octobre 25, 2021

Equalizer

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Titre Original : The Equalizer

De : Antoine Fuqua

Avec Denzel Washington, Chloe Grace-Moretz, Marton Csokas, Melissa Leo

Année : 2014

Pays : Etats-Unis

Genre : Thriller

Résumé :

Lorsque McCall fait la connaissance de Teri, une jeune fille victime de gangsters russes violents, il lui est impossible de ne pas réagir. Sa soif de justice se réveille et il sort de sa retraite pour lui venir en aide. McCall n’a pas oublié ses talents d’autrefois…

Avis :

Après avoir réalisé La Chute de la Maison-Blanche en 2013 avec Gerard Butler (une série B de bonne facture), Antoine Fuqua reforme l’équipe qu’il avait dirigée sur Training Day en 2001 pour les besoins de The Equalizer. Si ce titre n’est pas inconnu à certains d’entre vous (les plus âgés à mon avis), cela s’explique par le fait que The Equalizer est l’adaptation d’une série éponyme diffusée sur CBS à partir de 1985 et sur M6 à partir de 1991. Aujourd’hui, c’est Denzel Washington qui reprend le rôle campé par Edward Woodward trente ans plus tôt, sous la houlette d’un réalisateur habitué aux films d’action. Sony accorde 55M de dollars de budget à l’équipe et, une semaine après sa sortie, l’œuvre a déjà rapporté 61M de dollars à travers le monde et signe la quatrième meilleure sortie de septembre de l’histoire (soit dit en passant, le podium n’a pas vraiment de la gueule…).

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Comme il est dit plus haut, le film est réalisé par Antoine Fuqua, aussi habitué à l’action qu’à la série B (Le Roi Arthur, Shooter : tireur d’élite, et, plus récemment, La Chute de la Maison-Blanche). Ici, il semble avoir réalisé un film plus sombre, penchant plus du côté du thriller que celui du film d’action à proprement parlé. La bande-annonce révèle un Denzel Washington dans un rôle de tueur sans concessions, évoluant dans une ambiance assez sombre, sur fond de musique d’Eminem et Sia « Guts over fear », musique composée spécialement pour le film et dont le titre pourrait parfaitement être le credo du personnage principal.

Comme à son habitude, Fuqua prend grand soin de placer ses personnages dans un univers avant de s’atteler à accélérer le rythme de son film. On découvre ainsi Robert McCall, simple travailleur pour un magasin de bricolage, homme généreux et altruiste, mais qui semble avoir deux visages tant ses habitudes rappellent celles d’un entraînement militaire rigoureux. Et c’est son côté altruiste qui va l’emmener à rencontrer la jeune Teri, campée par Chloë Grace-Moretz (Kick-Ass), jeune prostituée qui ne rêve qu’à vivre une vie meilleure. Et le jour où celle-ci se fait réprimander violemment par ses employeurs, McCall révèle son vrai visage.

Le film prend ainsi une autre tournure. On découvre un justicier aux compétences de tueur extrêmement développées. Calculant chacune de ses actions à la seconde près, McCall semble être l’ange gardien de Boston. Fuqua filme les scènes d’action de manière très appréciable. Les combats sont filmés avec une certaine fluidité, le rythme est soutenu jusqu’à la dernière seconde, et McCall fait preuve d’une (très) grande violence. Une violence bien plus poussée que dans les autres films du genre. Mais on ne va pas se plaindre, cela est même une qualité (cela ne concerne que moi bien entendu).

Malheureusement, Fuqua n’est pas qu’un être doué de qualités. Ses défauts de réalisation le rattrapent bien vite et plus d’une fois. Ainsi, sa manière de montrer comment son personnage analyse chaque centimètre carré de son environnement avant de combattre, afin d’être prêt à toute éventualité, est assez désagréable. On a l’impression d’être devant un vieil épisode du dessin animé Action Man et l’on s’attendrait presque à ce qu’il dise «Je regarde, j’analyse et je me lance… ». Bref, une bien piètre manière de filmer en première personne. Mais c’est bien moins piètre que sa façon de filmer Denzel Washington lors d’une explosion. Peut-être avez-vous déjà vu ce montage de Vladimir Poutine, s’éloignant de son jet privé, où les internautes, grâce à photoshop, ont transformé cela comme un homme s’éloignant d’une énorme explosion ? Et bien vous verrez son exact reflet durant le film, où Fuqua a dû trouver que cela serait une magnifique scène, mais qui en réalité ne fait que gâcher ce thriller sombre et violent en insérant des scènes dignes d’une série B.

Mais les dégâts ne s’arrêtent pas là puisque quelqu’un a eu l’idée géniale d’appeler Richard Wenk pour signer le scénario du film, lui qui est probablement la seule personne au monde à avoir plus de série B dans sa filmographie que Antoine Fuqua. En effet, le bonhomme se révèle être la plume d’Expendables 2 et de Le Flingueur avec Jason Statham. Et il fait honneur à sa réputation avec The Equalizer puisqu’il signe un scénario assez basique, très manichéen, où les erreurs sont effacées par une scène d’action afin que personne ne s’en rende compte (l’ancienne ponte de la CIA qui n’a aujourd’hui qu’une place secondaire au sein de l’agence, ce sont ses propres mots, semble finalement être encore suffisamment importante pour être emmenée en hélicoptère sur son lieu de travail). Et, si le film est adapté d’une série TV, se devant ainsi un minimum fidèle à l’œuvre de laquelle il est tiré, Wenk n’apporte tout de même pas sa patte au scénario (est-ce un reproche ou une bonne chose ? Je cherche encore) et ne réécris même pas les personnages afin de les placer dans l’époque à laquelle nous sommes. On se retrouve ainsi dans un banal duel digne de la Guerre Froide, un manichéisme jusqu’au boutiste en clair.

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Bref, The Equalizer possède de vraies qualités, à commencer par un casting de poids, porté par un Denzel Washington collant parfaitement à son personnage. De plus, le film fait preuve d’une violence qui manque cruellement dans les films d’action actuels, voulant toucher un public toujours plus jeune à défaut de soigner la qualité du film. Mais tous ces efforts sont contrebalancés par une réalisation too much et peu soignée, mais également par un scénario peu travaillé. Dommage, parce qu’il y avait vraiment du gros potentiel avec ce personnage. Mais qu’on se rassure (ou pas?), Sony a déjà annoncé une suite au film.

Note : 14/20

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Par Crowley

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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