mai 26, 2024

L’Armée des Ombres

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De : Jean-Pierre Melville

Avec Lino Ventura, Simone Signoret, Paul Meurisse, Jean-Pierre Cassel

Année : 1969

Pays : France, Italie

Genre : Drame

Résumé :

France 1942. Gerbier, ingénieur des Ponts et Chaussées est également l’un des chefs de la Résistance. Dénoncé et capturé, il est incarcéré dans un camp de prisonniers. Alors qu’il prépare son évasion, il est récupéré par la Gestapo…

Avis :

« Le samouraï« , « L’armée des ombres« , « Le Cercle rouge« , « Le Deuxième Souffle« , « L’Aîné des Ferchaux » .. Nul n’est besoin de présenter Jean-Pierre Melville, l’un des maîtres du cinéma français qui eut une « courte carrière ». Décédé à l’âge de cinquante-cinq ans, il a laissé des films qui sont aujourd’hui de véritables classiques du cinéma français. Des films indémodables qui ne cessent de convertir encore et encore de nouveaux cinéphiles au fil des années.

Lino Ventura, Jean-Pierre Cassel, Simone Signoret, Paul Crauchet, dirigé par Jean-Pierre Melville dans un film sur la résistance française pendant la Seconde Guerre mondiale… Est-ce qu’on doit continuer de développer quelque chose pour inciter à voir ce film ? Non tout est dit.

Plus sérieusement, « L’armée des ombres  » est le film parfait de bout de bout. C’est le film qui offre une claque magistrale comme on aimerait en prendre bien plus souvent. Avec « L’armée des ombres« , on peut dire sans crainte et sans aucune hésitation que Jean-Pierre Melville livre là le meilleur film qui a pu être fait sur la résistance. D’un pessimisme absolu, sombre et bouleversant, le film de Jean-Pierre Melville est plus qu’un bijou, c’est un film nécessaire, qu’il faut voir et qui une fois vu, sera inoubliable !

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Avant la guerre, Gerbier était un ingénieur des ponts et chaussées. Aujourd’hui, il est l’un des chefs de la résistance française. Dénoncé par un anonyme, il est arrêté et jeté dans un camp. Alors qu’il prépare une évasion, il est convoqué par la Gestapo. Profitant d’une opportunité, il va réussir à s’échapper et ainsi, pouvoir reprendre ses activités dans la résistance pour freiner l’ennemi allemand.

Des claques, des gifles, des mandales, chacun de nous en a pris. Mais il y a parfois autre chose. Il y a des films comme ça, où l’on sait très bien où l’on s’aventure, on s’attend à ce que l’excellence soit de la partie, mais à aucun moment on aurait imaginé l’impact qui allait se produire. Ces films-là sont des raretés bien plus fortes qu’un simple chef d’œuvre .. « L’armée des ombres » en fait partie à n’en pas douter.

Ici, Jean-Pierre Melville ne réalise pas un chef d’œuvre sur la résistance française. Non, il réalise LE chef d’œuvre sur la résistance. « L’armée des ombres » est un film incroyable et palpitant qui nous emporte avec perte, fracas et bouleversement dans deux heures et de demi d’un cinéma en état de grâce. Un cinéma inoubliable, magnifié par des acteurs merveilleux, des personnages fascinants, une mise en scène prenante et une intrigue renversante.

Ce qui est hypnotique avec « L’armée des ombres« , c’est la force que Melville met dans sa mise en scène pour filmer le quotidien tendu de ses personnages. Ici, il y a peu de dialogues, le film ne s’attarde pas en paroles inutiles et autres débats qui tourneraient en rond, Melville va à l’essentiel, il prend des décisions et emporte son spectateur de manière incroyable auprès de ses personnages et de leur action. Terriblement sombre, Melville peint un quotidien dur, peuplé de décisions injustes, difficiles, presque impossibles et pourtant nécessaires et finalement très courageuses. D’ailleurs, ce film est une leçon de courage, d’humilité et de désintéressement. Melville illumine ces hommes et ces femmes de l’ombre. Le film n’est qu’une tension permanente qui est renforcée à chaque scène par la mise en scène de son réalisateur, par la BO d’Eric Demarsan ou encore par la gueule de ses comédiens.

Le scénario est magnifique et analyse à merveille son personnage principal. Imprévisible, le film nous accroche pour ne jamais, ô grand jamais, nous lâcher. Aucun retour en arrière ne sera possible. On est emporté là où le réalisateur a décidé de nous emporter. On est secoué par les rebondissements, on est tendu, stressé même, au moment même où le réalisateur a décidé qu’on le soit. Tout comme les personnages, on est révolté et résigné par certaines décisions qui s’imposent. On comprend, on accepte, on est troublé, on s’insurge… Bref, Jean-Pierre Melville, en grand-maître, fait de nous ce qu’il veut, quand il veut où il veut. Et ce qui est encore plus terrible, c’est qu’à la veille de ses cinquante ans, le film fonctionne à 200 %, comme s’il venait de sortir hier.

« L’armée des ombres » est tenu par des acteurs inoubliables qui semblent être à eux seuls les visages de la résistance. Comment ne pas repenser après le film à l’immense Lino Ventura qui campe à la perfection ce personnage désabusé qui est vivant sans l’être. Comment ne pas être hanté par le visage de Simone Signoret qui est bluffante à chaque instant ? Comment oublier Jean-Pierre Cassel ou Paul Crauchet que le film laisse en cellule ? Puis tous ces autres personnages qui vont et viennent dans le quotidien de ces personnages.

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« L’armée des ombres » est bien plus qu’un grand film, c’est un film qui de par son ton, son injustice, son intrigue, ses personnages, sa réalité, sa noirceur, son pessimisme, pourrait même être au niveau d’un documentaire, tant l’illusion de suivre des personnes plus que des personnages est vraie.

Note : 20/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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