décembre 5, 2020

Scorpi – Les Origines – Roxane Dambre

Auteure : Roxane Dambre

Editeur : Editions de l’Epée

Genre : Urban Fantasy

Résumé :

Découvrez comment les nymphes Clématite et Myosotis ont rejoint la maison dès 1630 à cause d’une de leurs sœurs un brin volage. Riez de ce pauvre Firmin, encore apprenti majordome, suspendu par un pied à un arbre tandis que la fée la plus puissante jamais rencontrée lui passe le savon de sa vie. Enfin, pleurez avec Adam, tout jeune adolescent délaissé par un père cloîtré dans son chagrin. Ces deux-là seront sauvés par leur amour pour un Elias bébé aux pouvoirs déjà très… audibles !

Avis :

Scorpi – Les origines est un ensemble de trois nouvelles, qui nous replongent dans les aventures de la drôle de famille Scorpi, composée de créatures qui marchent dans les ombres, des individus qui nous ressemblent mais qui n’ont rien d’humain. Les critiques des trois tomes de la trilogie sont disponibles sur le site, et analysent trois romans de qualité, à l’univers fantastique, original et surtout amusant. Les trois textes de ce petit recueil sont inégaux, tant en termes de longueur, d’intérêt que d’histoire, mais font du bien aux lecteurs nostalgiques de cette superbe série.

Les Scorpi vivent en symbiose avec de nombreuses autres créatures, toutes plus folles les unes que les autres : fées, harpies, trolls, nymphes, etc. Bien que cela semble curieux, nombre d’entre elles aiment servir les Scorpi et sont devenues leurs domestiques, au sein d’une grande demeure, un véritable château en plein cœur de la France. Un échange contre un autre, les Scorpi les protègent et eux les aident dans leur quotidien. Ce système fonctionne depuis plusieurs générations et semble marcher à merveille. Scorpi – Les origines porte un nom un peu trompeur car il ne raconte pas les prémices de l’univers, mais nous plonge dans le passé de quelques domestiques auxquels le lecteur s’était attaché lors de la trilogie.

La lecture est rapide, les descriptions sont courtes, les dialogues s’enchaînent, et le ton léger rend hommage à la série éponyme. Différemment de ce que à quoi nous habitue le genre de la nouvelle, ces trois histoires ne contiennent pas de chute, ni de rebondissements bien étonnants. On suit les aventures des protagonistes, à l’image d’un conte imaginaire, où aventures et mystères nous happent jusqu’à la fin. Le rythme soutenu de la première nouvelle se retrouve dans la seconde, mais pas dans la dernière, qui reste trop courte et qui nous laisse sur notre faim. Les différents rappels à la trilogie ravivent notre mémoire, quand certains passages se déroulant à la même époque que les romans ennuient plutôt. En effet, ces nouvelles appuient d’abord sur le passé des personnages et non sur l’envers de certaines scènes déjà croisées dans les autres romans.

La première histoire constitue certainement le récit le plus sombre de cette préquelle particulière, ainsi que le plus ancien en terme de chronologie dans l’univers, grâce à un environnement lié au procès de sorcières et au fanatisme religieux d’une autre époque. Château, grands seigneurs et femmes fatales se poursuivent et s’affrontent, d’abord avec hargne puis avec plus de subtilités. Les nymphes possèdent de grands pouvoirs et une personnalité forte, à la fois charismatique et ensorcelante. Il est plaisant de suivre les aventures de ces futures femmes de chambre, au passé trouble et tourmenté, dont le physique avantageux n’apporte pas que des situations positives. Les rebondissements ingénieux apportent une touche d’épique à cette histoire déjà palpitante.

La seconde nouvelle apparaît comme un conte pour enfants, où un troll tombe sur une fée peu commode, alors qu’il partait à la recherche de plantes pour sa maîtresse malade. L’histoire est à la fois touchante et émouvante, tant à cause du troll que de la fée, qui évolueront tous deux grâce à ce qu’ils vont vivre dans cette aventure. L’environnement nous est plus familier étant donné que l’on se rapproche de la date à laquelle débute la trilogie Scorpi. Le caractère de la fée constitue le point fort de cette histoire, grâce à son dynamisme, ses pouvoirs étonnants, et sa force de poigne qui font régulièrement sourire, comme ses réflexions étranges. Il est amusant de la voir parmi les autres fées, tel un dragon entouré de papillons.

La dernière nouvelle nous raconte comment le père d’Adam, un des personnages principaux de la trilogie, s’est remarié. Le récit reflète parfaitement les sensations ténébreuses de ce père de famille qui ne s’est pas remis de la disparition récente de sa femme, et qui ne parvient plus à s’occuper de ses enfants, laissés à l’abandon, qui doivent alors se gérer eux-mêmes. Elias, le petit frère d’Adam, bien qu’encore trop jeune, joue un rôle essentiel dans cette histoire émouvante, qui se termine bien trop vite, alors que l’on commençait à s’acclimater à son ambiance touchante. Les deux enfants apparaissent vulnérables, comme rarement on les avait vus dans la trilogie, et nous montrent d’autres facettes de leurs personnalités.

Ces nouvelles nous replongent avec nostalgie dans un univers génial, riche, qui aurait encore tant à nous montrer.

Note : 16/20

Par Lildrille

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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