février 23, 2024

Warcraft Le Commencement – De Guerre Sage

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De : Duncan Jones

Avec Travis Fimmel, Toby Kebbel, Paula Patton, Ben Foster

Année: 2016

Pays: Etats-Unis

Genre: Fantasy

Résumé:

Le pacifique royaume d’Azeroth est au bord de la guerre alors que sa civilisation doit faire face à une redoutable race d’envahisseurs: des guerriers Orcs fuyant leur monde moribond pour en coloniser un autre. Alors qu’un portail s’ouvre pour connecter les deux mondes, une armée fait face à la destruction et l’autre à l’extinction. De côtés opposés, deux héros vont s’affronter et décider du sort de leur famille, de leur peuple et de leur patrie.

Avis:

« Warcraft« , c’est bien plus qu’un simple jeu vidéo, c’est une institution à lui tout seul. Plus que culte, « Warcraft » est bien l’un des jeux les plus connus au monde, il fallait donc un sacré réalisateur derrière la caméra pour oser en faire un film. Et après délibération, le choix s’est arrêté sur Duncan Jones. Un choix plus qu’intéressant, car le réalisateur avait derrière lui deux très bons films qui mélangeaient science-fiction, action et réflexions. Ses films sont « Moon » et « Source Code« . Alors quand le nom de ce dernier est tombé, d’un coup le projet devenait encore plus attrayant qu’il ne l’était déjà.

Projet impossible pour certains tant l’univers du jeu est vaste, pari ambitieux pour d’autres, le film de Duncan Jones a fait couler beaucoup d’encre avant même sa sortie en salle. Il faut dire que les premières bandes-annonces étaient aussi belles qu’elles pouvaient laisser craindre une avalanche d’effets spéciaux pouvant très vite sombrer dans l’overdose. Gardant le bon côté des choses en tête, Duncan Jones derrière la caméra tout de même, le film, sans phénoménal, tout en ayant ses défauts, ses légèretés et ses grossièretés, est un bon divertissement à défaut d’être vraiment passionnant.

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Dans le royaume d’Azeroth, la paix règne entre les peuples depuis de nombreuses années. Mais venu d’un autre monde qui se meurt, des orcs menacent cette paix et entament une guerre pour envahir ce monde luxuriant. Cette horde d’orcs convoite le monde des hommes, des elfes et des nains et ils amènent avec eux une arme qui n’apportera que destruction. Aidé d’un jeune magicien, Lothar, l’un des meilleurs guerriers du royaume, va devoir lutter sur plusieurs fronts pour protéger ce monde de la dévastation.

Partant sur de futures guerres, ce premier chapitre est plaisant, divertissant et tient la route en nous racontant de bonne manière les débuts du conflit. Offrant un univers plutôt sympa et travaillé (orcs, villes, costumes) qui a une bonne gueule, on prend plaisir à découvrir ce monde et ce qui en fait et entoure sa mythologie. Duncan Jones prend son temps pour exposer les bases de son conflit. Le réalisateur ne précipite pas les choses et l’on apprécie que le film soit autre chose qu’une grosse guerre, comme il aurait été facile d’avoir. Duncan Jones tient un scénario qui sans être extraordinaire arrive à emmener le spectateur aussi bien dans son intrigue principale que dans ses sous-intrigues. Aventures, guerres, enquêtes, confrontations, trahisons et rebondissements attendus mais bien trouvés sont de la partie. Alors bien sûr, du côté du scénario, on a déjà vu mieux, mais on a souvent vu bien pire et Duncan Jones arrive à éviter ce bien pire.

Mais si l’on se satisfait de son histoire et son développement, on sera quelque peu déçu sur d’autres parties du film. Certes, le film est beau et bien fait. Certes, il offre de bonnes images et de bonnes scènes. Ses orcs sont visuellement impressionnants (ce qui ne sera pas le cas des nains ou des elfes qui apparaissent peu, mais sont une vraie faute de goût, baignant trop dans le numérique). Mais au milieu de tous ces bons éléments, on ne peut s’empêcher de remarquer le côté très lisse et trop sage du film. Alors qu’on aurait envie d’un film puant et violent, qui respire la guerre, la souffrance, la douleur et l’effort, on se contentera d’un film propre qui ne va jamais au bout de sa guerre, de ses douleurs et de ses affrontements. L’univers est bien construit, bien joli à voir, mais lui aussi manque de relief, de profondeur et d’un vrai caractère qui lui est propre pour être jubilatoire. Ce ressenti, on l’a aussi sur certains personnages qui sont bien trop « beaux » et l’on a un peu de mal à croire qu’ils aient un vécu derrière. Par exemple, Dominic Cooper, qui est pourtant un excellent acteur, représente le cliché du bon et beau roi. On a bien du mal à croire que « cette gravure » de mode puisse partir en guerre. Ces petites réflexions se répètent et viennent quelque peu atténuer le plaisir qu’on a à suivre l’intrigue. Ce côté lisse, on le retrouve aussi dans les batailles. Idem, on s’attendait à trouver quelque chose de violent, d’épique, de badass, et même si ce que nous offre Duncan Jones est bien, on en attendait et l’on en voulait tellement plus que l’on reste sur notre faim et c’est vraiment dommage. En fait, quand on regarde « Warcraft« , on a l’impression que le réalisateur a été bridé, qu’il se retient, comme si on lui avait imposé de ne pas prendre de risque, de ne pas choquer, de ne pas faire un film trop sombre. Comme s’il fallait faire un bon film familial histoire de plaire au plus grand nombre.

Alors que le réalisateur tenait un bon univers, de bons personnages et de bons acteurs qui ne sombrent pas trop dans le cliché (avec même un petit coup de cœur pour Ben Schnetzer qui incarne Khadgar, le jeune magicien), les protagonistes auraient mérité d’être plus fouillés, creusés. Alors qu’il tenait un film où il y avait tous les ingrédients pour être grandiose, on se retrouve devant un bon film, un bon spectacle, très divertissant, qui présente bien son « commencement » d’une nouvelle franchise, mais qui n’ira pas plus loin. C’est bon, c’est bien, ça se regarde sans problème, on peut dire que ça se déguste à plus d’une reprise, mais ça ne va jamais plus loin. « Warcraft » n’explose pas, « Warcraft » ne bouleverse pas.

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« Warcraft » est donc un film inégal, mais qui reste un bon film de début pour une future franchise. On attend donc un chapitre deux, tout en espérant que les producteurs ne brideront pas autant le prochain réalisateur qui s’attaquera à la suite, car on est curieux de savoir le reste de l’histoire. On a envie de retourner à Azeroth et de vivre d’autres aventures magiques. Et cette envie prouve donc que malgré ses défauts, ses grossièretés et son manque de caractère, le « Warcraft » et le pari de Duncan Jones sont en partie réussis.

Note : 14/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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