décembre 2, 2020

1520 par le Sang du Glaive

HTV

Titre Original : The Headsman

De : Simon Aeby

Avec Nicolaj Coster-Waldau, Peter McDonald, Steven Berkoff, Julie Cox

Année: 2005

Pays: Angleterre, Allemagne, Luxembourg, Hongrie, Suisse, Autriche

Genre : Historique

Résumé :

Les orphelins Martin et Georg ont passé leur enfance ensemble mais ont pris des chemins vraiment différents en tant qu’adultes. Georg a suivi l’appel de l’Eglise tandis que Martin devient capitaine dans l’armée. Quand le destin place Martin dans le rôle du bourreau, il doit choisir entre l’amitié ou la doctrine.

Avis :

Les films historiques, il y en a une pelletée, mais tous, ou presque, traitent des mêmes sujets, ou tout du moins de la même période en fonction de l’âge évoqué. Par exemple, les films historiques de 39/45 parlent de batailles durant la Seconde Guerre Mondiale. Les films du Moyen-Age vont parler de la peste ou de chamailleries pour récupérer un château. On en arrive à un tel point que trouver quelque chose d’original dans le film historique, il faut partir dans de lointaines contrées et trouver des métrages qui parlent de l’histoire d’autres pays, comme le sublime Apocalypto de Mel Gibson ou encore Le Signe du Païen de Douglas Sirk dans une moindre mesure. Simon Aeby est un réalisateur britannique qui ne brille pas par la prolifération de son travail. En effet, 1520 par le Sang du Glaive est son second et dernier film en date (cela fait 11 ans que l’on n’entend plus parler de lui) et il avait réalisé Three Below Zero en 1998, un drame qui n’a même pas connu de sortie en France. Cependant, avec ce dernier film, il opte pour un pays qui n’est pas réputé pour son histoire, la Suisse, et il va y placer une intrigue intimiste afin de mieux critiquer la religion.

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Car il ne faut pas se fier à la jaquette mensongère du film (qui n’est pas sorti en salles mais directement en DVD), 1520 par le Sang du Glaive n’est pas un film d’action et encore moins un film historique narrant une bataille enragée. En fait, il s’agit d’un drame intimiste mettant en avant deux amis d’enfance qui auront des destinées différentes, mais qui seront obligés de se recroiser à cause de l’Eglise et de l’inquisition. Et ce choix plutôt intimiste est relativement bien vu car on se doute bien qu’au niveau du budget, ce n’était pas la joie, malgré un casting plutôt intéressant avec quelques têtes d’affiche dont Eddie Marsan ou encore Nicolaj Coster-Waldau, désormais connu comme le régicide de Game of Thrones. Quoiqu’il en soit, le film fait la part belle aux relations qu’entretiennent les deux personnages principaux, l’un prêtre et dévot de Dieu et l’autre chef des armées qui s’éprend de la fille du bourreau, devenant bourreau à son tour et donc intouchable par les curetons. De là va naitre une certaine rivalité entre eux puisque les croyances de l’un vont être mise à rude épreuve par les réflexions de l’autre.

Et tout part d’une exécution d’un homme qui vit pieusement et qui estime qu’il n’y a pas besoin d’or pour sentir Dieu. C’est à partir de là que la foi du prêtre va être remise en cause et que le réalisateur appuie son propos contre une église qui a des partis pris et qui n’hésite pas à tuer à tours de bras pour asseoir sa puissance. Le film met bien en avant les abus du clergé et l’absence d’humanité de l’inquisition, qui s’impose comme une force de frappe divine, mélangeant massacre et croyance. On ressent bien toute l’amertume du cinéaste dans certains passages, où il n’hésite pas à montrer des visages grotesques, déformés par la haine de la part des religieux, des hommes prêt à tout pour garder le pouvoir et les richesses, faisant croire au peuple que Dieu est tout puissant. Cette critique de la religion est vraiment l’aspect le plus puissant du film et Simon Aeby insiste vraiment là-dessus.

Cependant, c’est bien le seul truc de sympathique dans le métrage. Non pas que le reste soit mauvais, ou inintéressant, mais tout cela sent le réchauffé et le remplissage, tant et si bien que le film aura du mal à passionner. Il faut dire que le travail sur la relation duelle entre les deux protagonistes principaux reste assez basique et que l’intrigue est cousue de fil blanc. Il n’y a pas de grande surprise dans le déroulement des évènements et les quelques moments de palabres sont assez ennuyeux et épuisants par leur niaiserie. En fait, la seule chose qui fait avancer l’histoire, c’est l’arrivée de l’inquisition et la prestation de Steven Berkoff, complètement habité par ce rôle de fou de Dieu à la lame facile. Le reste des personnages secondaires n’est pas forcément intéressant et leurs rôles n’auront pas de grande incidence. Tout va très vite aussi dans les relations humaines. Il suffit d’un regard entre le héros et la fille du bourreau pour que le soir ils couchent ensemble. Il y a de grosses ellipses temporelles assez impromptues et cela donne une sensation de travail non terminé, ou fait à la va-vite.

D’autant plus que la réalisation n’est pas très ingénieuse. Dès le départ, le montage hyper cut fait mal aux yeux et n’arrive pas à installer une atmosphère médiévale satisfaisante. On ne ressent pas la pauvreté, la rudesse de la météo ou encore le brouhaha d’une foule fourmillant dans un marché. Mais ce n’est pas tout. Certaines séquences frôlent la parodie, notamment lorsque les deux protagonistes se retrouvent et s’enlacent et à d’autres moments, on sent que le film est fauché, à cause de plans bringuebalants ou de passages hésitants. Enfin, le fond vert final est absolument imbuvable, surtout pour un film contemporain et trouver une vallée ne doit pas être si compliqué que cela pour éviter des incrustations dégueulasses.

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Au final, et malgré tout le mal que l’on puisse penser de ce film, 1520 par le Sang du Glaive n’est pas un si mauvais film en soi. Il sent bon l’honnêteté et la volonté de faire un travail bien fait sur la religion et une époque pas très connue. Et si on peut aisément critiquer la technique et certains points faibles du scénario, la critique acerbe de la religion est bien prégnante et montre toutes les dérives d’un système religion qui partira à la dérive. Bref, un film moyen mais qui sauve les meubles par un propos intelligent et presque nécessaire.

Note : 11/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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