décembre 9, 2021

Sans Arme ni Haine ni Violence

De : Jean-Paul Rouve

Avec Jean-Paul Rouve, Alice Taglioni, Gilles Lellouche, Maxime Leroux

Année : 2007

Pays : France

Genre : Biopic

Résumé :

Appréhendé en 1977 pour avoir conçu, organisé et réussi le célèbre casse de Nice, Albert Spaggiari s’évade du bureau du juge d’instruction. Pendant des années, il va rester insaisissable, résistant à toutes les tentatives de la police.
Au cours de sa cavale fabuleuse en Amérique du Sud, il multiplie les rencontres avec des journalistes, fait des photos en forme de pied de nez facétieux au public français.
Vincent, reporter, réussit à l’approcher pendant quelques jours dans une ville d’Amérique du Sud et découvre un être qui n’a rien à voir avec le grand banditisme, une sorte de Cyrano de Bergerac, généreux et fauché, souffrant de ne pas profiter davantage de sa gloire, looser grandiose, vantard plein d’humour et de contradictions mais qui reste traqué par la police française.

Avis :

Jean-Paul Rouve est l’un des comédiens français les plus appréciés et ça, bien avant qu’il ne décroche le rôle de Jeff Tuche. S’imposant petit à petit dans le paysage du cinéma français, oscillant entre le drame et la comédie, même si la comédie reste sont domaine de prédilection, Jean-Paul Rouve a su gagner les cœurs. Alors qu’il avait déjà quelques cordes à son arc, avec notamment l’écriture, il est l’un des scénaristes d’un des films les plus étranges du cinéma français, le culte et autant adoré que détesté « RRRrrr !!!« , après l’acting, voici que Jean-Paul Rouve se lance dans la réalisation. Si aujourd’hui, Jean-Paul Rouve est un réalisateur plutôt reconnu, notamment grâce au joli « Quand je serais petit » et « Les souvenirs« , à l’époque, « Sans arme, ni haine, ni violence » était son premier film, et le comédien réalisateur avait tout à prouver.

Ne faisant pas le choix de la facilité, puisqu’il choisit un film d’époque, sur un personnage fascinant qui avait défrayé la chronique dans les années 70, on peut dire que Jean-Paul Rouve, pour une première expérience de long-métrage, s’en sort plutôt bien. Intéressant, humain, entre comédie et drame, « Sans arme, ni haine, ni violence » est un petit mais bon moment de cinéma. Puis, c’est un moment de cinéma qui démontre l’envie et la sincérité de son réalisateur.

Albert Spaggiari est l’homme qui se trouve derrière le plus que célèbre casse de Nice. Spaggiari est désormais fiché au grand banditisme et depuis son évasion de chez un juge d’instruction, l’homme est en cavale. Vincent est un jeune reporter et c’est avec beaucoup de mal qu’il vient de décrocher une rencontre avec Spaggiari. Ce que Vincent n’avait pas prévu, c’est que Spaggiari n’est plus sur le territoire français. Non, dans sa cavale, l’homme a trouvé refuge en Amérique du Sud. Quand Vincent rencontre enfin Spaggiari, il découvre alors un homme très loin du bandit qu’on décrit.

« Sans arme, ni haine, ni violence » est donc le premier film de Jean-Paul Rouve en tant que réalisateur et c’est un premier film étonnant par bien des aspects. Si l’idée de voir Rouve s’attaquer à Albert Spaggiari est déjà étonnante en soi, le film va plus loin, puisqu’il arrivera aussi à étonner par son ton et sa qualité. Alors attention, « Sans arme, ni haine, ni violence » demeure un premier film qui a ses défauts et ses maladresses, et ce n’est pas non plus un grand film. Le film est parfois bancal, souffrant de problème de rythme et de montage par exemple. On pourra aussi lui reprocher un scénario qui fait prendre des décisions « étonnantes » à ses personnages et notamment celui incarné par Gilles Lellouche (pour être vague, sans trop en révéler, on se demande pourquoi le personnage met autant de temps pour faire son travail).

Mais voilà, derrière ces détails, ce premier film signé Jean-Paul Rouve se tient et on peut même dire qu’il fonctionne. Ce qui est très intéressant avec ce film, c’est le portrait que fait son réalisateur de Spaggiari et l’angle avec lequel il le regarde. Loin de la figure du grand bandit qu’on pouvait attendre, avec ce film, on découvre Albert Spaggiari à travers les yeux de Vincent, un journaliste qui arrivait avec bien des idées conçues sur le personnage. Et tout comme le personnage de Vincent, plus on découvre Spaggiari, plus l’on est séduit et touché par cette figure étonnante, qui se déguise pour passer inaperçu, alors qu’il ne demande qu’à être connu. On sent que Jean-Paul Rouve est fasciné par le personnage que s’est créé Spaggiari. On sent qu’il s’amuse à raconter sa vie et ses souvenirs, tout comme on sent le metteur en scène encore plus investi quand il campe le personnage. Car oui, Jean-Paul Rouve tient le rôle d’Albert Spaggiari et il offre une performance qui est sûrement l’une des meilleures de sa carrière. Mesuré, décalé et touchant, Jean-Paul Rouve fait des petits miracles dans ce rôle et il ne fait nul doute que les défauts et les maladresses du film s’effacent quelque peu, parce que Rouve est excellent dans le rôle. D’ailleurs, derrière Rouve, tous les comédiens, grands rôles ou petits rôles, sont excellents.

« Sans arme, ni haine, ni violence » est donc un premier film intéressant et étonnant par bien des aspects. Jean-Paul Rouve se fait la main, et certes, ce premier film aurait pu être mieux, mais finalement, si l’on passe au-dessus de ses problèmes de rythme, ou encore, le côté convenu de sa réalisation, Jean-Paul Rouve livre un film prenant, qui est très intéressant de par son parti pris, son point de vue et la découverte, la séduction qui découle de cette rencontre entre ces deux hommes que tout oppose et finalement peut-être pas tant que ça. Bref, pour un premier film, Jean-Paul Rouve s’en sort bien et « Sans arme, ni haine, ni violence » est à découvrir.

Note : 13/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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