mai 17, 2021

Les Diaboliques

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De : Henri-Georges Clouzot

Avec Simone Signoret, Noël Roquevert, Vera Clouzot, Paul Meurisse

Année : 1954

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

Dans une institution destinée à l’éducation des jeunes garçons, Christina et Nicole, respectivement épouse et maîtresse du directeur Michel Delasalle, s’associent afin d’assassiner l’homme qu’elles ont fini par haïr. Mais quelques jours après leur méfait, le corps de Michel disparaît…

Avis :

Aujourd’hui, on va parler du légendaire Henri-Georges Clouzot. Trésor national, maître du thriller français, le réalisateur fascine et passionne. Il faut dire que lorsque l’on jette un œil à sa filmographie, il y a de quoi tomber à la renverse, tant cette dernière est imposante et soutenue. Détenteur d’un Lion d’or, d’une Palme d’or, d’un Bafta et d’un ours d’or, Henri-Georges Clouzot n’a cessé d’être reconnu de son vivant et encore plus après sa mort, puisque son œuvre continue encore et encore à convertir à sa cause de nouveaux cinéphiles.

Bizarrement, jusqu’à aujourd’hui, je n’avais encore jamais posé les yeux sur ces « Diaboliques« , alors que je connais son pauvre remake avec Sharon Stone et Isabelle Adjani. Et j’ai enfin fini par mettre la main dessus. Je me suis donc empressé de voir que l’original était amplement mieux que sa version américaine. Je m’en doutais, mais il fallait que je vérifie et la conclusion est sans égale, puisque Maître Clouzot livre-là un film d’un sadisme et d’un machiavélisme hors pair. « Les diaboliques » est un film passionnant, emporté par un duo d’actrices, Simone Signoret et Vera Clouzot, dément !

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Dans une école de jeunes garçons, Christina Delassalle est l’épouse de Monsieur le directeur. Nicole est une jeune professeure de l’école. Les deux femmes ont en commun Monsieur le directeur, Michel Delassalle. Si l’une est sa femme, l’autre est sa maîtresse et toutes les deux sont maltraitées par ce dernier. Elles décident alors de passer à autre chose et s’associent pour tuer le directeur de l’école et ainsi retrouver une vie normale. Elles ont un plan et une fois celui-ci mené à bien, les deux femmes qui ont jeté le corps dans la piscine de l’école n’ont plus qu’à attendre qu’il réapparaisse. Mais elles vont découvrir avec terreur et inquiétude que le corps du directeur a disparu.

Qu’il est bon ce film ! Qu’il est grand ce film ! Qu’il est prenant et stressant ce film ! Et surtout qu’est-ce qu’il fonctionne toujours aussi bien après soixante ans d’une carrière indestructible.

Et pourtant, l’histoire de départ est simple. Ce film, c’est l’histoire de deux femmes abusées qui vont décider de se débarrasser de leur « bourreau ». Rien d’incroyable, mais pourtant Henri-Georges Clouzot va faire de ces « Diaboliques« , un très grand film d’angoisse comme on n’en voit pratiquement plus dans le cinéma français d’aujourd’hui.

Ce qui est terrible dans ce film, c’est son scénario, car le film de Clouzot détient un scénario des plus habiles, qui tient son intrigue à la perfection jusqu’à son point final. Et quel point final ! Je ne me souviens pas d’un tel point final dans le film avec Stone et Adjani. Le film est donc parfaitement orchestré et mis en scène. Ce que j’ai beaucoup aimé, c’est que le réalisateur laisse planer un mystère assez saisissant de manière très subtile. Cette disparition emporte presque le film dans le surnaturel, avec cette présence presque fantomatique du directeur. Tout le travail qui est fait là-dessus est terrible et il apporte encore plus d’intrigue. Le film suggère beaucoup des choses, le réalisateur jouant avec le noir et les ombres et on se laisse avoir comme ces deux femmes. Le réalisateur travaille énormément sur le doute et l’angoisse et les actrices nous font tout ressentir, leur peur, leur inquiétude, leur angoisse. D’ailleurs, l’une des scènes finales, au moment des révélations, est tout simplement terrifiante. Un parfait bijou de terreur !

Ce que j’adore aussi dans ce film, c’est qu’il fait s’opposer deux femmes aux caractères parfaitement différents. L’une est une force de la nature, l’autre fragile et Henri-Georges Clouzot joue aussi là-dessus, installant une tension entre les deux femmes, jouant pas mal avec les faux-semblants, des regards fuyants, et on finit presque par avoir des doutes sur l’une d’elle et sur le meurtre auquel on a assisté.

Le film est tenu par Vera Clouzot et Simone Signoret qui sont absolument parfaites. Troublantes, mystérieuses, terrifiées, abusées, les deux actrices nous offrent un duo de personnages mythiques. Vera Clouzot est fragile et touchante, quant à Simone Signoret, elle est incroyable, dure et sèche, l’actrice est fascinante. « Les diaboliques« , c’est aussi Paul Meurisse, qui tient avec fermeté le rôle du directeur de l’école. C’est aussi Michel Serrault et Jean Lefebvre qui nous feront sourire. Et puis, Noël Roquevert est très attendrissant en enquêteur à la retraite. Et enfin, pour ceux qui veulent s’amuser à chercher, parmi les élèves de l’école, on pourra trouver un tout jeune Johnny Hallyday.

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Après « Le salaire de la peur« , Henri-Georges Clouzot nous offre son deuxième chef d’œuvre d’affilée. « Les diaboliques » est un film dont le mot parfait est loin d’être volé, et alors que j’en connaissais son histoire et ses rebondissements, le film m’a quand même pris dans son suspens. Bref, culte, indémodable, intouchable, magnifique, ce film est un des gros piliers de la carrière de Clouzot.

Note : 20/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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