octobre 5, 2022

Sia – 1000 Forms of Fear

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Avis :

Le chemin vers la gloire et la renommée est parsemé d’embûches et il faut parfois se faire remarquer pour gagner en notoriété. Prenons un exemple tout simple, les photos de nu de Cœur de Pirate ou encore les expressions scéniques obscènes de Miley Cyrus. Mais il y a une autre façon de se faire connaître, c’est d’établir un succès tout en ayant une forte influence artistique. Sia Furler est une australienne qui a vécu toute sa jeunesse dans la musique, et pour cause, son père est musicien dans des groupes de rockabilly et sa mère est chanteuse. Alors forcément, quand on a des parents comme ça, on a forcément envie de chanter et Sia commence par des imitations de Sting, Aretha Franklin ou encore Stevie Wonder. Par la suite, elle va chanter dans un groupe d’acid House, Crisp, qui aura deux albums à son actif, puis elle démarre une carrière solo en 1997 tout en faisant les chœurs pour Jamiroquai ou Massive Attack. C’est en 2009 qu’elle collabore avec Christina Aguilera et son producteur et deux ans plus tard qu’elle apparait dans la version américaine de The Voices. Elle sort alors son cinquième album dans la foulée, We Are Born, et accède à une certaine notoriété. Mais son plus gros carton réside dans son sixième album avec le hit en puissance Chandelier, où l’on peut voir une gamine danser. Mais est-ce que tout l’album vaut le coup d’oreille ?

Le skeud commence avec le premier tube de la chanteuse, Chandelier. Plus besoin de présenter le morceau, tant son succès fut phénoménal. Alors oui, c’est plutôt joli, la chanteuse expose sa voix grave qui peut partir vers les aigus, notamment lors du refrain, et prouve que l’on peut faire de la pop écoutable sans pour autant avoir recours à de l’électro à outrance. D’ailleurs, tout l’album sera bercé par une certaine mélancolie et des morceaux qui brillent par leur douceur alors qu’ils restent parfaitement pop. On pense notamment à Big Girls Cry, qui suit le même schéma structurel que Chandelier, tout en étant plus délicat sur les refrains et forçant un peu plus le trait mélancolique. C’est plutôt joli, bien produit bien foutu et cela reste très agréable. Dans ce même registre, on peut aussi citer Eye of the Needle, un excellent titre très touchant et plutôt bien foutu ou encore Fair Game, un morceau presque à capela et qui reste plutôt intéressant dans son cheminement qui reste en dehors des clous de la pop musique actuelle. D’ailleurs, le choix de mettre un solo de xylophone montre bien que la chanteuse fait la nique à toutes les formalités qui polluent la musique commerciale actuelle. Cela se ressent jusque dans ses clips, surtout les derniers où elle refuse d’apparaître laissant une jeune et talentueuse danseuse mettre en avant sa musique si particulière.

sia

Bien entendu, l’album est loin d’être parfait. Il contient quelques scories propres au style pop. C’est-à-dire qu’il se complait à rester dans le même registre durant un long moment, ne faisant que deux ruptures. Ainsi, les chansons sont formées de la même façon et on ressent une certaine redondance au bout d’un moment. D’ailleurs, certains titres seront totalement transparents, à l’image de Burn the Pages, que l’on oubliera dès la première écoute et qui ne restera jamais en tête ou encore Straight for the Knive qui ne sort pas du lot malgré sa langueur. Niveau lenteur, on atteint des strates élevées avec Cellophane, un morceau mou du genou malgré son côté touchant et beau. Néanmoins, la chanteuse fait preuve de lucidité, proposant deux morceaux qui sortent complètement du cadre qu’elle s’était imposée sur ce disque. Ainsi, Hostage est un morceau plutôt rock, voire punk, dans lequel la chanteuse laisse éclater sa voix cassée dans une bonne humeur communicative. C’est plutôt cool et change complètement de registre, ce qui fait du bien. Dressed in Black démarre comme le reste du skeud, de manière douce et calme, mais dès que le refrain démarre, on est dans un registre proche du hard rock, avec de bons riffs de guitare et surtout une ambiance sombre, qui irait parfaitement avec une BO de James Bond. En faisant ainsi, la chanteuse s’affranchit des autres productions lambda pop et fournit quelque chose de différent, de varié et de véritablement plaisant.

Au final, 1000 Forms of Fear, le sixième et dernier album de Sia, est une belle réussite dans le domaine formaté de la pop anglophone. Jouant sur deux tableaux, entre une forme de mélancolie touchante et d’une énergie rafraîchissante, la chanteuse livre quelque chose de commercial mais aussi de novateur et de différent des sonorités électro pop que nous livre par pelletés les maisons de disque, hachoir cérébral et responsable de la chute du disque. Bref, Sia propose quelque chose qui est différent mais aussi accessible et c’est tant mieux, montrant que la pop n’est pas encore morte et cela même si l’album n’est pas parfait.

  1. Chandelier
  2. Big Girls Cry
  3. Burn the Pages
  4. Eye of the Needle
  5. Hostage
  6. Straight for the Knive
  7. Fair Game
  8. Elastic Heart
  9. Free the Animal
  10. Fire Meet Gasoline
  11. Cellophane
  12. Dressed in Black

Note : 15/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=4NhKWZpkw1Q[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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