

« Comme une image« , deuxième réalisation d’Agnès Jaoui, est un film duquel je ressors partagé d’un côté et déçu de l’autre. Partagé, car derrière tous ces personnages agaçants au possible, le film pose une bonne réflexion sur l’image qu’on pose sur nous-même et sur celle qu’on renvoie. Mais comme je le disais, pour arriver à cela, il faut aussi affronter cette galerie de personnages agaçants, et toutes ces engueulades pour pas grand-chose. Bref, malgré ses idées, ses thèmes ou ses bons comédiens, le film de Jaoui est une déception.

Note : 08/20

Par Cinéted

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