décembre 7, 2021

Moriarty – Anthony Horowitz

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Auteur : Anthony Horowitz

Editeur : Calmann-Lévy

Genre : Policier

Résumé :

Quelqu’un croit-il réellement à ce qui s’est produit aux Chutes du Reichenbach ?

Pas moi. Et je vais vous dire pourquoi. Mais avant toute chose, laissez-moi me présenter. Frederick Chase, détective de l’agence Pinkerton. Ma mission ? Retrouver et neutraliser Clarence Devereux, cerveau du crime qui s’est empressé de combler le vide laissé par la disparition de Moriarty, l’ennemi juré de Sherlock Holmes.

Pour arrêter ce génie du mal, un homme presque invisible,j’ai suivi l’inspecteur Athelney Jones de Scotland Yard, fervent disciple de Sherlock Holmes, dans les recoins les plus sombres de la ville.

Mais le criminel le plus dangereux de Londres n’est pas celui qu’on croit.

Avis :

En 2011, Anthony Horowitz, écrivain largement versé dans le domaine de la jeunesse (Alex Rider, la saga des Cinq…), proposait une enquête inédite de Sherlock Holmes avec La maison de soie. Bien qu’inférieur à son illustre modèle (notamment au niveau du style), il en ressortait un récit non moins recommandable pour les amateurs du plus célèbre détective de tous les temps. Trois ans s’écoulent avant que l’auteur ne replonge dans l’univers de Conan Doyle, mais sans la présence de Holmes. De fait, le docteur Watson n’est plus le narrateur, même si la rédaction demeure à la première personne. Avons-nous droit à un livre qui confirme les bonnes impressions que nous avait laissées le précédent ouvrage ou à une histoire sans réelle justification ?

L’intrigue prend place après les incidents de la chute de Reichenbach. Pour les novices, cet événement-clé marque l’affrontement « final » entre Holmes et Moriarty qui débouche sur la mort des deux hommes. Si ce dénouement a fait couler beaucoup d’encre et suscité de nombreuses controverses (surtout de la part des puristes à l’époque), il tend à offrir des opportunités pour les écrivains qui tentent de poursuivre l’œuvre de Conan Doyle (quand leurs nouveaux périples suivent une certaine chronologie). Il n’est donc guère étonnant que ce roman brille par l’absence de son illustre personnage et des protagonistes afférents.

Certes, l’ombre de leur présence plane encore dans les rues de Londres tant le passé demeure vivace. Cependant, le duo remplaçant ne supporte pas forcément la comparaison. Si l’auteur souhaite s’éloigner des influences susnommées, il ne s’écarte pas pour autant des méthodes d’investigations de Holmes en les prêtant à Athelney Jones, inspecteur de Scotland-Yard émérite et clairement moins talentueux que son homologue. Les déductions sont belles et bien de la partie, mais moins développées ou poussées. On a l’impression de suivre une enquête de seconde zone dont Holmes n’aurait fait qu’une bouchée.

Accessible de par son écriture assez simpliste (tournures très sommaires, descriptions succinctes et dialogues convenus dans leur généralité style questions/réponses), l’histoire va également en ce sens avec des retournements de situation pas si surprenants que cela. L’ensemble s’avère plaisant et distrayant à plus d’un titre pour voyager à travers l’époque victorienne sans se montrer transcendant dans des aboutissants finalement assez prévisibles. Il suffit d’être attentif à certains détails, parfois aussi évidents que le nez au milieu de la figure, pour résoudre l’énigme. On restera néanmoins dubitatif sur certains choix narratifs ou passages qui peinent à trouver une réelle signification dans la finalité. Bien ficelé, sans doute ; linéaire dans sa progression, assurément.

L’on découvrira également en fin d’ouvrage, une nouvelle intitulée Les trois reines, sorte de bonus de remerciement aux lecteurs. Long d’une vingtaine de pages, l’on retrouve Watson venu nous conter une enquête plutôt succincte de Holmes avec en lien (assez ténu, il est vrai), la présence de l’inspecteur Jones. Cette courte histoire recèle davantage de travail au niveau des méthodes d’investigation que les 350 précédentes pages. Le point de vue narratif est donc la cause de cette simplicité de façade étant donné que l’auteur s’en sort très bien lorsqu’il s’agit de mettre en scène une nouvelle aventure de Holmes.

Au final, Moriarty se révèle un roman policier en demi-teinte. Malgré une atmosphère sympathique et une progression sans heurt, l’intrigue peine à convaincre dans son entièreté. La faute à l’absence de Holmes au profit d’un « copieur » qui ne parvient pas à sa cheville aussi bien au niveau des déductions que des pièges tendus aux antagonistes (ce qui inclut l’art de se grimer). Inutile de préciser que cela s’en ressent au fil des chapitres. Il en ressort une impression mitigée avec une histoire accessible au plus grand nombre, même pour ceux qui n’aurait jamais lu Sherlock Holmes. Un livre correct qui souffre d’une comparaison inévitable avec les écrits de Conan Doyle, mais également avec La maison de soie.

Note : 13/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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