décembre 9, 2021

Iggy Pop – Post Pop Depression – Sous l’Influence d’un Homme

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Avis :

Traversant les époques comme une feuille virevolte au gré du vent, Iggy Pop demeure un incontournable de la scène punk et rock. Né en 1947, le jeune James Newel Osterberg est très vite attiré par la musique et notamment le rock. Admirateur des Doors, il ressort pourtant déçu d’un concert et se dit que si eux peuvent le faire, alors lui aussi. Il fonde alors son premier groupe, The Stooges, et prend le pseudo d’Iggy Pop, pseudonyme provenant de son premier surnom, l’iguane. Devenant un pilier de la scène puis de la scène, Iggy Pop va tout connaitre durant sa carrière. La drogue, les excès, les expériences sexuelles, le chanteur va abuser de toutes les choses et s’attirer les foudres de pas mal de monde, notamment son propre groupe, qui lui reproche de prendre trop d’importance au sein de la formation. Cela conduira à une séparation et Iggy Pop attaquera une carrière solo, souvent aidé par son ami David Bowie. Porté par une expression scénique fantasque et des prestations en concert toujours plus déjanté, Iggy Pop est certainement l’artiste punk qui fut le plus épargné par les autres artistes de ce genre, souvent dur avec leurs congénères. Mais malgré une reformation avec les Stooges, c’est avec Josh Homme (Queen of the Stone Age, Eagles of Death Metal, Them Crooked Vultures et Kyuss) qu’il trouve un second souffle quatre ans après son précédent album. Mais cette collaboration est-elle bénéfique pour celui que l’on appelle le Parrain du Punk ?

Dès le premier titre on ressent l’influence de Josh Homme. Officiant dans un rock aux riffs assez lourds, Break Into Your Heart porte tous les stigmates du chanteur et guitariste de Queen of the Stone Age. C’est assez lent dans la rythmique, très pesant au niveau de la sonorité et la voix d’Iggy Pop demeure assez aérienne pour offrir un contraste saisissant et pas si mal que cela. Cependant, c’est bien dans cette espèce de langueur que l’album se perd un petit peu. On retrouve les mêmes travers avec American Valhalla malgré une introduction fort légère qui ressemble à un xylophone. En fait, le principal défaut de ce skeud, c’est qu’il porte trop la marque de Josh Homme (qui est un homme de talent, cela va sans dire), mais il manque clairement la folie furieuse d’Iggy Pop et cette envie de faire des pièces taillées pour la scène. Plutôt dans l’effet de style et le rock de papy, Post Pop Depression est un album relativement calme qui ne trouveront de folie que dans certains élans de nervosité que l’on peut retrouver dans le titre Vultures, essayant rapidement d’installer une ambiance très western sur l’album, là aussi marque du desert rock que sert souvent Josh Homme.

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Mais si l’on regarde bien la jaquette et le titre de l’album, il y a un certain liant entre l’ambiance presque lugubre du skeud et la lenteur voulue alliée à des riffs lourds provenant de grattes mal accordées. Et c’est peut-être là que l’album se révèle le plus brillant, arrivant à être à contre-courant, parlant de la vie du chanteur après plusieurs dépressions, tout en restant dans un milieu rock à l’image du chanteur, la folie en moins. Et certains titres sortent réellement du lot, de par leur côté plus péchu ou de par une ambiance plus travaillée et différente. On pourra citer Sunday et sa batterie légère rappelant au doux souvenir du rock des années 70/80 ou encore German Days qui sonne plus contemporain, évoquant bien entendu les différents groupes de Josh Homme, mais qui reste plus travaillé que les autres titres, plus intéressants dans sa composition. Et puis il y a Chocolate Drops. Un titre à part dans l’album, très pop-rock et rappelant avec tendresse un certain David Bowie, autant dans la rythmique, la voix ou le style, abordant aussi bien la gratte que le piano et il s’agit-là d’un des meilleurs titres de l’album. Ce qui est fort, c’est que le morceau s’insère parfaitement au sein de l’album, dans cette production assez mélancolique et globalement triste. Mais attention, pas triste dans le sens où le skeud est mauvais par rapport à l’attente d’un nouvel Iggy Pop. Triste dans le sens atmosphérique du terme, avec des compositions assez touchantes.

Au final, Post Pop Depression, le dix-septième album d’Iggy Pop (rien que ça !), est un skeud intéressant à plus d’un regard, mais on ressent trop la présence de Josh Homme qui apporte plus qu’un son ou qu’un regard, mais l’entièreté de son style, aussi bien dans les riffs lents et lourds que dans l’ambiance mélancolique. Il en résulte un album équilibré, mais qui manque de panache et dont Iggy Pop aura bien du mal à vendre durant les concerts, la faute à une rythmique trop doucereuse et à l’absence d’un grain de folie, qui faisait pourtant la marque de l’iguane. En bref, un album pas désagréable, mais loin d’être le meilleur du chanteur.

  1. Break Into Your Heart
  2. Gardenia
  3. American Valhalla
  4. In the Lobby
  5. Sunday
  6. Vultures
  7. German Days
  8. Chocolate Drops
  9. Paraguay

Note : 14/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=OnzzvoEWlzg[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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