décembre 7, 2021

La Cité du Ciel T.01 – Amy Ewing

Auteure : Amy Ewing

Editeur : Robert Laffont

Genre : Dystopie, Fantasy, Fantastique

Résumé :

Sera ne s’est jamais sentie à sa place parmi son peuple, les Céruléennes. Curieuse de tout, elle questionne sans cesse ses trois mères, sa meilleures amie Leela et même la Grande Prêtresse.
Elle attend aussi avec impatience le jour ou le cordon qui relie la Cité du Ciel au monde d’en dessous sera rompu, permettant aux Céruléennes de partir en quête d’une nouvelle planète d’attache.
Mais lorsque Sera est choisie comme sacrifice pour rompre le cordon, elle ne sait quoi ressentir. Pour sauver sa Cité et ses concitoyennes, elle doit se précipiter du bord du prix de sa vie.
Sauf que tout ne se passe pas comme prévu et qu’elle survit à sa chute, atterrissant en un lieu appelé Kaolin. Sera a entendu des histoires sur les humain qui y habitent et elle ne tarde pas à se rendre compte que les mises en garde de ses mères étaient justifiées.

Avis :

La Cité du Ciel est un diptyque novateur navigant entre science-fiction et fantaisie, rêve et réalité et douceur et infamie. Amy Ewing nous avait déjà montré son imagination débordante et émouvante grâce à sa trilogie Le joyau, dont la critique du tome trois est présente sur le site. Le joyau est une série magique, sous fond de dystopie, qui met en avant la condition féminine et l’enfantement de manière originale et prenante. Une fois de plus, l’auteure se sert de ses personnages féeriques pour faire passer des messages forts. Ici, avec La Cité du Ciel, elle nous parle de la peur de l’inconnu et de celle des autres, des sociétés aux mœurs politiques dégradantes pour les femmes, et des cirques à la Barnum qui parquent les humains différents comme des animaux.

Le roman se divise en plusieurs parties et en divers narrateurs. On suit de nombreux personnages et c’est l’ensemble de toutes ces multiples intrigues qui donnent au récit une dimension rafraîchissante et captivante. Le rythme est soutenu du début à la fin et chaque héros a une histoire prenante à nous faire vivre. Les mystères s’enchaînent et les plus énigmatiques d’entre eux ne sont pas résolus à la fin de ce tome un. Le lecteur en attend ainsi beaucoup du tome deux qui clôturera cette saga, espérons-le, avec originalité et cohérence. Amy Ewing crée un univers fascinant et crédible, qui nous fait saliver tout du long.

La Cité du Ciel est une invention féerique décrite dans les premières pages du récit. On la découvre pas à pas avec ravissement, sans se presser. L’ambiance est douce et pleine de volupté. Le lecteur se sent bien et suit les activités de Sera, notre héroïne, avec enthousiasme bien que cela ne soit pas très palpitant. La nouveauté fait tout, ainsi que l’ambiance mystique. Tisser, récupérer des pierres, aller prier… Le peuple de Sera vit sans violence et sans souffrance d’aucune sorte. Leur mode de vie est simple. Le lecteur est ainsi baigné dans une atmosphère apaisante et plaisante.

Les Céruléennes sont des jeunes femmes provenant des nuages et qui doivent accrocher leur cité à une autre planète pour survivre. Elles y prennent les ressources nécessaires et peuvent ainsi vivre plusieurs centaines d’années. Mère Soleil, leur déesse, leur accorde des jours heureux, sans aucune peine, ou presque. Tout bascule lorsque la Grande Prêtresse, représentant la divinité, annonce que la Cité doit se détacher de la planète à laquelle elles sont soudées, pour en trouver une autre offrant plus d’avantages. Ce détachement nécessite le sang d’une Céruléenne, c’est-à-dire son sacrifice. La Cité du Ciel, bien que source infinie de bonheur et de tranquillité, est fondée sur du sang et de la brutalité. Ce paradoxe et cette complexité sont utilisés tout au long de ce roman.

Sera est choisie, contre toute attente, pour quitter la Cité et mourir. Elle qui ne se sentait pas à place, qui était très curieuse, qui posait beaucoup de questions sur sa propre espèce, à qui aucun métier n’avait été attribué, et qui ne se sentait pas digne d’être une Céruléenne, ne comprend pas ce qui lui arrive. Ses trois mères sont défaites, ainsi que la meilleure amie de Sera, Leela, qui est littéralement offusquée face à cette injustice. Les pages qui regorgeaient de joie et d’amour, changent du tout au tout, et montrent alors une profonde tristesse. On ressent parfaitement ce changement soudain et cette émotion vivace.

Ses trois mères ont chacune une façon de vivre leur deuil et Leela cherche à comprendre. Les passages les concernant sont captivants à suivre car ils regorgent de mystères et d’enquêtes dans la Cité du Ciel. Des choses étranges se produisent et la Grande Prêtresse semble liée à ces problèmes. Que cache-t-elle ? Est-ce réellement la Mère Soleil qui lui a dit de quitter cette planète ou est-ce elle qui l’a décidé ? Qui a choisi de sacrifier Sera ? Pourquoi le cordon reliant la Cité à la planète ne s’est-il pas détaché ? Sera n’était-elle pas assez digne ?

Le sacrifice a en fait échoué ! Sera n’est pas morte et atterrit sur une drôle de planète où des humains vont l’enlever pour s’en servir comme attraction pour leur cirque. Les deux enfants du propriétaire du cirque, Leo et Agnès, totalement opposés dans leurs caractères et manières d’être, vont petit à petit se lier d’affection avec la jeune fille et vont apprendre à la connaître. Vont-ils la sauver des griffes de leur père ? Vont-ils la traiter comme une bête de foire ? Sera parviendra-t-elle à retrouver les siens ? La Cité du Ciel survivra-t-elle sans les ressources nécessaires d’une nouvelle planète ?

En plus de ces intrigues, Leo et Agnès en amènent d’autres, tout aussi intéressantes. En effet, on suit Agnès dans ses quêtes pour étudier les sciences et être indépendante, dans un pays où les femmes ne peuvent rien faire sans un homme. Leo, de son côté, est intrigué par les conflits étranges dans sa famille et cherche à être aimé de son père. La seconde partie du roman met ces nouveaux personnages en avant. Le passage entre un rêve éveillé avec Sera et celui du cirque lié à des problèmes politiques terre à terre, n’est pas simple à appréhender au début. Heureusement, cette phase est prenante quand on commence à s’attacher à Leo et à Agnès, et les parties suivantes reviennent rapidement aux intrigues mystérieuses de la Cité du Ciel, dont le suspense est des plus émoustillants. Le partage est bien dosé pour nous faire aimer toutes les parties du roman et pour nous faire saliver davantage.

Le tome un de La Cité du Ciel est une bonne surprise, à l’intrigue bien développée et complexe, auréolée de nombreux mystères surprenants et originaux. La fin du tome un est glaçante et ne laisse pas du tout entrapercevoir la suite. Le lecteur se pose plein de questions et termine sur une note terrifiante qui annonce un tome deux magistral. Les Céruléennes nous cachent encore bien des choses…

Note : 18/20

Par Lildrille

Lildrille

Passionnée d’imaginaire et d’évasion depuis longtemps, écrire et lire sont mes activités favorites. Dans un monde souvent sombre, m'évader et fournir du rêve sont mes objectifs. Suivez-moi en tant qu'auteure ici : https://www.facebook.com/ChloeGarciaAuteure. Et en tant que chroniqueuse aussi là : https://simplement.pro/u/Lildrille.

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