juin 23, 2021

Rihanna – Anti – Rébellion de Bisounours

rihanna-anti-album

Avis :

Elle en aura fait du chemin depuis sa Barbade natale. Il faut dire qu’aujourd’hui, la belle Rihanna est devenue une icône de la musique contemporaine et bien souvent, elle est classée parmi les personnalités les plus influentes du monde dans l’industrie musicale. Et à quelque part, c’est plutôt mérité, car la chanteuse, qui officie depuis douze ans maintenant, n’a jamais vraiment quitté les planches et les chaines musicales pour continuer à exister. La musique pop étant ce qu’elle est, une consommation fast-food par les oreilles, la belle a dû sortir un album tous les ans pour ne plus cesser d’exister aux yeux des fans et des consommateurs de musiques radiophoniques. Seulement, la chanteuse a toujours su rebondir avec les sonorités du moment et a toujours su fournir des nouveautés, s’essayant au rock, à l’électro ou encore au reggae/dancehall qui ont fait les beaux jours de ses débuts. Le seul problème que l’on pourrait lui trouver, c’est cette hypersexualité qu’elle montre à tout bout de champ, ne donnant pas un bon exemple pour les jeunettes qui sont les fans de la première heure. Néanmoins, nous ne sommes pas là pour parler de son cul mais plutôt de ses qualités artistiques et en l’occurrence de son huitième album studio, Anti, qui est très intéressant et surprend très souvent.

Si chaque album marque un pan de sa vie, comme a pu le voir avec un album sombre suite à son altercation avec Chris Brown, suivi d’un album plus joyeux, montrant que sa vie avait pris un meilleur tournant, Anti serait un album charnière montrant un virage important dans la carrière de la chanteuse. Beaucoup moins commercial que les autres skeuds, Rihanna livre un huitième effort quasiment dénué de tout tube et s’engageant dans une démarche plus artistique que mercantile. Le fait est que l’album fonctionne plutôt bien malgré des redondances dans les styles ou dans une grande volonté de rester mainstream malgré tout. L’album débute avec Consideration et il marque ce changement avec justesse. Sans trop en faire, tout en restant proche de sa musique d’auparavant, elle fournit quelque chose de lent, d’électro, mais de bien plus calme que tous ses tubes, d’autant plus que le refrain est moins marqué, prouvant encore une fois qu’elle veut changer. Certains titres seront là pour en attester encore plus brillamment, notamment Love on the Brain ou encore Higher, qui sont deux titres soul, allant même lorgner du côté du gospel avec une guitare sèche redondante mais bien prégnante. C’est d’ailleurs dans ces deux titres que l’on va s’apercevoir que la chanteuse possède une jolie voix, un peu voilée, parfois un peu éraillée et qu’il est dommage qu’elle se soit perdue si longtemps dans une pop conventionnelle qui n’exploitait pas tout son potentiel pour faire du pognon. On pourra aussi se satisfaire du titre pop/folk Never Ending, seulement avec une guitare sèche du plus bel effet.

people_rihanna-e1448310913127

Mais la chanteuse est très maline et sait satisfaire son public en menant embarque tout ce petit monde avec d’autres titres plus simples et plus contemporains. A titre d’exemple, Work est le titre le plus emblématique, en duo avec le rappeur Drake, qui a le vent en poupe, qui reste dans un électro pop rap qui sera un carton à coup sûr grâce à une gestion mécanique du duo, du chant et de l’instrumentalisation minimaliste. Et c’est bien dommage qu’il existe des morceaux comme ça cet album, car sans eux, il aurait été bien meilleur. On peut aussi citer l’insupportable Woo et son chant autotuné dégueulasse qui fait les joies du rap français hardcore ou encore Needed Me, un morceau lent qui s’oublie aussi vite qu’il fut écouté. Le plus triste, c’est que la belle avait tout pour faire de l’électro de bonne qualité, le prouve Desperado, un titre prenant et plutôt bien foutu, avec une vraie ambiance. Néanmoins, on peut aussi regretter autre chose, c’est toujours cette hypersexualité exacerbée qui berce l’album. Le dernier titre, Sex With Me (so Amazing) reflète bien un état d’esprit étrange et qu’il ne fait pas bon de mettre dans toutes les oreilles. Et même si nos chères têtes blondes ne sont pas forcément bilingues, l’ensemble est suffisamment explicite pour bien comprendre le sens du morceau. C’est assez triste d’avoir comme fonds de commerce son cul alors que finalement, l’album aurait pu se suffire à lui-même. Du coup, Rihanna veut se distancer de ce qu’elle a fait auparavant, sans pour autant avoir un avis tranché. C’est à la fois malin, car cela va lui permettre de garder un vivier de fan tout en en gagnant d’autres, mais c’est aussi décevant car cela manque vraiment de conviction.

Au final, Anti, le huitième album de Rihanna, n’est pas aussi anticonformiste que cela. Certes, il est très différent de la pop actuelle mais il s‘insère parfaitement dedans, offrant une alternative à l’électro, la chanteuse réussissant le tour de force de s’entourer d’artistes ayant le buzz en ce moment (Drake) et restant tout de même très mainstream. Il en résulte un album mi-figue mi-raisin, alternant le bon et le moins bon, mais ne marquant pas une réelle rupture avec la pop mercantile du moment.

  1. Consideration feat SZA
  2. James Joint
  3. Kiss It Better
  4. Work feat Drake
  5. Desperado
  6. Woo
  7. Needed Me
  8. Yeah, I Said It
  9. Same Ol’ Mistakes
  10. Never Ending
  11. Love on the Brain
  12. Higher
  13. Close to You
  14. Goodnight Gotham
  15. Pose
  16. Sex With Me

Note : 12/20

Image de prévisualisation YouTube

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.