octobre 26, 2020

Police Fédérale Los Angeles

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Titre Original : To Live and Die in L.A.

De: William Friedkin

Avec William L. Petersen, Willem Dafoe, John Pankow, Debra Feuer

Année: 1985

Pays: Etats-Unis

Genre: Thriller

Résumé:

Richard Chance est un flic tête brûlée, obsédé par la traque du faussaire Rick Masters. Le jour où son co-équipier est abattu alors qu’il menait une opération en solo, Chance décide de monter un coup tordu des plus illégaux en braquant un convoyeur de fonds… qui s’avère être un agent du FBI infiltré, et qui est abattu accidentellement. Obstiné, Chance continue à tendre son piège autour de Masters, malgré le déluge de violence qui s’abat autour de lui.

Avis:

Natif de Chicago, William Friedkin est l’un des réalisateurs américains les plus sulfureux et radicaux qui soit. Sa filmographie est parcourue de chefs d’œuvres et autres classiques depuis la fin des années 60. « L’exorciste« , « La chasse« , « Le convoi de la peur« , « French Connection« , « Traqué » et dernièrement « Killer Joe« , le réalisateur traverse les années avec une aisance folle et chacun de ses films se fait attendre et désirer, comme le cadeau ultime d’une année de cinéma.

Alors qu’il vient d’entrer dans les années 80 de manière on ne peut plus brutale avec « La chasse« , un thriller glauque qui navigue dans le milieu gay sm, le réalisateur revient, après l’inaperçu « Le coup du siècle« , avec « Police fédérale Los Angeles« , une plongée en forme de coup-de-poing en pleine face dans une traque entre un policier et un faussaire. Si au départ, le film aurait l’air commun et déjà vu, William Friedkin va surprendre tout le monde et offrir un film violent, lourd et dur. Un film nerveux comme lui seul en a la recette et l’on en ressortira déboussolé avec la satisfaction d’avoir vu un grand film, mais aussi l’un des meilleurs du réalisateur qui ne cesse de surprendre.

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Richard Chance est un policier investi qui prend à cœur ses enquêtes. Mais le jour où son coéquipier, qui enquêtait en solo, se fait abattre par Rick Masters, Richard décide de traquer le faussaire coûte que coûte et cela même s’il doit entrer dans l’illégalité en montant un coup tordu. Mais le policier va alors déclencher une réaction en chaîne incontrôlable et jamais une enquête n’aura été aussi violente et dangereuse.

Âpre, violent, enragé même et tout simplement magistral, voilà des mots qui décrivent cette enquête palpitante du maître Friedkin.

Ce qui est terrible chez Friedkin, c’est qu’il a l’art et la manière de partir d’un scénario pour le moins très classique, ici, un policier veut venger la mort de son coéquipier, pour en faire un grand film, qui vous prend aux tripes pour ne plus vous lâcher. Le scénario est palpitant de bout en bout et totalement imprévisible. L’enquête prend un peu de temps à se mettre en place, c’est vrai, mais c’est pour mieux surprendre son spectateur. Ce « Police Fédérale Los Angeles » n’est qu’une montée en tension, le film va crescendo, William Friedkin ne lâche rien de sa tension et de son intrigue. Le film va aller de mal et pis pour ses personnages qui se sont fourrés dans un piège où l’on a bien du mal à voir une issue heureuse. Le réalisateur joue avec une certaine frontière offrant des personnages qui ne sont ni blancs, ni noirs, tous sont nuancés, partagés entre le bien et le mal, dépassant la limite de l’intégrité, posant une réflexion sur la justice et la vengeance. Le portrait est dur, rude et on aime l’imaginer réaliste, d’où le fait que le film soit dérangeant.

Si le scénario est d’enfer, William Friedkin sait comment le rendre encore plus intense avec une réalisation à couper le souffle. Novatrice, impeccable, nerveuse, le film offre tout ce qu’on avait envie de voir et le tout dirigé par l’œil du maître. L’ambiance est virulente et inattendue. Le film est très sombre et pourtant la photographie est très claire. Les courses-poursuites sont démentes et interminables, le film est parcouru de scènes scotchantes qui ne sont pas près de nous abandonner. Et enfin le réalisateur réinvente le concept musical, rythmant les gestes de ses personnages ou encore les actions avec la musique de Wang Chung. Cela donne quelque chose de génial, étonnant et inhabituel à suivre. Bref, encore une fois, William Friedkin démontre sans mal qu’il est bien l’un des réalisateurs contemporains les plus passionnants à suivre.

« Police Fédérale Los Angeles« , c’est une pléiade d’acteurs tous plus talentueux les uns que les autres et qui sont au début de leur carrière. Mené par un William L. Petersen (Grissom des « Experts« ) nerveux comme il faut, on aura plaisir à découvrir un Willem Dafoe sadique et charismatique, un John Pankow fidèle, tourmenté et attachant et un John Turturro génial en petite frappe. Puis, on trouvera deux actrices, Darlanne Fluegel et Debra Feuer qui sont sexy en diable. Enfin comment ne pas mentionner Dean Stockwell.

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William Friedkin frappe donc très fort avec ce « Police Fédérale Los Angeles » et confirme tout le bien qu’on pensait de lui. Son film est un polar sombre, comme on n’en voit que trop rarement et une fois fini, on se rend compte que l’expérience était si bien qu’on aurait aimé qu’elle ne finisse pas.

Note : 18/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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