mars 3, 2024

Resident Evil Revelations 2

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Résumé :

Claire Redfield assiste tranquillement à une soirée organisée par l’organisme humanitaire « Terra Save » au moment où des hommes armés attaquent les invités et l’enlèvent elle et Moira Burton, la fille de Barry Burton. Claire et Moira se réveillent dans une prison abandonnée sans avoir aucun souvenir de leur arrivée. Parallèlement, Barry Burton décide de partir à la recherche de Moira après avoir appris sa présence sur une ile mystérieuse. Une fois sur l’ile, il fait la connaissance de Natalia Korda, une petite fille étrange qui deviendra son soutien dans sa recherche.

Avis :

En marge des épisodes principaux de la saga, Resident Evil s’est vu offrir des spin-offs plus ou moins recommandables. Outbreak, Chronicles ou Survivor, pour ne citer que les plus connus. Loin d’égaler les meilleurs volets de la franchise, il en ressortait des incursions aux qualités variables, voire inexistantes pour certaines d’entre elles. Avec Revelations, l’on tenait un titre qui, malgré ses errances narratives, tentait un retour aux sources du survival-horror en délaissant l’orientation axée vers l’action des derniers opus. Il en émanait une atmosphère intéressante servie par un gameplay efficace, mais qui n’évolue guère (ou très peu) au fil des années. Son successeur parvient-il à gommer ces menues maladresses ou se repose-t-il sur ses acquis ?

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Pour resituer le jeu dans son contexte, l’intrigue se déroule six années après les événements de Revelations. Nous sommes donc en 2011 et l’on retrouve des têtes familières de la franchise (Claire Redfield et Barry Burton). Les habitués reprendront rapidement leur marque, tandis que les débutants… Eh bien, nul besoin de connaître ce qui a pu arriver auparavant pour comprendre un tant soit peu les tenants et les aboutissants. À vrai dire, l’on se rend vite compte que les ambitions du scénario sont plus que limitées. Pire que cela, tout semble un prétexte pour justifier un nouvel épisode. De ce point de vue, l’existence même du titre est sujet à caution.

Entre une progression similaire à celle de son aîné, des éléments qu’on emprunte à Code : Veronica (la thématique de l’héritage familial) et une bonne dose de rebondissements attendus avant que la cause ne survienne, on nous inflige un récit digne d’une série Z en mal d’attention. Pour ne rien gâcher, les lignes de dialogues sont aussi ridicules que binaires pour exposer les faits ou plonger dans une situation d’urgence. Clichés et ficelles grosses comme l’amarre d’un porte-conteneurs forment une recette qui nous fait regretter les frasques d’Umbrella. On passera outre sur les dangers et les implications du terrorisme biologique dont on n’évoque que les expériences qui dégénèrent.

Cette platitude se ressent également dans une ambiance des plus conventionnelles. Sans doute est-ce la faute à un level design peu inspiré. Des égouts, une île abandonnée, un village en ruines (pour ce point, on remercie Resident Evil 4), un abattoir… On souffle sur du réchauffé sans apporter une touche d’originalité. De fait, l’aspect glauque et macabre a du mal à s’imposer. Pire que cela, une impression de déjà-vu occupe ces couloirs étriqués, ces pièces plus dévastées que lugubres. Ajoutons à cela un déséquilibre constant entre phases d’exploration et assauts des créatures. Malheureusement, on retombe dans les travers de certains opus en se focalisant sur l’horreur démonstrative (et donc sur l’action) en délaissant le survival, même si les munitions ne sont pas forcément abondantes. Un comble !

Ce sentiment d’exécuter encore et toujours la même chose s’accentue par le fait que le jeu se divise en 4 épisodes. On ne reviendra pas sur ce choix plus que discutable ; surtout quand l’histoire est loin d’être entraînante. Au lieu de progresser réellement d’un point A vers un point B et de donner un certain dynamisme à l’intrigue, on la décompose en deux parties distinctes. Dans un premier temps, on suit les péripéties de Claire et de Moira, puis on enchaîne (dans le même épisode) sur celles de Barry et Natalia. Rien de péjoratif à cela si ce n’est qu’on arpente de nouveau des endroits identiques. Pas des lieux similaires, mais véritablement les passages qu’on a pu visiter auparavant.

Alors, on pourrait arguer l’espace temporel entre les deux points de vue, l’évolution des monstres ou le fait que chaque protagoniste emprunte des chemins dissemblables à certains moments. Toujours est-il qu’on se fait flouer par une répétitivité des plus agaçantes qui casse un rythme déjà brinquebalant. Le découpage propre à susciter émotions et suspense offre un aspect ridicule aux retournements de situation mal maîtrisés. Au lieu de démontrer une certaine complémentarité, on dénote un manque d’inspiration flagrant qui ne contente guère les attentes des joueurs tant au niveau narratif que du gameplay.

Sur ce point, on ne change quasiment rien, quitte à entretenir des lourdeurs de déplacements de plus en plus pénibles. Vous pouvez sauter au-dessus d’une barrière, mais la suivante est impossible à franchir, car elle n’a pas été prévue pour une telle acrobatie. Générer une action ou saisir un objet si vous ne vous retrouvez pas à l’endroit exact indiqué vous empêchera de poursuivre. La visée, elle, reste appréciable et ne démontre guère d’imprécisions dans la localisation des dégâts. Cela peut paraître anodin, mais il s’agit de défauts récurrents, faciles à remanier et qui persistent au fil des années. Là où le revirement du quatrième épisode apportait un regain de fraîcheur à la saga de Capcom, on est en droit d’attendre en un peu plus d’une décennie que de menus ajouts ou corrections, sans une refonte en profondeur.

Seul aspect qui vaut le détour, la durée de vie. Si l’aventure principale reste dans les normes avec un peu moins d’une dizaine d’heures pour en venir à bout, les suppléments raviront les perfectionnistes et autres acharnés pour tout finir à 100 %. Outre deux DLC présents dans la version matérialisée (dont on en reparle un peu plus bas), le titre dispose d’un mode commando et d’une multitude de challenges à remplir. On ajoute à cela trois niveaux de difficulté, un classement entre chaque épisode et sous-épisode, une galerie pour les figurines, illustrations, fichiers secrets et cinématiques, ainsi qu’un lot de récompenses en extra et le contenu se révèle des plus conséquents si l’on souhaite tout débloquer.

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Au final, Resident Evil Revelations 2 est une suite décevante. Le précédent opus pâtissait d’une piètre intrigue, mais se rattrapait par son atmosphère et son retour vers le survival-horror. Ici, on navigue entre ce genre et l’action sans trouver un réel équilibre. Ce parti pris n’est pourtant pas ce qui fait du titre de Capcom un jeu médiocre. Non, c’est l’inertie d’un gameplay qui accuse de nombreuses lourdeurs et son histoire aussi lisses qu’ineptes qui nivellent Revelations 2 par le bas. Level design vu et revu, ambiance au point mort qui ne suscite aucun frisson, seule la durée de vie s’avère honnête. Une piètre consolation au vu du tournant qu’avait initié son prédécesseur. Une incursion anecdotique (inutile ?) dans l’univers de Resident Evil qui se repose sur ses lauriers sans rien apporter à la genèse de la saga. Amère déconvenue.

Note : 09/20

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Description d’un combat

Pour ce premier épisode bonus, l’histoire, si tant est qu’on puisse l’appeler comme telle, fait office d’épilogue pour Moira. On passera outre sur les imprécisions scénaristiques qu’entraîne la progression de la fidèle comparse de Claire Redfield. Car sur ce point, cette brève incursion ne se démarque pas du titre principal. À savoir, une intrigue inutile, percluse de clichés, qui soulève moult incohérences dans la finalité des faits. La faute à de nombreux sauts dans le temps qu’on ne prend guère la peine de nous expliquer et une facilité déconcertante pour nous infliger des lignes de dialogues sans relief.

Le gameplay demeure inchangé avec l’alternance de deux personnages et tout un arsenal à disposition du joueur. Là encore, le survival-horror n’est plus qu’un lointain souvenir. Après une piètre simulation de chasse en milieu naturel (les provisions de nourriture ne servent pas à grand-chose), les hordes d’ennemis déferlent à intervalles plus ou moins réguliers. Malgré cela, le nombre de munitions reste maigre pour ce qui s’annonce comme un mode survie qui se boucle en moins de deux heures. À noter qu’il n’y a que deux types de difficulté : facile ou extrême. Aucun intermédiaire et, à la clef, la sensation indifférente de traverser les séquences pour l’un et les crises de nerfs assurés pour l’autre si vous maîtrisez mal le jeu.

Bref, si cet ajout a le mérite d’être disponible dans sa version boîte, il ne justifie guère de prolonger une aventure principale déjà peu engageante. Pour les perfectionnistes et les fans absolus.

Note : 08/20

Une petite femme

Second épisode bonus de Resident evil Revelations 2, Une petite femme est sans doute la meilleure impression que dégage cet opus si décevant. Contrairement à Description d’un combat, celui-ci fait office de prologue pour Natalia. L’histoire un rien mièvre peut prêter à sourire (elle se met en quête de son ours en peluche perdu), mais le rendu est intéressant. Avec ses filtres mauves et violacés, l’ambiance enfantine aux antipodes des monstruosités sur l’île, Une petite femme se révèle décalé et nettement plus dérangeant que ce qu’on a pu constater jusque-là. De plus, la vulnérabilité de Natalia nécessite de revoir la manière d’aborder cette trop courte heure de jeu.

Il n’est pas question d’affronter les créatures ou d’aller au-devant du danger, mais bien de le contourner en s’appuyant sur des mécanismes propres à l’infiltration. Le binôme avec Dark Natalia est nettement plus utile et complémentaire que Claire/Moira ou Barry/Natalia. Dark Natalia est invisible et peut découvrir les lieux sans risque de se faire repérer. Il faut constamment jouer entre les deux personnages pour espérer progresser. Cela peut paraître rébarbatif, mais la faible durée de l’épisode et surtout l’ambiance permettent d’apprécier un DLC supérieur au titre principal, et ce, en dépit de ces ficelles narratives alambiquées.

Tout comme Description d’un combat, Une petite femme est présent en version matérialisée. Malgré une expérience ridiculement courte pour parcourir l’île entière, cet épisode bonus montre ce qu’aurait pu être Revelations 2 avec un minimum de volonté : torturé et décalé.

Note : 14/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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