L’Attaque du Requin à 5 Têtes

Titre Original : 5 Headed Shark Attack

De : Nico De Leon

Avec Chris Bruno, Nikki Howard, Lindsay Sawyer, Jeffrey Holsman

Année: 2017

Pays: Etats-Unis

Genre : Nanar

Résumé :

Un grand requin blanc à cinq têtes sème la pagaille à Puerto Rico.

Avis :

Il existe sur Terre des choses inexplicables. La télé-réalité, Cyril Hanouna ou encore les choux de Bruxelles sont autant d’exemples qui ne peuvent que confirmer ces dires. C’est le genre de chose que l’on ne proposerait pas à un extraterrestre, sauf si l’on voulait déclarer une guerre universelle. Ces choses inexplicables s’appliquent sur tous les médiums. On retrouve des livres venus d’ailleurs, des musiques qui peuvent faire saigner les tympans d’un sourd et même des films qui nuisent gravement à la santé mentale. Et The Asylum, en partenariat avec Syfy, se sont jurés de rendre fou une partie de la population avec des nanars astronomiques, des requins mutants, des pieuvres combinées avec des loups ou encore des amas de pixels que nous n’avons pas encore défini. Et à la question : pourquoi regardes-tu de tels films ? Je répondrai : parce que pour apprécier un bon film, il faut savoir en voir des pas bons. Et si on me rétorquait : Tu n’as qu’à regarder les blockbusters du moment, ça suffirait amplement. Je répondrai : merde ! Parce que bon, L’Attaque du Requin à 5 Têtes, faut avoir un sacré grain de sable dans le cortex pour pondre un truc pareil.

The Asylum nous avait déjà gratifiés de l’attaque du requin à deux, puis à trois et à quatre têtes. Voici que déboule alors la cinquième tête avant qu’une sixième ne pousse (oui, oui, le film existe !). Inutile de chercher un quelconque scénario dans ce métrage, il n’y en a pas, le seul but étant de montrer une bande de pèquenots qui tentent de survivre sur un bateau alors que ledit requin les attaque. C’est-à-dire que là, on ne chercher même plus des origines au requin mutant. Dans celui à trois têtes par exemple, la mutation provenait de déchets toxiques dans la mer, histoire de glisser un message écologique grossier. Ici, on fait face à un requin avec quatre têtes devant et une tête à la place de la queue. Exit donc le message un petit peu intelligent, on fonce droit dans le tas avec un aquarium qui veut récupérer un requin et qui se retrouve la proie d’un mutant agressif. Bas du front, assumant parfaitement sa bêtise, ce cinquième opus reste finalement plus honnête que les précédents dans sa démarche crétine assumée et grotesque.

Bien évidemment, quand on regarde ce genre de film, on sait à quoi s’attendre, c’est-à-dire des effets spéciaux ignobles, des personnages crétins, des discours frôlant le mauvais goût et des morts tellement débiles que cela en devient drôle. Le film réunit presque tous ces ingrédients. En effet, seules les morts débiles ne seront pas vraiment au rendez-vous. On aura de la barbaque, du sang synthétique, mais les morts sont répétitives et pas vraiment bien mise en scène. Le requin saute, attaque, mord, et ensuite, on a un gros plan sur ce qu’il met dans ses gueules, mais c’est tout. C’est un poil tristounet car ce n’est finalement pas amusant. Même l’attaque des surfeurs manque de punch et de nawak. Fort heureusement, le reste y est. Les effets spéciaux par exemple sont d’une laideur abjecte. Le requin ne ressemble à rien, certains plans reviennent pour faire des économies sur les effets numériques, et on aura même droit à une baleine à bosses pixélisée. Comme d’habitude, l’attaque d’un hélicoptère viendra clore une apothéose de mauvais goût.

Les personnages, quant à eux, sont d’une bêtise affligeante. On aura droit au patron vénal de l’aquarium qui se fout un peu beaucoup de la vie de ses employés et qui veut récupérer ce requin pour attirer le chaland. On comptera aussi la belle brune intelligente qui ne servira à rien à part à faire valoir le pêcheur badass, qui n’est autre que son mari. Ici, les relations n’auront ni queue ni tête, puisqu’elle est vegan, protège les animaux, et lui pêche et tue pour son bon plaisir. M’enfin, on est chez Asylum hein ! On aura aussi la sublime blonde qui fait la gueule car elle n’arrive pas à faire le deuil de son amie, bouffée dès le départ du film, et son petit copain a bien du mal à la réconforter. Bref, des personnages sans épaisseur, sans saveur et qui auront un charisme de moule. Le comble pour un film de requin. Et on ne parlera pas des dialogues, écrits à la truelle, essayant de faire de l’humour graveleux qui ne fonctionne qu’à moitié. Le coup du type qui annonce aimer tout ce qui mouille et jette un regard à sa dulcinée, c’est un peu limite. Cependant, certains échanges sont drôles tellement ils sont gros et on se surprendra à ricaner une paire de fois sur des échanges débiles mais ayant un bon timing. C’est très rare pour du Asylum et c’est à noter. Bien sûr, le film est complètement raté, c’est d’une rare bêtise et on aura même droit à des faux raccords flagrants comme cette main qui traine pour protéger une actrice qui saute à l’eau alors qu’elle est seule à l’endroit où elle se trouve, mais c’est tellement régressif que ça en devient presque hypnotique.

Au final, L’Attaque du Requin à 5 Têtes est sans surprise une immonde bouse dans le domaine du septième art, mais c’est moins pire que ce à quoi on pouvait s’attendre. En effet, certaines blagues passent bien et le fait de ne pas glisser de messages écolos ou sociaux tend à faire croire à une certaine honnêteté dans la bêtise crasse. C’est con, ça s’assume, c’est mal fichu et ça ne raconte rien, mais c’est moins cynique que bons nombres d’autres productions Asylum. Certes, ça ne vaut absolument pas le coup d’œil (sauf pour les deux actrices principales qui sont très jolies), mais bon, qu’est-ce que vous voulez, parfois, des sacrifices sont nécessaires pour prêcher la bonne parole.

Note : 05/20

Par AqME

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