Not Quite Hollywood

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Titre Original : Not Quite Hollywood: the Wild, Untold Story of Ozploitation

De: Mark Hartley

Avec Abigail, Phillip Adams, Christine Amor, Glory Annen

Année: 2010

Pays: Etats-Unis, Australie

Genre: Documentaire

Résumé :

Dans les années 70 et 80, le cinéma australien amorce sa nouvelle vague. Une multitude de films de séries B sortent alors sur les écrans : horreur, action et érotisme deviennent les genres favoris du public. « Not Quite Hollywood » revient sur cette période.

Avis :

Australien, Mark Hartley s’est fait connaitre en réalisant des clips et des courts-métrages. Amoureux de cinéma, il se lance alors dans le documentaire qui aborde des genres de cinéma. Il est passé une seule fois derrière la caméra pour une fiction, en réalisant le remake de « Patrick« , un film de Richard Franklin sorti en 1978. Depuis, il est retourné au documentaire.

« Not Quite Hollywood« , c’est le premier long métrage de Mark Hartley. Pour son premier documentaire, ce fan de cinéma a décidé d’aborder un sujet dont on ne parle quasiment jamais, le cinéma d’exploitation australien, ou autrement dit, le début du cinéma australien. Ces films un peu vulgaires et nanardesques, qui ont permis à ce que le cinéma australien puisse aujourd’hui avoir une vraie industrie.

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Avant de pouvoir produire des films tels qu’ »Animal Kingdom« , « Australia« , « Ned Kelly » ou « Le Chemin de la liberté » et le dernier « Gatsby le Magnifique« , il a fallu une sacrée évolution et révolution et c’est ce que Mark Hartley raconte avec  » Not Quite Hollywood« .

De « Razorback » à « Mad Max« , de « Phantasm » à « Mad Dog Morgan » ou « The Adventures of Barry McKenzie« , le cinéma australien est avant tout une bande d’allumés qui,en voulant divertir leur pays, se sont lancés sans le savoir vraiment dans un bouleversement des cultures et c’est grâce à eux que Baz Luhrmann, Andrew Dominik ou David Michôd travaillent aujourd’hui.

Le film de Mark Hartley est donc un très bel hommage à ces mecs, à ces années et à cette époque où le but était de s’éclater et qu’importe si les projets peuvent rapporter ou non. Quand on regarde « Not Quite Hollywood« , on se rend très vite compte que le film est empreint de nostalgie à chaque plan, chaque scène choisie pour illustrer le propos dans chaque interview. Le réalisateur, à travers les différentes interviews, déclare son amour à son pays et sa culture, tout en rendant un film extrêmement intéressant. On part littéralement à la découverte d’une naissance, avec tout ce qu’elle peut avoir de plus beau et de plus nul aussi. Ce qui est terrible dans le film de Mark Hartley, c’est que les différents intervenants en parlent avec toute la sincérité possible, évoquant pour un bon nombre, les bons souvenirs comme les mauvais et parfois même les très mauvais, et c’est assez touchant de voir certains acteurs en parler avec nostalgie et regret de cette époque où tout était permis alors que d’autres détestaient cette période de leur vie et je crois bien que pour rien au monde, ils ne referaient ces tournages.

Le film se divise en plusieurs grandes étapes, comme l’évolution du cinéma et les envies et l’évolution des mœurs. Très bien rythmé, le film s’ouvre sur l’envie de sexe des gens et le cinéma qui défie la censure. À travers les interviews, les protagonistes nous expliquent pourquoi ? Comment ? Les difficultés rencontrées, la nudité à l’écran, féminin et masculin, le sexe et l’envie d’être libre et potache. C’est drôle et touchant en même temps. Le réalisateur à travers les extraits de films choisis nous fait bien sentir ce vent de liberté qui soufflait sur toute une génération. Et c’est très plaisant de découvrir cette envie et tous ces vieux films qui ont mal vieilli mais qui ont leur charme grâce à la naïveté qu’ils dégagent.

C’est en toute logique qu’après le sexe, le film s’oriente sur l’horreur et l’Australie a alors produit un nombre incalculable de films d’horreur qui ont l’air aussi nuls que géniaux. Là aussi, le réalisateur a choisi des scènes folles et les intervenants en parlent comme l’apocalypse du cinéma. Ils avaient les couilles d’essayer des trucs nouveaux et surtout improbables, ne lésinant pas sur le gore et le dégueulasse, et c’est ce qui les rend d’autant plus cool.

Troisième étape avec l’arrivée des années 80, le cinéma d’exploitation se lance dans le cinéma d’action, explosant de la bagnole à tout-va, offrant son lot d’explosions et de héros. Rien ne se prend au sérieux et pour donner du marquant à l’écran, les mecs sont capables des cascades les plus dingues, ce qui amènera son lot d’accidents et même de décès.

Bourré d’anecdotes, de références, d’amour et de haine, Mark Hartley a réuni tout le gratin de l’époque et bien d’autres face à sa caméra, et on pourra apprécier les souvenirs de Richard Franklin, Jamie Lee Curtis, Dennis Hopper, Russell Mulcahy, Brian Trenchard-Smith, Lynette Curran pour les plus connus, mais il y en a tant d’autres, ce docu est une mine d’or. Puis c’est très drôle aussi d’entendre les différentes manières de vivre le tournage surtout qu’il n’y a pas de langue de bois. Par exemple, pour Dennis Hopper, c’était formidable, alors que pour le réalisateur ça a été un enfer avec anecdotes drôles et croustillantes à l’appui. Et des témoignages comme celui-là, le film en est plein.

Très ben vu aussi, le réalisateur parle de l’héritage de ces films en interviewant des réalisateurs connus et reconnus qui ont grandi avec ces films. Bien sûr, l’incontournable Quentin Tarantino est de la partie et en parle avec tant d’amour, qu’il donne envie de voir chaque film qu’il nous présente. On retrouve aussi James Wan et Leigh Whannell qui vont même faire des confessions sur le premier « Saw« .

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« Not Quite Hollywood« , c’est donc une très belle déclaration d’amour à ce cinéma de série B à Z, qui a tant apporté au cinéma australien. J’ai été autant passionné qu’amusé en regardant ce film. C’était intéressant, parfois absurde, souvent pathétique, mais toujours pertinent. Le réalisateur m’a franchement donné envie de découvrir la plupart de ces vieux films dont je ne soupçonnais même pas l’existence.

Un vrai bon documentaire, essentiel pour les amoureux de cinéma qui ont envie d’en savoir plus et de découvrir tout un tas de films qui ont l’air géniaux !

Note : 18/20

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Par Cinéted

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