novembre 30, 2021

Le Sourire

De : Claude Miller

Avec Jeanne Savary, Richard Bohringer, Jean-Pierre Marielle, Emmanuelle Seigner

Année : 1994

Pays : France

Genre : Comédie, Drame

Résumé :

Pierre-Francois Le Clainche, sexagénaire, neuropsychiatre, est menacé d’un deuxième infarctus qui peut lui être fatal. Contre l’avis de son cardiologue, qui n’est autre que son épouse, qui lui conseille la prudence, Le Clainche s’entiche du sourire d’Odile et la suit dans une folle aventure sur les routes de Charente-Maritime.

Avis :

Après avoir conclu les années 80 en beauté avec « La petite voleuse« , qui sera un succès, amenant presque deux millions de spectateurs en salles, Claude Miller commence doucement et difficilement les années 90. Son premier film dans cette nouvelle décennie est « L’accompagnatrice » et si le sujet est intéressant, le film passe de manière très discrète. Après une coréalisation avec Alain Corneau, André Asséo et Pierre Lestringuez pour fêter les 100 du cinéma dans « Les enfants de la lumière« , Claude Miller revient avec « Le sourire« , qui sera un échec aussi bien critique que commercial.

Il y a des films dans lesquels on ne sait pas vraiment pourquoi, mais dès les premières minutes, on sait que ça ne passera pas. Le ton, l’humour, l’intrigue, l’image, on ne sait pas vraiment quoi, mais on a appris à le reconnaître d’emblée et malgré un optimisme débordant, le tout est vain et malheureusement, « Le sourire » de Claude Miller fait partie de ces films-là. S’il y aura bien l’immense Jean-Pierre Marielle, qui lors de quelques numéros nous fera sourire, et quelques réflexions intéressantes, pour le reste, difficile d’entrer, tout le film finit par se faire flou, mal fichu, absurde et longuet.

Pierre-François Le Clainche, la soixantaine bien passée, est neuropsychiatre. Après des examens, un nouvel infarctus se prépare et si jamais il devait se produire, il lui sera fatal. Contre l’avis de son cardiologue, qui n’est autre que son épouse, Pierre-François tombe sous le charme d’Odile, une jeune femme un peu paumée et cette Odile en question va l’entraîner dans une folie érotique qui risque fort bien de secouer le vieux neuropsychiatre.

Le sexe et la mort, un sujet des plus connus au cinéma et aujourd’hui, c’est Claude Miller qui s’y colle dans un film bien étrange, qui peu à peu va se perdre en cour de projection.

« Le sourire » est un film qui va être à l’image de son affiche, c’est-à-dire cru, érotique, mais aussi romantique et parfois esthétique. On aurait donc pu croire aisément avoir un joli combo gagnant, surtout qu’à cela, le cinéaste tient un bon et beau sujet, un homme qui se sait condamné, ou du moins, qui sait que son épée de Damoclès va frapper dans les prochains jours, les prochains mois, les prochaines années, décide de vivre pleinement, qu’importe les conséquences. Ainsi, à travers le portrait de cet homme, parfaitement tenu par Jean-Pierre Marielle, « Le sourire » sait se faire intéressant, et même touchant. Malheureusement pour nous, le film de Claude Miller ne va pas l’être en permanence et surtout, il va finir par se perdre dans les méandres de son scénario qui ne nous emmènera nulle part. Le ton, très vite, devient absurde et l’intrigue part dans tous les sens, sans vraiment avoir de logique. Si parfois, comme je le disais, le film, l’espace de quelques minutes, se reprend, il y a quelque chose qui fait que toujours il retombe, et si l’on peut sourire ou être touché, d’un coup, on ne comprend plus rien, on peine à suivre cette histoire et l’on attend qu’on nous présente enfin les personnages, car oui, si les personnages arrivent parfois à être touchants, ce sera plus une scène en elle-même qui touche, car sur l’ensemble, les personnages vont être à l’image de cette histoire, incompréhensibles et vains. Franchement, entre le personnage d’Emmanuelle Seigner dont le seul but sera de la faire se déshabiller petit à petit, et le personnage de Richard Bohringer, qui passe son temps à hurler comme un poissonnier, on ne sait pas vraiment où aller, et quoi en retenir.

On aurait alors pu se dire que Claude Miller allait nous charmer avec le ton, avec son ambiance, avec sa mise en scène, mais là encore, le tout a bien du mal à nous emmener, nous séduire et nous convaincre. Terne, sans vie, souvent vulgaire, rarement drôle, cette comédie absurde qui navigue entre le drame et l’érotique est très vite fade, et elle nous laisse dans l’attente qu’elle décolle enfin. Malheureusement, elle n’arrivera jamais à nous prendre et pire encore, comme on finit par se désintéresser de son intrigue, comme on finit par ne plus y comprendre grand-chose, « Le sourire » se fait longuet, Miller donnant l’impression d’étirer ses scènes au possible pour ne rien dire. Bref, plus on avance dans le film et plus cet objet qui se voulait être dans la veine d’un Bertrand Blier (d’ailleurs, on ne peut qu’imaginer si Blier s’était occupé de ce scénario-là.) finit par avoir raison de nous.

« Le sourire » est un ovni. C’est un film dans lequel il faut arriver à entrer, et pour ma part, je suis resté totalement sur le bas-côté à le regarder passer. Si Jean-Pierre Marielle est excellent (en même temps, il a juste besoin d’être à l’écran pour être excellent), si on y trouve bien quelques petits moments sympathiques, cela ne relèvera que de quelques scènes ici et là, car sur l’ensemble, « Le sourire » est un film sans vraiment de logique, qui part dans tous les sens, qui ne raconte pas grand-chose (alors qu’il avait un très bon sujet de départ) et qui finit par donner l’impression que Claude Miller avait surtout envie de filmer des nues féminins lors de scènes de strip-tease assez crues, mais qui a l’image du film, manquent de vie, de couleur et de charme… Bref, une belle déception et une belle incompréhension que ce film.

Note : 07/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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