juin 23, 2021

Prince – Art Official Age

prince-art-official-age

Avis :

Parmi les icônes de la musique pop durant les années 80, Prince avait une place de choix. Il faut dire que le nain pourpre a rivalisé avec Michael Jackson en termes de célébrité et de ventes d’album, malgré une approche plus funk et blues. Il connait un énorme succès avec Purple Rain, la bande originale du film dans lequel il tient le rôle-titre. Après plus de trente ans de carrière, le fil rouge du chanteur/auteur/compositeur fut jalonné d’épreuve, comme un combat avec sa maison de disques, des moments où il s’est fait plus discret et un comeback inattendu au début des années 2000. Expérimentateur musical, Prince est le premier a essayé la diffusion par internet avant de vite s’en retirer. C’est en 2014 qu’il décide de revenir sur le devant de la scène avec deux albums qui sortent coup sur coup, Art Official Age, plutôt funk et Plectrumelectrum, plus rock, sur le vif. Et les critiques sont plutôt convaincantes, tout du moins sur Art Official Age, qui répond à une attente de fans, essayant de faire dans un funk futuriste et avant-gardiste. Mais finalement, cet album n’aurait-il pas reçu de si bonnes notes juste parce que Prince est presque devenu intouchable ? Avons-nous le droit de dire qu’un album de Prince n’est pas bon ? Parce que là, c’est clairement le cas.

L’album commence avec Art Official Cage, qui doit sûrement répondre à l’austérité qui réside aujourd’hui dans la musique, sorte de carcan pop dans lequel s’enferment des artistes pourtant talentueux. Et malheureusement, ce n’est pas avec ce morceau que Prince va changer la donne. Voulant faire un mélange de funk, de r’n’b et d’électro, l’entame de l’album reste hallucinante de bêtise et de sonorités déjà entendues des milliards de fois. En fait, on a plus l’impression d’entendre du Kool and the Gang sous acide et ce n’est clairement pas agréable. Le problème, c’est que tout l’album va être construit comme ça, dans une espèce de volonté de décortiquer tous les styles, de les rapiécer pour en sortir un globi-boulga indigeste. D’ailleurs, à plusieurs moments on se demande ce qu’il se passe dans la tête de l’artiste et certains choix sont clairement douteux, comme ce passage en voix de bébé sous autotune dans le titre Breakfast Can Wait, qui prête plus à sourire que comme une volonté d’artiste de proposer autre chose. On trouvera aussi des élans mélancoliques amoureux, ce qui a d’ailleurs fait la notoriété du chanteur, mais qui seront blastés à grand coup de cris hystériques qui n’ont aucune raison d’être ou encore avec bruitages incongrus, comme des coups de pistolets laser. Le titre le plus équivoque est certainement Breakdown, qui ressemble davantage à du Capitaine Flam qu’à un vrai morceau de musique.

Various at Belle UK Premiere afterparty

Alors il pourrait avoir de bonne chose, à l’image de Funknroll qui demeure bien dansant et bouge malgré sa sonorité électro et sa voix féminine qui fait écho à du rap bas de gamme, mais encore une fois, le bon est noyé sous une masse de sons pas nécessaires et parfois de mauvais gout. Bien évidemment, c’est intéressant d’essayer autre chose, de progresser au niveau musical et de faire presque l’encontre de ce que l’on attend de vous, mais parfois, il faut savoir faire simple et y aller petit à petit. Sur cet album, on a l’impression que Prince met tout ce qu’il a envie dans un seul titre et que le résultat sort du hasard. C’est relativement pénible, parce qu’à la place de trouver quelque chose de fun et de plaisant, on se retrouve avec un conglomérat de bruits qui rappelle de temps à autre de la funk, très souvent de l’électro que l’on sert dans les boites de nuit, reflet d’un intérêt limité, ou encore du r’n’b comme on en entend tous les jours la radio. Rien de bien réjouissant, si en plus de cela il faut rajouter deux pistes où ça papote sans vraiment proposer de musique.

Au final, Art Official Age est une très grande déception car elle provient d’un artiste de talent qui se gâche dans des choix musicaux inhérent à notre société actuelle. Mélangeant sans discernement électro, funk et parfois rock et r’n’b, le chanteur livre un album creux, parfois pénible et qui essaye de faire jeune sans y parvenir un seul instant. Et c’est dommage car venant de Prince, on est en droit d’en attendre beaucoup, beaucoup plus !

  1. Art Official Cage
  2. Clouds
  3. Breakdown
  4. The Gold Standard
  5. U Know
  6. Breakfast Can Wait
  7. This Could B Us
  8. What It Feels Like
  9. Affirmation I & II
  10. Way Back Home
  11. Funknroll
  12. Time
  13. Affirmation III

Note : 04/20

Image de prévisualisation YouTube

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.