novembre 30, 2020

Le Hérisson

De : Mona Achache

Avec Josiane Balasko, Garance Le Guillermic, Togo Igawa, Anne Brochet

Année : 2009

Pays : France, Italie

Genre : Comédie, Drame

Résumé :

L’histoire d’une rencontre inattendue : celle de Paloma Josse, petite fille de 11 ans, redoutablement intelligente et suicidaire, de Renée Michel, concierge parisienne discrète et solitaire, et de l’énigmatique Monsieur Kakuro Ozu.

Avis :

Personnalité du paysage du cinéma français plutôt discrète, Mona Achache est une réalisatrice qui est pleine de projets et d’ambition. Elle débute sa carrière au tout début des années 2000, alors qu’elle vient d’être maman à l’âge de vingt ans. La toute jeune cinéaste réalise alors un documentaire sur la naissance. Par la suite, elle travaillera à l’écriture et la réalisation de courts-métrages, « Suzanne » et « Wawa » et c’est ce qui la fera remarquer et lui débloquera le financement pour son premier film de cinéma.

« Le hérisson » est un film que j’avais envie de voir presque uniquement parce qu’il met en scène Josiane Balasko dans un rôle dramatique. Je ne savais pas à quoi m’attendre, je ne savais même pas de quoi le film parlait et même si, dans l’ensemble, la séance fut plutôt sympathique, notamment grâce à une Balasko absolument parfaite, je dois aussi avouer que « Le hérisson » est un film dans lequel j’ai eu du mal à entrer. Un film qui, du moins dans ses débuts, rassemble tant de clichés du cinéma français, que même si parfois la suite est devenu tendre et attachant, il y a ce sentiment de ne pas avoir pu pleinement jouir de ce film et c’est dommage.

Paloma, onze ans, a déjà une idée toute faite de la vie et surtout de la sienne. Paloma est née dans une famille bourgeoise parisienne. Sa mère est dépressive et parle à ses plantes, sa sœur est superficielle et son père est ministre. Paloma, du haut de ses onze ans, voit tout ce petit monde et les autres se démener dans leur vie et pour elle, ce ne sont que des poissons rouges dans un bocal. Pour la petite fille, il est absolument hors de question de vivre ici, alors elle prend une décision radicale. Aujourd’hui, c’est la rentrée scolaire, et elle se laisse jusqu’au mois de Juin, jusqu’aux vacances, et une fois cette année d’école terminée, elle se suicidera. Voilà la décision est prise, et maintenant armée de sa caméra, la jeune Paloma s’apprête à filmer sa dernière année de vie…

« Le hérisson« , c’est un film qui est inégal, aussi bien dans ce qu’il raconte que dans l’intérêt qu’il suscite. Débordant de clichés dans lesquels le cinéma français a pris un peu trop l’habitude de s’enfermer, la découverte du premier film de Mona Achache va être aussi compliquée qu’elle va être paradoxalement plaisante, voire très plaisante dans certains de ses aspects.

Coupé en deux partie, la prise de cette décision pour la jeune Paloma et les quelques jours avant sa fin d’année scolaire, « Le hérisson » est un film qui tient un scénario qui a ses qualités et ses défauts. C’est un scénario qui est capable de la plus belle des tendresses et d’exploser ses clichés pour les rendre très touchants et en même temps qui est capable de philosopher sur la vie, à travers le personnage d’une jeune surdouée, qui en devient irritante.

Si l’on s’attarde sur le début du film et donc sur le personnage de Paloma, ce premier film pour Mona Achache est parfaitement insupportable. Intellectuel à fond, déprimant, agaçant, le film nous propose de suivre une jeune fille plus intelligente que la moyenne, qui a décidé d’en finir et elle nous explique presque avec dédain pourquoi la vie ne vaut pas le coup. Le tout est lourd, et surtout comme le personnage est agaçant, on se retrouve devant un film qui est peu attachant. Puis arrive la seconde partie, qui va peu à peu mettre ce personnage de côté pour s’intéresser à Renée, la concierge de l’immeuble parfaitement tenue par une Josiane Balasko bluffante du début à la fin du film. Elle aussi est dépressive, elle est bourrue, mais elle est plus que ça et finalement derrière cette carapace qu’elle s’est créée, le film dévoile un personnage très touchant. Un personnage qui élève d’un coup tout le film et ça, même si elle joue des clichés. Plus on se rapproche de la date du possible suicide de cette gamine insupportable et plus on est touché par l’histoire de cette femme, de ses principes, et surtout de cette relation qui naît avec l’un de ses nouveaux voisins. Voisin incarné avec délice par Togo Igawa.

Si le scénario nous laisse de marbre quand il traite des sujets comme la dépression et le manque d’espoir autour de cette jeune fille qui à la vie devant elle et qui décide d’en finir, il devient presque sublime quand il s’attarde sur sa concierge, sur cette idée qu’elle n’existe pas vraiment aux yeux des gens et qu’au-delà de ça, finalement, on ne regarde pas assez les gens qui nous entoure. Quand Mona Achache agace d’un côté, elle touche au cœur de l’autre et finalement son film ne fait que se balancer entre ces deux sentiments et à la longue, alors que l’on aurait pu en sortir agacé, traînant les pieds tant ce dernier aurait pu être déprimant, on en ressort certes mitigé, mais surtout touché avec la sensation d’avoir passé un petit, mais joli moment de cinéma.

« Le hérisson » est un petit film imparfait. C’est un film qui a ses défauts, mais aussi et surtout ses qualités et l’un dans l’autre, ce sont ces derniers qui ressortent finalement. Certainement pas essentiel, loin d’être marquant, il n’en demeure pas moins que ne serait-ce que pour tout ce qui est fait autour du personnage impeccablement tenu par Josiane Balasko, ce « … hérisson » mérite qu’on s’y arrête au moins une petite fois.

Note : 12/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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