mai 17, 2021

Digging For Fire – Creuser Par Amour

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De : Joe Swanberg

Avec Jake Johnson, Rosemarie DeWitt, Orlando Bloom, Sam Rockwell, Brie Larson

Année : 2016

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame

Résumé :

Un homme et une femme se voient embarquer dans une série d’aventures après la découverte d’un pistolet et d’un os.

Avis :

Il est de notoriété publique que le cinéma dit de divertissement, le blockbuster, devient de plus en plus conventionnel et sert à chaque fois les mêmes schémas scénaristiques dans des environnements différents. Alors pour trouver un peu de fraîcheur, de prise de risque, il faut chercher ailleurs. Bien entendu, le cinéma étranger est une solution, à l’image du cinéma fantastique espagnol ou encore des polars noirs scandinaves, mais il existe aussi un réseau indépendant dans le cinéma américain. Le seul problème, c’est que la machine du septième art est si bien huilée sur le système monétaire, que peu ou prou de films indépendants trouvent le chemin des salles obscures dans notre pays. De ce fait, pour celui qui s’intéresse un peu au cinéma différent des blockbusters, il reste deux solutions : le marché du DVD ou la VOD. Si cette dernière n’a pas de gros résultats en termes de chiffre, elle reste une démarche alternative au support physique et à l’absence de certains films dans les salles. Et c’est exactement ce qu’il se passe avec Digging For Fire, un film indépendant fort intéressant, au casting quatre étoiles et qui n’a connu qu’une sortie VOD fin mars.

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Film entre le drame et la comédie, Digging For Fire, qui tient son nom d’une chanson des Pixies, est une sorte de thérapie de couple, qui traverse un moment charnière dans sa vie. Jusque-là, rien de bien mirobolant, sauf que le film arrive à trouver une certaine justesse dans le propos, ne tombant jamais dans le misérabilisme ou dans un pathos malvenu. Bien au contraire, le film contient une certaine joie, une certaine insouciance du temps perdu et qui revient lorsque l’on laisse ses responsabilités au placard. Et c’est là-dessus que le film sera très intéressant, brassant des thèmes denses, importants et souvent sérieux, avec un ton badin et parfois loufoque, renforçant l’aspect dramatique de la rupture. Car le sujet central du film, c’est l’évolution différente, au sein du couple, de l’homme et de la femme. Si le thème a déjà été vu et revu maintes fois, il n’empêche que ce film est frais et demeure différent de ce que l’on a l’habitude de voir.

D’un côté, on a l’homme, stéréotype de l’adulte/enfant qui va être obnubilé par une chose, en l’occurrence la découverte d’un pistolet et d’un os dans le jardin d’une maison que le couple garde, et qui va devoir prendre une responsabilité, remplir la déclaration de revenus du couple pendant le weekend. De l’autre côté, on a la femme, qui se pose des questions sur son couple, son évolution, sa sexualité et son rôle de mère. Dans les deux sens, le temps d’un weekend, indépendamment, les deux adultes vont trouver de quoi nourrir leur fantasme, leur réflexion et se rendre compte de l’évidence. Ce n’est pas tant sur la surprise que le film se base, mais sur une maturation constante des sentiments et des réflexions. Ainsi, sans jamais être redondant ou ennuyeux, le film se base exclusivement sur des expériences vivantes, durant un weekend, avec des personnages secondaires qui ont des démons intérieurs.

On retrouvera donc les potes de l’homme en question, qui sont quasiment tous célibataires ou sans enfant et qui garde une certaine insouciance qui ne colle pas forcément avec leur âge. Le temps alors, pour le personnage central, de se rendre compte qu’il joue avec les limites, dragouillant une jolie jeune femme un peu en dehors de la norme, mais qu’il a besoin de sa femme pour avoir des limites. Sa femme, quant à elle, va avoir un parcours différent, abordant les relations de couple avec des amis au bord de la rupture, se mentant à eux-mêmes, ne se rendant même plus compte de la vérité, qui est pourtant devant leurs yeux. Elle aussi va jouer avec les limites, rencontrant un homme séduisant, qui lui fait se rendre compte que son mari est l’homme qu’elle souhaite avoir. Et ces deux évolutions parallèles vont avoir un impact touchant sur le spectateur, qui assiste à deux réflexions différentes sur deux modes de penser antinomique.

Le tout est servi par une ambiance drolatique à souhait. Si l’obsession du mari sera le moteur des gags simples mais fonctionnant à merveille, il faudra aussi compter sur des personnages secondaires loufoques et parfois en dehors des normes. Sam Rockwell est parfait en adulte sans limite, ressemblant plus à un adolescent rebelle qu’à un adulte responsable, Anna Kendrick, que l’on voit très peu, irradie de son charme naturel, et Orlando Bloom est tout en charme et retenue, dans un rôle de beau gosse. Ces personnages gravitant autour du couple sont très importants pour les réflexions des protagonistes principaux, mais ils sont aussi décalés que drôle, abordant des passages assez burlesques et plutôt fins, renforçant un propos important et plutôt dur.

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Au final, Digging For Fire est un film très réussi qui aurait certainement mérité une sortie en salles, juste pour la simplicité de son sujet et la pudeur de sa tonalité. S’il ne casse pas la baraque d’un point de vue mise en scène, qui reste assez transparente, le film gagne à être connu pour son casting parfait, mais aussi et surtout pour les réflexions qu’il amène sur le couple, sur l’amour, sur l’humain tout simplement.

Note : 17/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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