octobre 30, 2020

Zoolander 2

De : Ben Stiller

Avec Ben Stiller, Owen Wilson, Penélope Cruz, Will Ferrell

Année: 2016

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie

Résumé:

Blue Steel. Le Tigre. Magnum… Des regards si puissants qu’ils arrêtent des shuriken en plein vol et déjouent les plans de domination mondiale les plus diaboliques. Un seul top model est capable de conjurer autant de puissance et de beauté dans une duck-face : Derek Zoolander ! Quinze ans après avoir envoyé Mugatu derrière les barreaux, Derek et son rival/meilleur ami Hansel, évincés de l’industrie de la mode suite à une terrible catastrophe, mènent des vies de reclus aux deux extrémités du globe. Mais lorsqu’un mystérieux assassin cible des popstars célèbres, les deux has-been des podiums se rendent à Rome pour reconquérir leur couronne de super mannequins et aider la belle Valentina, de la Fashion Police d’Interpol, à sauver le monde. Et la mode.

Avis:

Sorti en 2001, le tout premier Zoolander n’avais pas été un franc succès. Le film de Ben Stiller a peiné au box-office et la suite, qui pouvait débouler l’année d’après, n’a jamais vu le jour. Sauf qu’il y a eu un retour de flamme, à savoir que lors de sa sortie en DVD (vous savez, la chose qui se meurt à cause de gens qui prônent le dématérialisé et la gratuité dans la culture), le film a connu un gros succès et a même atteint le statut de comédie culte. Et c’était plutôt mérité puisque le film est relativement réussi, assez drôle et critique de façon frontale le monde de la mode et la superficialité de son univers. C’est grâce à ce fameux bouche à oreille que Ben Stiller a pu mettre en chantier le deuxième opus des aventures de Derek Zoolander, où l’on retrouve les mêmes protagonistes que précédemment, et une nouvelle aventure qui part loin, très loin, trop loin, dans un délire sans aucun sens logique et qui essaye d’aborder d’autres sujets comme la paternité. Si on aura droit à quelques passages un peu drôles, ce deuxième épisode est un naufrage complet.

L’histoire du film prend place quelques années après la fin du premier opus. L’école ouverte par Derek tombe en ruine et tue sa femme. Incapable de s’occuper seul de son fils, ce dernier est placé dans un orphelinat et Derek part s’isoler à la montagne. Ayant perdu tout son mojo, il est alors appelé à la rescousse par une membre d’Interpol spécialisée dans la mode car des stars sont tuées en faisant la célèbre moue du top-model. Derek reprend alors du service avec Hansel et va tenter par la même occasion de retrouver son fils. La base même du film est un peu hasardeuse. On se retrouve face à un mélange de comédie et de comédie d’espionnage déjantée où l’improbable reste le maître mot. Si le premier film faisait déjà dans le délire potache avec le regard d’acier du héros qui arrête les objets en plein vol grâce à son regard, ici, on va encore plus loin, plongeant à chaque fois dans le mauvais goût et le délire psychédélique digne d’un enfant de quatre ans. L’écriture du film est à l’image du mode qu’elle dépeint, superficielle, sans intérêt, pas drôle, lourde et pataude, naviguant à vue dans des situations comiques exagérées qui en oublie tout élément de crédibilité. D’autant plus que l’intrigue s’embourbe dans diverses pistes pour finalement arriver à une résolution qui n’a ni queue ni tête et délaisse sur le côté certains éléments, comme les coups de fil que reçoit Hansel sur son téléphone. Un running gag inutile et qui ne prête même pas à sourire.

C’est le principal souci de ce film, qui, finalement, ne fait absolument pas rire du tout. La plupart des situations sont grotesques et les dialogues sont bien souvent ineptes, pour ne pas dire idiots. Si le premier film jouait beaucoup sur la distance entre la crétinerie crasse des personnages principaux et les situations parfois ubuesques (mention spéciale au coup de l’ordinateur qui est très drôle), dans ce deuxième volume, tout est stupide, que ce soit les personnages ou les situations. Il n’y a plus de distance entre une réalité simple et des protagonistes débiles ne sachant même plus faire des gestes simples. Tout est basé sur l’exagération et des situations improbables qui n’ont pas de place dans l’univers décrit. Le coup de la mannequin maillot qui nage plus vite qu’un bateau, le coup de la bombe à la fin qui est dirigée par les regards de tous les top-models, on part dans un délire fantastique là où il n’y en avait pas et cela crée un dimorphisme qui ne sied absolument pas au film. C’est-à-dire qu’il n’y a plus de limite entre ce qui est plausible et ce qui ne l’est pas. Dans le premier, les délires fantastiques se contentaient d’une petite touche alors que là, on a parfois la sensation d’être dans un X-Men déglingué.

L’autre gros dérapage du film provient de ses messages. Le premier film parlait de la superficialité du monde de la mode. De ces personnages vides, désincarnés, qui vivaient en dehors des réalités et qui pensaient être supérieurs aux autres, à la plèbe. Derrière les atours factices de ce monde, Ben Stiller s’accrochait à rendre toujours plus débiles des personnages qui ignoraient tout du monde, jusqu’à ne pas comprendre le sens figuré ou le second degré. Les situations étaient alors hilarantes, mettant en avant des scènes du quotidien dont les stars du monde de la mode semblaient incapables de réaliser correctement. Dans ce deuxième film, Ben Stiller essaye de faire autre chose et d’aborder la difficulté d’être parent et la fonction d’hérédité. Il souhaite retrouver son fils, qu’il pense être beau, tandis que Hansel va devenir père pour la première fois plus de sept fois. Le problème ne vient pas de la nature même du message où le cinéaste essaye d’inclure beaucoup de tolérance (son fils est un peu gros ce qui ne l’empêche pas d’être le digne héritier de son père), mais dans sa façon de faire. Tout est grossi, tout est grossier et tout est téléphoné. On aura aussi droit à la question de la remise en question de soi, les deux héros se demandant qui ils sont, se perdant devant l’évolution de la mode, mais tout cela reste en surface, histoire de faire une vanne sur des balcons avec Katy Perry. Bref, c’est vide.

Et de se poser la question de la vacuité du métrage qui finalement colle bien au monde de la mode qui n’est pas épargné ici. Entre des couturiers avides d’une jeunesse éternelle, prêts à croire une légende tirée par les cheveux, des stars qui ont accepter de tenir des rôles stupides, se moquant d’une image qui n’est pas si loin de la réalité ou encore de personnages maléfiques figés dans des mimiques grotesques (coucou Anna Wintour et Kristen Wiig dans des rôles complètement inutiles), on peut se demander si tout cela n’est pas fait exprès pour nous dégoûter d’un monde factice, arrogant et dispensable. Malheureusement, c’est tellement long et mal fait que le film loupe clairement le coche de faire une comédie crétine mais avec un fond intelligent. Et malgré un casting incroyable, tout est résolument mauvais. De toute façon, l’introduction avec Justin Bieber laissait présager le pire et cela ne s’arrange pas avec la très mauvaise prestation de Sting ou encore les caméos de certaines pop stars qui ne servent à rien à part montrer qu’ils participent à un film de Ben Stiller.

Au final, Zoolander 2 est un immense naufrage et un film qui n’aurait peut-être jamais dû voir le jour. Lamentable du début à la fin, que ce soit dans les dialogues, l’intrigue ou encore l’humour, cette suite loupe complètement le coche, ne dénonce plus rien, part dans des délires improbables qui frisent le ridicule et démontre qu’il aurait fallu que cette suite, déjà prête en 2002 dans la tête de Ben Stiller, ne voit jamais le jour…

Note : 02/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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