mai 26, 2024

Chernobyl VR Project

Résumé :

Visitez Tchernobyl sans quitter votre maison ! Chernobyl VR Project est un projet unique du studio The Farm 51 qui relie le monde des jeux électroniques avec celui des applications éducatives et de la narration filmique. C’est la première tournée virtuelle de la zone contaminée de Tchernobyl et Prypiat, compatible avec le casque PlayStation VR.

Avis :

Si la réalité virtuelle est principalement une source de divertissement encore embryonnaire, le support présente une manière différente de jouer. Cela s’appuie bien entendu sur l’immersion visuelle et sonore. Or, la technologie sert aussi à certaines thérapies, notamment pour le traitement des phobies. Autrement dit, il ne suffit pas d’être un gamer averti pour s’y pencher. Et c’est précisément ce qui définit les expériences VR. Il ne s’agit pas d’un jeu à part entière, mais d’un titre à l’interaction minimaliste et au challenge inexistant pour se laisser porter par une histoire ou une ambiance. Cet élément est primordial pour appréhender Chernobyl VR Project.

Les équipes de The Farm 51, développeur polonais, proposent ainsi un documentaire interactif teinté d’exploration urbaine (ou urbex). Le concept n’est pas sans intérêt, car il s’attache à retracer les événements principaux liés à la catastrophe de Tchernobyl. On ne s’attardera pas sur les causes, hormis l’incompétence des responsables et des politiques de l’époque, mais plutôt sur les conséquences à court et moyen terme. Pour cela, on dispose de plusieurs excursions. La plupart d’entre elles sont supervisées par un guide de la zone d’exclusion. Celui-ci ne nous oriente pas dans une direction particulière, mais relate l’histoire des lieux, leur importance et la vie s’y déroulant il y a 30 ans.

Pour peu que l’on s’intéresse au sujet, l’ensemble est relativement instructif. Les conditions de confinement, le contexte de la guerre froide en filigrane, l’économie florissante avant l’accident… Autant de points qui sont abordés avec gravité par plusieurs intervenants tels qu’un responsable politique, une scientifique ou une auteure. Le recul est évident sur les différentes conséquences sur la population. On regrettera néanmoins que l’on ne s’attarde guère sur les retombées écologiques, à tout le moins de manière trop succincte. Pour résumer, le contenu s’attache surtout à dépeindre le quotidien des habitants et revient sur leurs conditions de vie.

Toutefois, il est plusieurs éléments qui altèrent l’immersion. Le principal écueil est d’alterner entre une modélisation graphique sommaire et des prises de vue dignes de Google Earth ! La profondeur de champ est réduite au possible, tandis que les environnements sont, pour la plupart d’entre eux, figés. Exception faite de quelques vidéos où les rafales balaient la végétation ambiante, on explore des lieux dépourvus de vie et cela ne tient pas à leur désertion. De même, les déplacements s’effectuent par téléportation. On peut toujours orienter la tête pour regarder autour de nous, mais on se servira davantage du stick analogique pour éviter de se tordre le cou.

Les interactions, elles, se font uniquement sur certains éléments de décor. La mise en route d’une radio, l’inspection d’un objet. Chaque action donne lieu à une explication didactique. Quant au compteur Geiger, il n’est pas d’une grande utilité, sauf pour détecter le niveau de radiation ambiant. Cela n’a aucune conséquence sur la suite des événements. La maniabilité reste assez archaïque, ne serait-ce que pour se déplacer. On ne peut pas parler de durée de vie à proprement parler, même si on fait le tour des dix zones d’exploration assez rapidement. Il faut compter entre 1h30 et 2h pour découvrir Prypiat et les différents entretiens. Au programme : centre de contrôle, appartement des ouvriers, école, hôpital, salle de sports…

Au final, Chernobyl VR Project est une expérience virtuelle en demi-teinte. Là où l’on apprécie le contenu pour retracer la catastrophe nucléaire la plus célèbre de l’histoire, on regrette une immersion diminuée par des mécanismes lourds. La réalisation manque cruellement de vie et se contente du minimum syndical avec des clichés à la qualité discutable et des environnements 3D basiques. Ces défauts sont rattrapés par le fond sonore qui s’avère correct. Il contraste entre le silence pesant des ruines de la ville et les bruits de l’époque, véritable témoignage de la vie ambiante dans les années 1980. À noter que le jeu est uniquement en anglais non sous-titré. La vitesse des dialogues et l’accent du narrateur nécessitent donc un bon niveau dans la langue de Shakespeare pour tout assimiler.

Note : 10/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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