janvier 21, 2022

Le Chemin de la Liberté

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Titre Original : Rabbit-Proof Fence

De : Phillip Noyce

Avec Kenneth Branagh, Everlyn Sampi, Tianna Sansbury, Laura Monaghan

Année: 2003

Pays: Australie

Genre: Drame, Aventure

Résumé :

En 1931, à Jigalong, près du désert de Gibson, trois filles aborigènes vivent heureuses auprès de leurs mères : Molly, quatorze ans, sa cousine Gracie, dix ans, et sa sœur Daisy, huit ans. Sur ordre de M. Neville, protecteur en chef des Aborigènes pour l’Australie occidentale, le constable Riggs arrache les fillettes à leur famille pour les transférer au camp de Moore River, situé à l’autre bout du continent.

Là-bas, les conditions de vie sont sinistres. Les enfants sont entassés dans d’immenses dortoirs, mal soignés, mal nourris. Molly décide de fuir avec Gracie et Daisy, et toutes les trois entament un périple de plus de 2 000 kilomètres…

Avis :

Phillip Noyce a une carrière qu’on pourrait facilement qualifier en dents de scie. Si le réalisateur a fait d’excellents films comme « Calme Blanc« , un thriller en mer avec Nicole Kidman, « Jeux de guerre« , un jack Ryan avec Harrison Ford ou encore ce qui est peut-être son plus connu l’excellent « Bone Collector » avec Denzel Washington et Angelina Jolie, il a aussi été capable du pire comme le thriller érotique « Silver » qui hormis ses scènes torrides n’a pas laissé grand souvenir. Ou encore « Le saint » avec Val Kilmer qui ne jouit pas de la plus belle des réputations.

Parmi les films de Phillip Noyce, Le chemin de la liberté donnait très envie promettant un drame prenant et bouleversant. Mais ce ne fut pas le cas. Si le film est bon et très beau, le réalisateur n’a pas su injecter dans son récit un élan, une émotion et une tension, un caractère. « Le chemin de la liberté » se suit sans aucun problème, mais il ne se vit pas et c’est ce qu’on aurait aimé…

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Australie, 1931, Monsieur Neville est l’homme qui s’occupe du problème aborigène. Enfin surtout du problème des métissages. Sa mission consiste à enlever les enfants métisses à leurs parents et les placer dans un centre pour leur apprendre les bonnes manières. Plus tard, ces métisses devront être mariés à de jeunes blancs et ainsi après quelques générations, le métissage des générations passées sera alors enrayé par le gêne blanc. Dans le sud du pays, près du désert de Gibson, trois fillettes métisses vivent avec leur mère. Un matin, les trois jeunes filles sont arrachées à leur mère et conduites à l’autre bout du pays. Mais une fois arrivée au centre d’éducation, Molly, la plus grande des trois petites filles, prend la décision de fuir et emmène ses sœurs à travers le pays. Ces trois petites filles traversent l’Australie du Nord au Sud pour rejoindre leur mère. Un périple long, parsemé de dangers, d’autant qu’elles vont être traquées par les autorités et le traqueur aborigène du centre.

Avec « Le chemin de la liberté« , Phillip Noyce met en lumière une décimation, celle du peuple aborigène d’Australie, qu’il a subi jusque dans les années 70. D’une manière honteusement abominable, sans aucune tuerie, l’état australien a alors détruit des familles avec encore et toujours le gêne blanc comme supérieur. « Le chemin de la liberté » est donc un sujet dur, honteux et courageux que Phillip Noyce va mettre en relief à travers le destin de trois petites filles fuyant ce système et ayant traversé l’immense Australie à pied pour rejoindre leur mère. Phillip Noyce offre un film des plus intéressants, dans lequel le réalisateur explique bien le fond du problème et les « ambitions » du gouvernement australien à travers le personnage de Monsieur Neville impeccablement campé par le Bristish Kenneth Branagh. Le réalisateur peut mettre mal à l’aise avec ce sujet et comment il le montre, car ici, les dirigeants, de manière totalement scandaleuse, pensant agir pour le bien des peuples et donc de manière assez complexe, ne sont pas diaboliques comme on pourrait l’imaginer. D’ailleurs, Phillip Noyce, dans son intrigue, dans son déroulement ou encore dans les interviews des sœurs âgées (oui, le film étant une histoire, Noyce laisse la parole aux vraies personnes dans son générique), ne juge pas ce que son pays a fait. Ici, il met en lumière ce qui a été fait, comme pour rendre un hommage afin de ne pas oublier le passé. Donc dans ce sens-là, « Le chemin de la liberté » est totalement réussi.

Mais là où le film déçoit quelque peu, c’est dans son scénario et surtout dans la fuite de ces fillettes. Elles sont victimes d’une injustice scandaleuse et révoltante. Le chemin qu’elles vont avoir à parcourir est long, semé d’embûches, elles sont traquées en permanence. Elles ne pourront se fier à personne et les conditions sont extrêmes, aucun logement, peu de nourriture et d’eau. Avec toutes ces difficultés que bons nombres d’adultes n’auraient pas supportées, on s’attendait à découvrir un film prenant, énervant, et bouleversant, mais il n’en sera rien. Je ne dis pas que l’épopée de ces fillettes est mauvaise. Je ne dis pas non plus que le film de Phillip Noyce est mauvais, bien au contraire. Non, c’est simplement que ce « Chemin de la liberté » manque cruellement d’ambiance, de tension. À aucun moment, on craint pour elle ou on reste en suspens. Bien sûr, on est touché par ces destins et bien entendu que le final est beau, mais on en ressort comme on y est entré. On aurait aimé être bouleversé ou ému, surtout avec un tel sujet, une telle aventure, mais non. « Le chemin de la liberté » se regarde, il n’ennuie pas, (le rythme est bon, il y a toujours quelque chose d’intéressant à suivre et le film est magnifiquement filmé, perdu dans des paysages incroyables), mais il ne se vit pas, il ne s’endure pas comme ce que ces petites filles ont enduré et c’est ce qui lui manque pour passer de bon film à autre chose, et peut-être même au chef d’œuvre qu’il aurait pu être.

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« Le chemin de la liberté » est intéressant, mais méritait bien plus de caractère et de profondeur. Pourtant, malgré ça, « le chemin de la liberté » est aussi un beau film qui mérite d’être vu, car l’histoire et surtout le contexte qu’il décrit est profondément scandaleux et il doit être connu de tous. C’est vraiment dommage que Phillip Noyce n’ait pas su nous enfermer avec ces personnages dans ce désert.

Note : 12,5/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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