janvier 21, 2022

Cloud Atlas

Cloud Atlas affiche

De: Lana Wachowski, Andy Wachowski, Tom Tykwer

Avec : Tom Hanks, Halle Berry, Jim Broadbent, Hugo Weaving, Hugh Grant, Jim Sturgess, Doona Bae, Ben Whishaw, James D’Arcy, Zhou Xun, Keith David, Susan Sarandon

Scénario : Lana et Andy Wachowski, Tom Tykwer, d’après le roman « Cartographie des nuages » par David Mitchell

Année: 2013

Pays : Etats-Unis, Allemagne

Genre : Drame, Science-fiction, Thriller …

Résumé :

A travers plusieurs siècles se succèdent six histoires/aventures à des époques différentes, dans lesquelles plusieurs personnages se succèdent, dont les choix de leurs actes auront des conséquences sur leur parcours mais aussi des répercussions plus ou moins importantes dans les différentes époques qui seront retranscrites à l’écran, passé, présent, futur et leur …

Avis :

Avec « Cloud Atlas » peu importe le résultat, ce qui était certain dès le début, c’est qu’il s’agissait d’un projet atypique, hors-normes, presque inclassable, combinant les genres que ce soit la science-fiction, le polar, le drame, la romance, la comédie… Un projet donc à la curiosité grandissante qui donne envie rien que pour son ambition et stimule allègrement notre fibre cinéphilique. Surtout que les personnes attachées au projet sont les frangins Wachowski auteurs de « Bound », la trilogie « Matrix » et le formidable « Speed racer » (flop au box-office), des artistes visionnaires, excitation supplémentaire ! Mais il ne faut pas pour autant oublier le troisième homme, Tom Tykwer.

Cloud Atlas 02

Si les frères (ou frères et sœur désormais, puisque Larry est devenu Lana) Wachowski sont célèbre grâce à la trilogie « Matrix » pour Tom Tykwer ce n’est pas aussi évident. Il est le réalisateur de «Le Parfum, histoire d’un meurtrier » (2006) pour le plus connu de ses longs métrages. Mais c’est avec « Cours, Lola, cours » (1998) que Lana Wachowski a eu le déclic, elle avait été, d’après ses dires, enthousiasmée comme cela faisait longtemps que ça n’avait été le cas, au point de retourner voir le film de Tykwer à peine la séance terminée. Dès lors les frangins et le réalisateur allemand, qui avaient déjà travaillé ensemble puisque celui-ci est aussi compositeur et s’est occupé de créer un morceau (‘In my head’) pour le troisième opus « Matrix revolutions », souhaitent se trouver un projet commun et quelque chose d’ambitieux, mêlant un maximum de leurs influences. C’est un peu par hasard qu’ils trouvèrent l’idée, puisque en tant que producteur de « V pour Vendetta » les Wachowski, grâce à Nathalie Portman qui leur mît le roman entre les mains, eurent la révélation. Après moult difficultés pour trouver financements nécessaires etc. l’aventure pu commencer.

« Cloud Atlas » est composé de six histoires qui s’entrecroisent. Ce n’est pas un film à sketches, chacune des parties ayant des liens et conséquences sur les autres, se mêlant pour en quelques sortes n’en donner plus qu’une seule. Chaque histoire se passent à une époque différentes, XIXe siècle (Adam Ewing et la traversée du pacifique, « Le journal de la traversée du Pacifique d’Adam Ewing »), années 30 (Robert Frobisher et le compositeur dont il devient assistant, « Lettres de Zedelghem »), années 70 (Luisa Rey enquête sur un des plus grands scandales de l’histoire, « Demi-vies, la première enquête de Luisa Rey »), années 2000 (Timothy Cavendish, éditeur qui va se retrouver en maison de retraite, « L’épouvantable calvaire de Timothy Cavendish »), XXIIe siècle (la femme artificielle Sonmi-451, « L’oraison de Sonmi-451 ») et dans un futur post-apocalyptique (Zachry et la savante Méronym, « La croisée d’Sloosha pis tout c’qu’a suivi »).

Cloud Atlas 04

Chacun des réalisateurs s’est vu confier 3 parties, pour les Wachowski : XIXe, XXIIe, et le futur post-apocalyptique ; Tom Tykwer : les années 30, 70 et 2000. On sent bien dans la répartition un intérêt pour des histoires correspondant assez à ce qu’ils ont fait avant, à savoir les parties traitant du futur et les plus ambitieuses à priori, confié au Wacho, peut-être un risque moindre aussi.

Dans tous les cas même si chacun s’est vu confier telle ou telle partie, l’ensemble, comme dans le livre se devait de se rejoindre par leurs thèmes, par le destin des personnages et les liens tissés entre chaque. Il faut dire que pour cela ils ont réalisé un travail considérable de déconstruction et reconstruction du récit global pour lier l’ensemble et aboutir à une cohérence impressionnante à partir des six histoires distinctes, tout finit lié ! Pour cela il fallait un montage exceptionnel et chapeau pour le monteur Alex Berner qui a abattu un travail formidable. Les raccords sont parfaits, entre les changements d’histoire on ne se rend pas toujours compte du changement à l’instant même, baladant le spectateur d’une époque à l’autre de très bonne manière, utilisation de champs/contre-champs très intelligente par exemple, la cohérence est complète. On a parfois l’impression de voir la même scène dans la continuité de l’action se déroulant en même temps au XIXe et au XXIIe par exemple, lorsque Autua l’esclave noir, va courir sur le mât puis ils passent à l’époque de Sonmi-451 qui se retrouve sur une sorte de passerelle entre deux immeubles à Neo-Séoul … Bref un travail fort bien pensé et exécuté.

Halle Berry & Keith David dans les 70's

De même dans cet esprit de continuité entre la bonne idée des réalisateurs est de confier aux mêmes acteurs les rôles de plusieurs personnages à des époques diverses, ce qui donne une force supplémentaire au récit et à une idée de la réincarnation (chaque personnages évolue à diverses époques, certains vont évoluer en bien, d’autres vont continuer à faire les mêmes erreurs). Un travail important lui aussi a été réalisé sur les maquillages puisque la réincarnation des personnes les emmène à incarner d’autres personnalités. Si les maquillages sont bons, parfois excellents (Halle Berry par exemple est méconnaissable lors d’une apparition) de temps à autres ils sont assez poussifs, le spectateur va ainsi pouvoir s’amuser à reconnaître, Tom Hanks, Halle Berry, Hugh Grant, Jim Sturgess etc. à travers les âges. Cependant ceci produit une certaine distance avec le récit, puisque involontairement ou non le cerveau va automatiquement faire ‘tilt’ et réfléchir à ‘qui est-ce ?’ parfois.

De plus, malgré un abattage considérable, de l’ambition à transposer un récit philosophique-complexe sur l’écran, il y a en dehors de ces qualités de vrais problèmes ! A trop s’occuper à déconstruire et reconstruire le récit afin de lier l’ensemble de la meilleure des manières certes, mais pas forcément si compliqué, il s’agit finalement plutôt d’un terrible casse-tête au montage et par conséquent d’un travail phénoménal plus que complexe, ils n’ont jamais réussi à rendre de l’émotion à l’écran, ni la dimension épique souhaitée et c’est bien le gros problème de « Cloud Atlas ».

En effet nous n’arrivons jamais, faute de temps, du découpage, de travail sur les personnages eux-mêmes, autre que physique, à y être attachés, à ressentir de l’empathie ou du dégoût pour eux… A aucun moment une des histoires ne m’a fait ressentir quoi que ce soit, et bizarrement bien que les intentions soient louables, je pense qu’il y a un problème d’ambition en ce qui concerne chaque histoire distinctement. Par exemple dans la partie sur Sonmi-451, il y avait clairement de quoi développer quelque chose de puissant. Ça commence bien mais jamais cela ne décolle, même visuellement, bien que les effets spéciaux soit de grande qualité on aurait espéré quelque chose de plus imposant, novateur ? Puis l’émotion n’est pas là au final et pourtant les Wachowski avec un mélange de SF et de politique auraient dû nous passionner… Prenons le segment post-apocalyptique, lui aussi est très intriguant, il y a matière à surprendre ou au moins à rendre la chose épique quand lors du final Zachry retourne au village, découvre tous les cadavres, et va tuer le chef du clan cannibale. Ben non, changement d’histoire, ça ne décolle toujours pas et on se moque de ce qui vient d’arriver malheureusement … La partie ‘polar’ dans les seventies est elle aussi mollassonne, quand on retrouve Keith David, Halle Berry poursuivis par Hugo Weaving on s’ennuie … et ainsi de suite, surtout que les autres histoires ne sont pas très intéressantes si ce n’est en tant que fil conducteur de l’ensemble du procédé.

CLOUD ATLAS

Finalement « Cloud Atlas » ressemble plus à une œuvre de performance artistique qui manque plus que tout d’impliquer son spectateur à l’intérieur de son récit, qui pourtant parle d’espoir, pouvant même par moment l’ennuyer légèrement et surtout ce qui est le plus important de lui faire ressentir de l’exaltation, des émotions.

Du coup on a hâte de voir le prochain métrage des Wachowski « Jupiter ascending » histoire de voir comment ils vont rebondir et bonne chance à Tom Tykwer pour ses prochains film car on a tendance à l’oublier en parlant de ce film !

Note : 11/20

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=p-oTQ98YnMQ[/youtube]

Par Serval

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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