décembre 2, 2021

Soulfly/Rob Zombie au Rockhal (Luxembourg)

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La salle de la Rockhal à Esch/Alzette (Luxembourg) sera entièrement dédiée au métal en cette soirée du 02 juillet 2014 où flottait encore dans l’air ambiant comme un sérieux parfum de Hellfest ! Soulfly et Rob Zombie étaient en effet tous deux présents du côté de Clisson à la plus grande messe hexagonale des amateurs de musique extrême deux semaines auparavant. Un festival au taux de décibels irréel dont le nom des groupes à l’affiche est à faire frémir une mémé Jeanine à deux doigts de la syncope ! Ouvrez grand les yeux et ce qu’il reste de vos oreilles : Black Sabbath, Iron Maiden, Slayer, Sepultura, Avenged Sevenfold, j’en passe et des meilleurs ! Mécontent d’être passé à côté de ce gigantesque évènement, on se rattrape donc comme on peut. Avec une salle de concert dans sa configuration « Club » pouvant accueillir jusqu’à 1100 âmes égarées (notons que le « main hall » peut quant à lui contenir une capacité d’environ 6500 spectateurs), la soirée s’annonçait conviviale avec un public très proche de la scène, emprunt à apprécier chaque prestation jusque dans ses moindres détails.

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Après avoir grignoté une part de pizza et enquillé quelques bières en douceur, nous voici fin prêt à voir débouler Soulfly, groupe de Thrash/Death métal aux influences multiples (des rythmes tribaux aux sonorités orientales en passant au reggae, si si !) fondé en 1997 par le légendaire Max Cavalera, ex frontman de Sepultura. Première chose qui peut paraître futile de prime abord, c’est que l’on découvre un Max qui a pris quand même pas mal de bidoche (ou de la brioche si vous préférez), il se présente face à nous limite bouffi, un détail qui a son importance dans le sens où la prestation du chanteur brésilien en pâtit, malheureusement. Max semble effectivement moins habité et beaucoup moins actif sur les planches que du temps de Sepultura et des débuts de Soulfly. Il est certain que le poids des ans doit aussi peser dans la balance (45 ans pour lui le 4 août prochain, presque 30 ans de carrière derrière lui, on comprend qu’il y a de quoi y laisser des forces), ce qui ne l’empêche pas avec ses zicos de chauffer la salle de manière décente avec une petite douzaine de morceaux. Le show démarre sur un « Blood fire war hate« , chanson d’ouverture primaire et décapante qui sonne pourtant un peu moins énervée que sur la version studio de l’album « Conquer » dont il est tiré. La curiosité du jour était aussi de savoir ce que pouvait valoir Zyon Cavalera, dissimulé derrières toms et cymbales, le fiston envoie sévère, possède un bon groove et devrait en toute vraisemblance se tailler une place de choix parmi les batteurs à suivre dans un avenir proche. Quelques pogos et circle pit plus tard, les guitares crachent une reprise de Sepultura qui fait du bien aux souvenirs (« Refuse/Resist« ), puis « Cannibal holocaust » et « Bloodshed« , deux chansons de « Savages« , leur dernier album en date (loin d’être notre préféré). Après un bref petit interlude reggae, les morceaux qui ont fait la renommée du groupe seront régurgités de fort belle manière, le genre gros riffs qui tâchent et qui arrachent ! : « Back to the primitive« , « Prophecy« , « Seek’n’strike« , « Tribe« , « Eye for an eye« , « Jumpdafuckup » (l’auteur de ses lignes sera quand même un peu déçu de ne pas avoir eu droit à au moins un titre de l’album « Dark ages » qu’il aime tant grrrrr…). Toujours pour les amateurs des anciens albums de Sepultura (et Dieu sait qu’il en reste !), Max s’égosille de sa grosse voix rauque sur les classiques tribaux « Roots bloody roots » et « Attitude » histoire de clore tout ça en beauté ! La prestation scénique sera jugée moyenne (un peu molle dans son ensemble), bien que le son ait été bon et que les chansons ont eu l’effet escompté sur les supporters du combo (on en fait également parti rassurez-vous). Mais Soulfly en première partie, ça reste un met de choix sur lequel on ne se risquera pas de cracher pour une mise en bouche.

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Petite pause, le temps d’installer le matos du Zombie et de sa bande, qui vu l’échelle de la scène ne déploiera pas l’artillerie lourde qu’on a pris l’habitude de voir sur les gros festivals et salles d’envergure massive (écrans géants, machines infernales, plates-formes, monstres géants, pyrotechnie, fumigènes etc…). Il faudra se contenter de backdrop (superbes au passage) avec des têtes de monstres de films d’horreur vintage en noir en blanc (King-Kong, le fantôme de l’opéra, Frankenstein etc…), des pieds de micro tantôt vampires tantôt squelettes et une jolie palette de jeux de lumières, mais qu’à cela ne tienne puisque l’énergie de notre ex leader de White Zombie compense largement ces légers soucis matériels. Vu l’accueil reçu par notre Rob à son entrée sur scène avec un « Teenage Nosferatu pussy » déchaîné, on sent le public entièrement acquis à sa cause. Le combo a sorti les costumes et maquillages de rigueur pour une ambiance horrifique à souhait, il n’y a pas à dire, métal et cinéma n’auront jamais fait aussi bon ménage que sur un concert de Rob Zombie ! A quelques mètres de la scène, le dynamisme mis en œuvre s’avère immédiatement payant et communicatif. La fosse laisse les pogos de côté pour des hochements de tête, des refrains repris en chœur et des bras tendus en rythme. Avec « Superbeast » et « Living dead girl« , le Zombie a déjà quasiment la salle dans sa poche mais c’est bien le tubesque « Dead city radio and the new gods of supertown » (morceau tiré de l’excellentissime « Venomous Rat Regeneration Vendor« ) qui se chargera de déchaîner l’auditoire et de faire suer dans les t-shirt. Ginger Fish balance ensuite un mémorable solo de batterie dont il a le secret, les murs ont tremblé croyez-moi !

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Ambiance plus relax avec une délicieuse reprise de White Zombie, le fameux « More human than human » où Rob en profite pour communier avec son public en s’autorisant un petit bain de foule. On enchaîne avec un lâché de ballons multicolores,  « Sick bubblegum » dans les oreilles avant de retomber dans une atmosphère horrifique au son du bluesy « House of 1000 corpses » et de « Meet the creeper« . Retour des reprises avec « God of thunder » du groupe Kiss et le très attendu « Thunder kiss 65 » de White zombie qui sera suivi par un solo de guitare épique signé John 5 (le guitariste qui change de gratte à chaque morceau, il en possède de toutes les couleurs !). A ce moment-là, Rob, qui décidément aime partager avec son public, se munie d’une lampe torche, enjambe les barrières qui le sépare de la scène pour un tour de piste dans la salle histoire de faire un petit coucou à la régie. Un moment sympathique qui en dit long sur la personnalité du monsieur. A son retour sur les planches il lâche « American Witch » et l’imprononçable mais particulièrement efficace « Ging Gang Gong De Do Gong De Laga Raga« . On croyait le show pratiquement terminé lorsque plusieurs rappels dantesques pointent leur nez pour faire remonter la température : « Dragula« , « We’re an american band« . Rob nous questionne ensuite afin de savoir quels sont les mâles dans l’audience qui aiment lécher du minou? Les doigts se lèvent (avec le nôtre ^^), le nombre semble assez satisfaisant pour s’adonner à un petit « Pussy Liquor » de derrière les fagots (la gente féminine escalade les épaules !). Nouveau rappel avec « Scum on earth » et « Lords of Salem » pour clore définitivement le show. Manquait juste « Feel so numb« , « Rock and roll (in a black hole) » et « White trash freaks » que votre serviteur aime tant pour que le concert soit parfait ! On a pu constater que Rob Zombie est bel et bien la grosse bête de scène dont on nous avait tant parlé. Rendez-vous pour son prochain passage dans le secteur (sur une plus grosse scène si possible) auquel on souhaitera de toute évidence ABSOLUMENT participer !

Par Casey Slyback

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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