décembre 2, 2021

Manga of the Dead

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Résumé :

Une anthologie d’histoires de zombies par des auteurs de manga pour rendre hommage à The Walking Dead.

Avis :

Le zombie fait partie depuis un petit moment déjà du patrimoine culturel mondial. Si les premiers faits se rapportent au vaudou dans les îles haïtiennes, ce que ne manque pas de rappeler le premier film de zombie, White Zombie, le mort-vivant est devenu une figure de proue du cinéma horrifique mais aussi de la littérature. De ce fait, cette créature est partout, jusque dans les séries télés et les jeux de plateau. Au départ, le monstre est plutôt accueilli sur le sol américain, puis il va apparaître sur le sol européen. En général, les histoires de morts-vivants sont sensiblement les mêmes, surtout depuis que George A. Romero a basé des bases sociologiques et anti-racistes avec La Nuit des Mort-Vivants. Mais force est de constater que le zombie et devenu rapidement infectés, qu’il coure vite et qu’il a perdu de son côté sociologique. C’est alors que sort un comics un peu à contre-courant puisqu’il propose des zombies classiques, lents, mais dont la masse fait la force. Il s’agit bien évidemment de The Walking Dead de Robert Kirkman et Charlie Adlard. Le résultat est un carton car la série se concentre sur les réactions des personnages, leurs interactions entre eux pour survivre et espérer reformer une civilisation qui lutterait main dans la main contre les zombies. Manga of the Dead est une anthologie qui regroupe plusieurs mangakas et qui ont voulu rendre hommage à la série américaine. Alors qu’en ressort-il de ce travail choral ?

La première chose que l’on peut dire, c’est que l’ouvrage est plutôt bien fourni. 12 historiettes se succèdent avec pour point commun le zombie.

La première histoire, And I Love Her débute le manga de façon mélancolique. On y croise une jeune fille dont la grand-mère est une zombie et que ses parents maintiennent en vie attachée. Sa mère est une marâtre et son père subit. Mais un jour son père est mordu par la grand-mère et il va à son tour attaquer sa femme. La jeune fille se retrouve seule. Le graphisme est très particulier, car les traits sont très gras et on n’a pas forcément l’impression d’être dans un manga. Le plus gros défaut, c’est le détachement de l’héroïne et de ce fait, on ne s’attache pas du tout à elle. Mais l’histoire se laisse suivre.

Par la suite, on attaque Dead and Fail to Die. Il s’agit de l’histoire d’un frère et d’une sœur qui essaye d’échapper à des zombies. Malheureusement, la sœur se fait arracher le bras. Quelques années plus tard, on retrouve le frère qui est devenu détective et qui trimballe sa sœur dans un sac poubelle car elle est devenue un super zombie qui bute tout ce qui passe en travers de son katana, humain comme non-humain et sel son frère est capable de la calmer. Si le dessin est très plaisant et rappelle High School of the Dead, l’histoire est très bizarre et n’a pas réellement d’intérêt. Une fois la surprise passée, l’auteur essaye de faire du gras sans pour autant fournir une histoire étoffée.

Troisième segment, Ne Vivez pas avec des Cadavres, les Enfants aurez pu être un très bon segment. Les dessins sont jolis, assez réalistes et parfois bien dur et le scénario possède un début vraiment prenant. On y croise deux jeunes enfants dont les parents sont zombifiés et loués à une table du salon. Ils essayent de survivre tant bien que mal et doivent sortir à un moment pour chercher de la bouffe. Ils vont alors croiser un couple de survivants qui veut les aider. Si le pitch est alléchant et que l’on est touché par ces enfants. On ne peut pas en dire autant de la fin qui est relativement ridicule et casse toute l’histoire. C’est dommage car il y avait un vrai potentiel.

La quatrième histoire, Zombie, est la plus abstraite de toute l’anthologie. Les dessins sont très sobres voire repoussant. Pas de décors, des traits simplistes au possible. Bref, on dirait une production d’un élève d’école primaire. Mais pire que cela, l’histoire est d’une nullité affligeante. On croise des gens qui parlent de certaines personnes qui sont décédées ou qui ont disparu et puis on y croise une silhouette dans la rue, sous un réverbère et le héros de l’histoire pense avoir reconnu l’un des disparus. Et l’histoire s’arrête là. Bref, c’est incroyable de voir cela dans une anthologie tant cela semble surréaliste.

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Le Sanctuaire qui Ressuscite les Morts est assez intéressant dans son déroulement. Les illustrations sont propres et servent le récit. L’histoire se focalise sur la recherche de l’immortalité ou de comment faire revenir à la vie une personne qui nous est chère. Bien entendu, elle revient sous la forme de zombie et dans le même état qu’avant sa mort. Malheureusement, cela va déraper pour le scientifique qui fait cette expérience et il va demander à un de ses élèves de se débarrasser du zombie. Bon, une histoire propre, avec un début et une fin et malgré un twist poussif et prévisible, on reste dans quelque chose d’agréable. Mais pas de quoi sauter au plafond !

Le Jeune Zombie est l’histoire la plus trash de l’anthologie. Un jeune garçon a besoin de thunes pour vivre, il s’engage alors dans un boulot de nettoyeur de cadavres. Mais ce qu’il prenait pour un boulot pénard et en fait celui de mercenaires et il va devoir buter des hordes de zombies. C’est le plus trash car on y voit beaucoup de tripailles, mais aussi beaucoup de sexe et du bien moche, comme un jeune homme qui se fait prendre en levrette par un gros dégueulasse. Le graphisme est cohérent avec l’histoire, avec un coup de crayon énergique et des personnages délurés. Bref, ce n’est pas non plus la meilleure histoire, car à force de vouloir trop en faire, l’auteur se fourvoie dans une histoire bancale et sans réel intérêt autre que le cul, les insultes et le sang.

Fight of the Living Dead est une farce immonde qui n’a aucun sens et aucun intérêt. On va suivre un petit groupe qui va à un tournoi de boxe pour gagner quatre sous. Seulement, le meilleur d’entre eux est malade. En fait, il a été mordu et va se transformer durant son combat. Entre des dessins rigides et laids, un découpage peu dynamique et surtout une histoire ubuesque, on peut dire que l’on est face à une histoire réellement mauvaise.

Enfin, l’anthologie se termine avec L’Organogel Sème la Terreur, une histoire rocambolesque et très sombre servie par un graphisme très dark et hyper brouillon. On ne comprend rien, c’est laid et finalement, on reste sur notre faim. Pas grand-chose à sauver de cette histoire.

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Pour les plus tenaces, vous avez dû constater qu’il n’y a que 9 historiettes et que pourtant on  a parlé de 12 tout à l’heure. En fait, Tonkam a jugé bon de définir trois dessins sans histoires, mais faits par des maîtres mangakas (Rei Hiroe de Black Lagoon, Hiroaki Samura de L’Habitant de l’Infini et Sho-U Tajima de MPD Psycho) comme des histoires à part. Tu le sens le gros foutage de gueule. L’éditeur était surement conscient de la médiocrité de son produit et a donc essayé de le vendre du mieux qu’il pouvait !

Au final, Manga of the Dead est une vilaine farce qui ne fait ni rire,  ni frissonner. Si une ou deux histoires peinent à sortir du lot, le reste est résolument mauvais et ne participera pas à l’évolution du zombie dans la littérature. Pire que cela, rien ne rend hommage à la célèbre et géniale série The Walking Dead, il s’agit-là d’un terrible coup marketing visant à fourvoyer les pauvres hères en recherche de sang frais. Bref, à éviter !

Note : 04/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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