janvier 21, 2022

Aimez-Vous Brahms…

Titre Original : Goodbye Again

De : Anatole Litvak

Avec Ingrid Bergman, Anthony Perkins, Yves Montand, Jessie Royce Landis

Année : 1961

Pays : France, Etats-Unis

Genre : Comédie, Drame

Résumé :

Paula, la quarantaine, est la maîtresse de Roger. Mais ce dernier veut préserver sa liberté et son indépendance. Insatisfaite, Paula succombe aux avances d’un jeune américain.

Avis :

Il y a tant de cinéastes à découvrir qu’il faudrait prendre une année sabbatique pour assouvir encore et encore ma curiosité. Aujourd’hui, je m’arrête pour la première fois sur un film d’Anatole Litvak. Cinéaste russe, Anatole Litvak, c’est presque soixante ans de carrière. C’est du cinéma chez lui, mais aussi en Allemagne avant la guerre, en Angleterre, aux Etats-Unis, et pour finir en France. C’est un cinéaste touche à tout, comédie, drame, thriller, policier, espionnage, guerre, comédie policière, Anatole Litvak s’est aventuré partout, pour notre plus grand plaisir (du moins, je l’espère). Aujourd’hui, je commence la filmographie du réalisateur avec l’un de ses derniers projets. Si le cinéaste ne mourra que treize ans plus tard, sur la fin de sa carrière, il s’est un peu freiné et les projets se sont espacés, puisqu’après ce film, il n’en réalisera plus que trois autres.

Adaptation d’un roman de Françoise Sagan, « Aimez-vous Brahms ?« , c’est le genre de film que je cherchais à découvrir uniquement à cause de son casting. Comment dire non à Ingrid Bergman, Anthony Perkins et Yves Montand ? Impossible. Après séance, et bien je dois dire que je reste assez sceptique finalement, car si le plaisir de découvrir ces trois immenses acteurs se donnant la réplique dans les rues du Paris des années 60 est bien là, l’intrigue elle-même manque de subtilité au-delà de cela, elle apparait très réductrice offrant le portrait d’une femme qui ne sait pas vraiment vivre sans un homme à ses côtés et même si, je le sais, il faut recontextualiser le tout, cela m’a toutefois dérangé pendant toute la séance.

Paula, la quarantaine, est amoureuse de Roger avec lequel elle a une liaison. Ce dernier se considère comme un homme libre, et enchaîne dans le dos de Paula les conquêtes, au point de bien souvent la délaisser. Un jour, Paula rencontre Philip, un jeune Américain de vingt-cinq ans, qui tombe tout de suite sous le charme de cette femme. Dès lors, Philip ne cache pas son envie d’être avec Paula, et cette dernière, entre l’attente de son amour et l’attirance qu’elle peut éprouver pour ce jeune premier, se trouve perdue, ne sachant quoi faire, qui choisir, et surtout pourquoi être avec un tel ou un tel…

Voilà donc un film « bien étrange » que je viens de voir, ou plutôt dirais-je que je ressors avec des sentiments bien partagés en moi. Cette petite comédie de mœurs est, pour l’époque, tout ce qu’il peut y avoir de plus sympathique. Le tout est bien fait, il y a un bon rythme, le film est joli à regarder et il n’a pas vraiment vieilli. D’ailleurs, c’est même tout le contraire, avec le temps qui a passé, « Aimez-vous Brahms ?« , dans son ambiance parisienne des années 60, a énormément gagné en charme. Il y a vraiment quelque chose qui se dégage du film d’Anatole Litvak.

Du côté de son intrigue, « Aimez-vous Brahms ? » est un film qui demeure très banal dans ce qu’il raconte. On a déjà vu trop de fois cette histoire et il est bien vrai qu’ici, cette dernière ne nous réserve aucune surprise. D’emblée, on sait déjà comment cela va se passer et comment tout cela va se jouer. On devine en avance les sujets abordés, et les réflexions sur l’âge, le regard des autres, l’amour, la passion, etc… Anatole Litvak nous entraîne dans un triangle amoureux qui peut être amusant. Un triangle amoureux qui fonctionne, cochant toutes les cases de son cahier des charges. Bref, remis alors dans son époque, il est plus que compréhensible que le film ait bien fonctionné, et ça, même si on avait aussi déjà eu à l’époque des histoires similaires. Enfin, c’est aussi un film qui fonctionne grâce à son trio de très grands acteurs qui portent dans un sens le film à eux seuls. Ingrid Bergman est excellente en femme perdue, Yves Montand est charmeur en possible, quant à Anthony Perkins qui sort tout juste de chez Hitchcock montre une toute autre facette de son talent.

Mais voilà, comme je le disais plus haut, j’avoue avoir eu du mal avec cette intrigue qui balade cette femme à droite et à gauche. Chacun de ses prétendants ne voit que son propre désir et tout deux donnent l’impression de se ficher éperdument de ce que cette femme peut ressentir, le principal étant de la posséder, et s’il est toujours intéressant de voir les mœurs et les façons de penser de l’époque, j’avoue aussi avoir été plus qu’agacé que finalement touché par ce qu’il se déroulait sous mes yeux et c’est là, une déception.

Je ressors donc partagé car si à l’époque « Aimez-vous Brahms ? » n’était pas mauvais, il ne l’est d’ailleurs pas non plus aujourd’hui, il demeure qu’avec le temps qui a passé, les propos tenus ici ont bien du mal à prendre. « Aimez-vous Brahms ? » est un film qui reste néanmoins à voir, ne serait-ce que pour ces trois acteurs, Ingrid Bergman, Anthony Perkins, Yves Montand, qui se donnent la réplique. Tout comme il est aussi à découvrir pour ce charme et cette façon qu’a Anatole Litvak de filmer le vieux Paris.

Note : 12/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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