L’Homme est une Femme Comme les Autres

De : Jean-Jacques Zilbermann

Avec Antoine De Caunes, Elsa Zylberstein, Gad Elmaleh, Michel Aumont

Année : 1998

Pays : France

Genre : Romance, Drame

Résumé :

Rosalie Baumann a été élevée à New York dans la tradition hassidique et se garde secrètement pure pour l’homme de sa vie. Elle chante en yiddish avec une magnifique voix de soprano et fait en France la tournée des centres culturels. Simon est clarinettiste. Il n’aime que les garçons et a tourné le dos depuis longtemps à sa famille et à la tradition juive. Quand Rosalie rencontre Simon pour la première fois, elle tombe amoureuse.

Avis :

Jean-Jacques Zilbermann est un réalisateur français qui ne fait pas vraiment de vague. Il commence dans les années 70 avec des documentaires, mais c’est dans les années 80 qu’il fait vraiment parler de lui en rachetant et rénovant deux salles de cinéma mythiques, l’Escurial et le Max Linder Panorama. Son premier long-métrage de fiction, il le réalise en 1993, une comédie baptisée sobrement « Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes » avec en vedettes Josiane Balasko et Maurice Benichou.

Cinq ans après cette petite comédie, Jean-Jacques Zilbermann revient avec nouvelle comédie, une de celles qui deviendra culte dans certains milieux, « L’homme est une femme comme les autres« . Je me souviens que, ado, ce film avait beaucoup compté pour moi, mais cela devait bien faire une bonne quinzaine d’années que je ne l’avais pas revu. Petite comédie amusante, dotée d’un sujet profond, ce second métrage de Jean-Jacques Zilbermann reste un petit moment de cinéma devant lequel on s’amuse des quiproquos, autant que des situations dans lesquelles peuvent se retrouver les personnages. Mais derrière la comédie, finalement, « L’homme est une femme comme les autres » est un métrage qui étonne par son audace, celle de mélanger l’homosexualité et la religion. Bref, alors qu’il vient de passer le cap des vingt ans, le film de Jean-Jacques Zilbermann demeure toujours aussi sympathique à découvrir.

Simon, la trentaine, est juif et homosexuel au grand drame de son grand-oncle. D’ailleurs, ce dernier, voyant que sa lignée s’arrêterait là, propose un marché à Simon, dix millions de francs et un hôtel particulier si celui-ci se marie et fait un enfant. Au départ répugné par ce marché, Simon, à force d’insistance de la part de sa mère, finit par accepter… Sa future femme, Rosalie Baumann, une jeune femme bien sous tout rapport. Elle chante Yiddish, elle suit la Torah à la lettre et en plus de ça, elle a eu un petit coup de cœur pour Simon quand elle l’a vu jouer de la clarinette au mariage de son cousin…

Quand on survole le synopsis de « L’homme est une femme comme les autres« , le second métrage de Jean-Jacques Zilbermann a de quoi nous amuser fortement, et à l’écran, le film est une petite comédie qui fonctionne très bien. L’idée d’un faux mariage pour toucher beaucoup d’argent est amusant et surtout le réalisateur livre un film qui tient un ton assez cinglant, offrant des quiproquos drôles et surtout des répliques qui font mouche.

Mais ce que l’on avait pas prévu dans cette histoire, c’est que finalement, derrière les blagues, « L’homme est une femme comme les autres » serait un film plus profond et peut-être même plus avant-gardiste qu’il n’en a l’air, car il touche à des sujets qui sont assez tabous, surtout quand on replace le film dans son époque. Sans jamais tomber dans la caricature ou dans l’excès, Jean-Jacques Zilbermann aborde l’homosexualité dans le milieu juif, et il fait se confronter cette dernière à la religion, presque extrémiste et ça, c’est assez audacieux, en plus de donner lieu à un film qui, comme je le disais, derrière les blagues, va être plus touchant qu’on ne l’aurait pensé. Le scénario, quand il se fait profond, parle assez bien de cette frontière et du fait de vivre caché pour certains, quand d’autres peuvent s’exposer au grand jour. Le film parlera aussi d’une certaine hypocrisie, notamment à travers ce marché passé pour avoir une descendance et garder ainsi un nom. Puis derrière encore, toujours dans l’émotion, « L’homme est une femme comme les autres » surprend en tissant une très belle relation entre Simon et Rosalie. Il y a vraiment quelque chose qui se dégage de ces deux personnages. Bon, il faut dire aussi qu’Antoine De Caunes et Elsa Zylberstein font un duo de cinéma parfait. Toujours pour rester du côté du casting, on pourra citer les interprétations drôles ou touchantes de Michel Aumont, Gad Elmaleh, Maurice Benichou, Judith Marge ou Catherine Hiegel.

Entre comédie et film plus sérieux, Jean-Jacques Zilberman ne choisit pas et oscille avec fluidité et intelligence entre les deux, et le portrait qu’il en ressort donne naissance à un film attachant. Bien entendu, il a ses maladresses, et offre de petites déceptions comme ce final qui est un petit paradoxe entre justesse et déception, car on aurait aimé autre chose. On notera aussi que le film se fait un peu longuet, tournant un peu en rond sur son centre, ne sachant pas vraiment comment aller vers sa fin. Mais bon, sur l’ensemble, cela reste amusant, touchant et finalement satisfaisant.

« L’homme est une femme comme les autres » est donc un film sympathique que nous offre Jean-Jacques Zilbermann. Le réalisateur évite les caricatures, il évite les clichés, il nous offre des personnages attachants, et il ose confronter homosexualité, religion et famille. Bref, s’il lui manque quelque chose pour être un grand film, « L’homme est une femme comme les autres« , n’en demeure pas moins une bonne petite comédie dramatique qui se déguste gentiment.

Note : 13/20

Par Cinéted

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