décembre 9, 2021

Les Sentiers de la Gloire

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Titre Original : Paths of Glory

De : Stanley Kubrick

Avec Kirk Douglas, Ralph Meeker, Adolphe Menjou, George MacReady

Année: 1957

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

En 1916, durant la Première Guerre mondiale, le général français Broulard ordonne au général Mireau de lancer une offensive suicidaire contre une position allemande imprenable, surnommée « La fourmilière ». Au moment de l’attaque, les soldats tombent par dizaines et leurs compagnons, épuisés, refusent d’avancer…

Avis:

Comment s’attaquer à la guerre en essayant de faire original et en touchant un maximum de personne? Comment montrer toute la perversité et l’absurdité de l’homme lors de conflits aussi destructeurs qu’inutiles? Ce sont les questions qu’a dû se poser Stanley Kubrick lors de l’écriture du film Les Sentiers de la Gloire, avec Jim Thompson, avec lequel il avait déjà bossé pour L’Ultime Razzia. Très éloigné des films noirs que le réalisateur a fourni en début de carrière, Les Sentier de la Gloire est un film de guerre bouleversant et qui demeure indémodable et puissant encore aujourd’hui, plus de cinquante ans plus tard. Mais d’où vient cette puissance? Qu’est-ce qui fait que ce film est juste culte et toujours d’actualité de nos jours? Retour sur un film qui est juste magnifique et qu’il faut absolument voir.

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Tu vas juste être fusillé, ce n’est pas si grave, arrête de chialer…

En pleine Première Guerre Mondiale, les tranchées et le No Man’s Land sont des noms communs que chaque soldat ne connait que trop bien. Après plusieurs années d’immobilisme, l’armée française décide de prendre un point stratégique de l’armée allemande, La Fourmilière. Le problème, c’est qu’il faut traverser deux zones de barbelés ainsi que le No Man’s Land, tout en évitant de se faire fusiller par l’ennemi. Malgré les nombreux décès que cette attaque risque d’engendrer, les supérieurs décident de lancer l’offensive qui sera un fiasco. Pour punir ce désastre et la mutinerie qui a suivi, les généraux décident de faire fusiller trois soldats, un de chaque régiment, à titre d’exemple, pour motiver les troupes de ne pas se rebeller. Mais un homme va tout faire pour éviter ce massacre injuste, jusqu’à dénoncer les magouilles de son supérieur, malgré les menaces de celui-ci.

Dès le départ du film, on sent qu’il y a un manque de budget évident. Du coup, Kubrick prend le parti de ne pas montrer la guerre comme on le fait en ce moment, tout en frontal et avec des effets de fou. Il va privilégier une attaque puis se concentrer sur l’injustice de la guerre et sur les relations entre les hommes et la hiérarchie. D’un film de guerre, on arrive à un drame incroyable montrant les dessous d’une machinerie qui n’a absolument rien à faire de l’humain. Et pour ce faire, Kubrick utilise un jugement sans appel, injuste, révoltant et qui fonctionne encore aujourd’hui. La force de ce film provient du récit vraiment génial et de personnages soit odieux, soit d’une grande bonté. Kirk Douglas incarne un personnage juste, profondément bon et qui se fera contrecarrer par des supérieurs imbus d’eux-mêmes et que le spectateur détestera dès le départ. On se prendra d’affection aussi pour les trois soldats qui seront sacrifiés pour une faute qu’ils n’auront pas commis. Les réactions seront différentes mais toutes d’une grande justesse, entre celui qui est désespéré, celui qui reste humble et celui qui glissera son sentiment sur la religion et la présence d’un Dieu, qui les a justement abandonné.

D’un grand récit et d’une grande prestation de chaque acteur, on aura aussi une grande réalisation. Le film est un sans-faute, sublimant chaque plan avec une utilisation magnifique du noir et blanc. Le contraste est utilisé avec justesse et d’une réalisation simple, Kubrick livre surement son film le plus abouti depuis ses débuts. On avait déjà vu ses prouesses avec Le Baiser du Tueur (la scène avec les mannequins) ou encore L’Ultime Razzia, mais ici, il se sublime et prouve tout son talent avec la scène du jugement, donnant une grande profondeur, rendant les hommes tout petit face à une justice implacable bien qu’injuste. Le final est très surprenant, d’un grand pessimisme et montrant finalement que l’homme ne vaut rien, qu’il n’est qu’un bout de viande que des hommes pistonnés aiment à jouer avec, ne se souciant guère de leur vie. Ce nihilisme assez rare à l’époque, est juste incroyable et touche le spectateur directement au cœur.

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T’as l’air ravi d’aller à la guerre!

Au final, Les Sentiers de la Gloire aurait pu s’appeler Les Sentiers de la Perdition, tant on voit des hommes perdus dans la folie furieuse de la Grande Guerre. Stanley Kubrick livre un film sans concession, violent et révoltant et qui en plus se permet de parler de la guerre sans vraiment la filmer. On peut donc dire que ce film est un grand film, le genre de métrage qui vous fait aimer le cinéma et qui vous fait sentir tout petit par la suite. Un pamphlet contre la guerre, contre l’absurdité de l’homme et contre une autorité établie qui ne prend aucun risque.

Note: 20/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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