octobre 26, 2020

Phantasm III – Le Seigneur de la Mort

Titre Original : Phantasm III – Lord of the Dead

De: Don Coscarelli

Avec Reggie Bannister, Michael Baldwin, Bill Thornbury, Kathy Lester

Année: 1994

Pays: Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Apres quatorze ans de lutte sans merci, Mike est de nouveau confronte au terrible croque-mort de Morningside, qui dirige une troupe de zombies, des nains composes de cadavres ressuscites, et a une armée de sphères meurtrières.

Avis :

Quand on évoque les grosses sagas horrifiques, du moins celles qui dépassent les trois métrages, on pense immédiatement aux grands classiques comme Les Griffes de la Nuit, Halloween ou encore Vendredi 13. Pourtant, il existe d’autres franchises, un peu moins connues, qui ont leur lot de films. On peut citer en vrac les Puppet Master, Leprechaun ou encore Phantasm. Et c’est bien de cette dernière franchise que l’on va parler maintenant, car malgré son désamour plus ou moins global, elle détient quelques moments plutôt plaisants. Née en 1979 avec un premier film bordélique mais posant les bases d’une mythologie étrange et novatrice, ce n’est que neuf ans plus tard que Don Coscarelli va livrer une suite, plus jouissive que ce premier film et imposant The Tall Man comme un boogeyman mystérieux et sans pitié. Le succès est plutôt au rendez-vous et malgré des critiques mitigées, le film va permettre de continuer la saga avec un troisième volet au milieu des années 90. Sobrement intitulé Lord of the Dead, on pouvait craindre que la franchise ne s’enlise dans une comédie horrifique nanardesque, l’humour débile prenant le pas sur l’horreur. Et si c’est un peu le cas sur certaines phases, il n’en demeure pas moins que ce troisième opus s’avère finalement fort sympathique.

Comme pour le précédent opus, le film débute là où s’était arrêté le deuxième volet. A savoir que l’on laisse Reggie sur le bord de la route à moitié mort à cause des blessures infligées par le Tall Man et Mike se retrouve dans la merde, enfermé dans la voiture du méchant. Très rapidement, on va s’apercevoir que Reggie n’est pas mort, il est seulement légèrement blessé et il va sauver Mike des griffes du boogeyman en abattant plusieurs nains et en menaçant de se faire exploser avec Mike. Dès lors, le Tall Man s’en va, promettant de revenir une fois Mike remis sur pied. Malheureusement, lorsque ce dernier se sent mieux, il se fait enlever par magie par le méchant et Reggie part à sa rechercher, traverser plusieurs villes fantômes et se faisant ainsi de nouveaux camarades en la présence de Tim, un jeune garçon farouche et Rocky, une jeune femme qui maîtrise le nunchaku. Un peu comme pour le deuxième film, Phantasm III part très loin dans le délire de l’équipe commando qui va vouloir dessouder du grand méchant. La seule grosse nuance, c’est qu’ici, on est plus dans une mission de sauvetage qu’une mission d’extermination. D’un point de vue scénaristique, le film ne livre pas grand-chose de nouveau. Il reprend ses allures de road movie, insère toujours un peu d’humour en la présence de Reggie et son caractère d’éternel coureur de jupons, puis on passe assez vite à une partie action/horrifique lorsque le petit groupe arrive dans le mausolée. Rien de bien novateur, si ce n’est un approfondissement profond de la mythologie.

Il faut bien se dire que Phantasm laisse énormément de champ libre à l’imagination et ne se fixe aucune limite. On va vite le découvrir ici avec un Tall Man qui apparait et disparait dans les rêves, une sphère devient l’allié des gentils car elle renferme le cerveau de Jody, le grand frère de Mike, les parties du Tall Man se transforment en créatures de cauchemar, bref, il y a à boire et à manger et Don Coscarelli ne s’en formalise pas, laissant libre cours à une imagination débordante, parfois un peu trop. Mais cela permet aussi d’assoir une mythologie inédite et très intéressante. Si les origines du Tall Man sont inconnus, et que ses motivations restent flous, on va en apprendre plus sur l’origine des boules, ces sortes de drones ayant une conscience propre, mais aussi sur les pouvoirs de ce boogeyman imposant et énigmatique. Comme pour les épisodes précédents, il y a une sorte d’inéluctabilité qui se dégage du grand méchant et de ses desseins. Rien ne semble l’arrêter et il garde cette image de mort personnifiée qui enfante non seulement des nains agressifs, qui ne seront que des sbires, mais aussi des sphères qui constitueront une armée. On sera même surpris que finalement, l’incarnation même du Tall Man ne soit qu’une boule dorée comme les autres, mais qui semble douée d’une conscience propre. Bref, malgré les ressemblances structurelles entre le deuxième et le troisième opus, on voit bien que celui-ci ne sert pas à rien, il approfondit tout de même une mythologie inédite.

Le problème, on le sent venir à grands pas dans les prochains films, c’est l’omniprésence de l’humour. Un humour un peu lourd qui va s’installer ici de façon un peu grossière. Si Reggie, héros malgré lui, reste fidèle à lui-même en tant que dragueur invétéré et chanceux devant la mort, on aura l’impression d’avoir des moments forcés. Prenons par exemple le personnage de Rocky, qui ne se bat qu’avec un nunchaku. Cela fait un peu nanar dans l’esprit et colle mal à l’ambiance glauque et sale générale. Tout comme Tim, ce jeune garçon qui sait parfaitement manier les armes à feu et qui va même tuer des malfrats dans sa maison, sorte de Kevin McAllister psychotique. Ces deux ajouts demeurent un peu fades et manquent cruellement de background. Il en va de même avec Mike, la pleurnicheuse, qui ne sert strictement à rien à part subir les attaques répétées d’un Tall Man iconique et qui prend du galon ici. Ses apparitions sont intéressantes car elles le rendent encore plus imposant. En choisissant des saturations de lumière entre le vert et le rouge, il y a une véritable volonté de mettre en avant ce boogeyman qui a rejoint finalement toutes les figures horrifiques les plus connues.

Enfin, le film garde cette folie qui l’habite depuis le deuxième opus. Le rythme est condensé, ça va relativement vite, il y a peu de temps mort et en plus de cela, on regarde une espace de décomplexion au niveau du gore. Si le numérique commence à faire son apparition pour les apparitions et disparations de Jody quand il se transforme en boule, c’est surtout les effets artisanaux qui font être d’excellente qualité. On retrouvera des passages gores bien sales, notamment quand le petit garçon va lancer sa hache dans la tronche d’une nana, ou quand cette dernière, transformée en zombie, va se faire transpercer par une sphère. C’est toujours aussi jouissif, voire même drôle, et la mise en scène va dans ce sens, s’octroyant même de grosses cascades et des plans mieux gérés, plus impressionnants. On sent que le budget a été revu à la hausse pour cet opus. Et bien qu’imparfait, on préfère regarder le verre à moitié plein.

Au final, Phantasm III est une suite qui reste en dessous des deux premiers films, mais qui garde une certaine aura. Si on sent que l’humour lourdaud est un peu forcé et que le scénario manque de profondeur, Don Coscarelli livre quand même un film honnête, qui accentue sa propre mythologie, s’abrogeant même de certaines règles pour correspondre au mieux à son titre, le fantasme et la fantasmagorie. En bref, mais des défauts évidents et une ficelle qui commence à s’user, Phantasm reste une franchise de qualité pour l’instant, en attendant sa dégringolade…

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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