novembre 28, 2021

Tale of Tales

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Titre Original : Il Racconto dei Racconti

De : Matteo Garrone

Avec Salma Hayek, Vincent Cassel, Toby Jones, John C. Reilly

Année : 2015

Pays : Italie, France, Angleterre

Genre : Fantastique

Résumé :

Il était une fois trois royaumes voisins où dans de merveilleux châteaux régnaient rois et reines, princes et princesses : un roi fornicateur et libertin, un autre captivé par un étrange animal, une reine obsédée par son désir d’enfant… Sorciers et fées, monstres redoutables, ogre et vieilles lavandières, saltimbanques et courtisans sont les héros de cette libre interprétation des célèbres contes de Giambattista Basile.

Avis :

« Tale of tales« , c’est le huitième film de Matteo Garrone, qui en un peu moins d’une dizaine d’années est devenue l’un des réalisateurs les plus influents d’Italie. De son cinéma, je ne connais que l’excellent « Gomorra« , que j’avais vu en salle et qui à l’époque m’avait sacrément retourné. J’avais loupé le suivant « Reality« , alors je me rattrape sur celui-là qui fut très critiqué au dernier festival de Cannes.

Il faut dire qu’à la découverte de la bande-annonce, « Tale of tales » s’annonçait comme une sacrée expérience. Le film a l’air hypnotique. Et c’est bel et bien ce qu’il est. Malgré la vision de la bande-annonce, je ne savais pas trop à quoi m’attendre en rentrant dans la salle, partagé entre les mauvaises critiques, les bonnes et surtout le charme incroyable qui s’oppose à une intrigue qui a l’air des plus complexes. Et j’en ressors déboussolé et perplexe à la fois. Visuellement dingue, je reste encore en réflexion avec moi-même, sur ce que le film m’a raconté, comme il me l’a raconté et pourquoi il me l’a raconté ? Bonne ou mauvaise expérience, une chose est sûre, le film de Matteo Garrone ne laissera personne indifférent.

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Il était une fois dans un monde inconnu, dans trois royaumes voisins où vivent des souverains, souveraines et princes et princesses. Chacun d’eux est en quête d’une chose qui changera leur destinée. Une reine rêve d’un enfant et est prête à tout pour en avoir. Un roi, libertin, est en quête de la femme parfaite et un autre est en totale fascination sur une créature qu’il élève en secret. Chacun d’eux, pour trouver la paix et avoir ce qu’il désire, devra faire face à des événements tragiques ou cruciaux et prendre de graves décisions.

« Tale of tales » est à coup sur le film le plus atypique de l’année et je ne pense pas qu’un autre film de ce genre puisse voir le jour avant un bout de temps. Matteo Garrone a choisi de nous raconter trois contes tous perturbants. Il va faire s’entremêler ces histoires en même temps. Passant de l’une à l’autre sans vraiment de raisons. J’ai adoré l’ambiance incroyable que le film dégage, avec des plans tous plus magnifiques les uns que les autres. Le style graphique est magique, alliant un réalisme assez poussé dans « l’époque » dans laquelle l’histoire évolue (les plans sur les châteaux sont de toute beauté, comme tous les décors ou les costumes), tout en conservant une part de rêve, d’artifice, d’irréel, avec des créatures monstrueuses (la scène du monstre sous l’eau en donne des frissons), de la magie, de la sorcellerie et des personnages pittoresques. Je reste néanmoins plus réservé sur son contenu.

Les trois intrigues que vont s’entremêler sont intéressantes chacune de leur côté. Elles sont plus ou moins prenantes, mais dans l’ensemble, à plusieurs moments, je me suis demandé où le réalisateur voulait en venir et de quelle manière il allait bien pouvoir conclure le tout. « Tale of tales » jouit d’un rythme aussi particulier que le film lui-même. Ce qui a eu tendance à me déranger un peu, car à très peu de moments, je me suis retrouvé vraiment passionné par ce qui m’était présenté. Ce n’est pas que je me sois ennuyé, comme je le disais, le film a de bons atouts et des aspects intéressants, mais dans l’ensemble, j’avais envie de plus et moins alambiqué surtout. C’est beau, incroyablement beau, le film nous fait passer par pas mal de ressentis, dégoût, peur, mal être, rire aussi, et même des moments plus touchants, mais pourtant, le film reste distant et alors qu’il dégage un caractère incroyable et marquant (plusieurs scènes sont des chefs d’œuvres à elles seules et elles ne sont pas prêtes de quitter ma mémoire) , il lui manque de la magie pour que l’ensemble passionne vraiment et fasse vibrer. Et puis je dois dire que ce film m’a laissé un petit goût d’inachevé. Ce qui est d’autant plus dommage, c’est que le film commençait vraiment à m’emporter dans son intrigue au moment où le réalisateur a décidé d’y mettre un point final.

Je n’ai pas spécialement trouvé tous les personnages bien développés. Il y a un côté bancal ici aussi. On a l’impression que le réalisateur s’est plus concentré sur des personnages que d’autres. Ainsi par exemple le personnage de Salma Hayek est vraiment bien mis en relief et se trouve être excellent à suivre, surtout dans sa détermination, alors que les personnages de Vincent Cassel ou celui de Toby Jones sont plus en retraits et assez creux. À plusieurs moments, je n’ai pas très bien compris leurs réactions. Tout comme celui tenu par Stacy Martin, qui méritait bien plus. Par contre, même si certains personnages méritaient mieux, je ne peux rien reprocher aux acteurs qui sont bluffants. Mention spéciale à Toby Jones que j’ai trouvé incroyable, d’où ma frustration concernant le manque de profondeur de son personnage. Et mention encore plus spéciale pour Bebe Cave que je ne connaissais pas et qui crève littéralement l’écran. C’est ma révélation du film. Sans oublier aussi Franco Pistoni, qui est flippant en Nécromancien. Quelle présence à l’écran alors que le rôle est presque insignifiant comparé à d’autres.

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J’ai quand même apprécié dans le fond ce spectacle inhabituel. « Tale of tales » restera pour moi l’un des ovnis filmiques de cette année 2015. Œuvre atypique, contes dérangés, Matteo Garrone livre un film qui ne ressemble à aucun autre, et c’est ce qui fait son caractère, sa force, mais aussi sa principale faiblesse. Car, à force de vouloir éblouir visuellement avec une œuvre intense, le réalisateur oublie de vraiment nous passionner sur tout son long et alors qu’on aurait pu être transporté tout le temps, à plusieurs moments, on reste de simples spectateurs. Des spectateurs enchantés, amusés ou touchés, mais aussi quelque peu perdus.

Note : 12/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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