juin 24, 2024

Conan le Cimmérien – Premier Volume – Robert E. Howard

Auteur : Robert E. Howard

Editeur : Bragelonne

Genre : Fantasy

Résumé :

Recueil des nouvelles mettant en scène Conan le Cimmérien, un barbare qui ne vit que pour le sang, la boisson, la ripaille et les femmes.

Avis :

De très nombreuses figures de la « Pop » culture sont issues de la littérature, et parfois, peu de personnes ont lu les origines de ces personnages. On pense à Sherlock Holmes de Sir Arthur Conan Doyle, Dracula de Bram Stoker, ou encore les grands anciens de Lovecraft. Parmi tout ce petit monde, il y en a un qui se décline sous toutes les formes possibles, aussi bien dans le jeu vidéo que dans la musique, au cinéma ou dans le neuvième art, et même dans le jeu de société et le jeu de rôle, il s’agit de Conan. Conan le Cimmérien est un personnage inventé par Robert E. Howard en 1932, alors qu’il signe des nouvelles pour le magazine Weird Tales. Barbare ultra musclé qui va vivre de nombreuses aventures, le protagoniste va se retrouver dans tous les médiums possibles et imaginables.

Pourtant, Conan n’aura vécu que quatre ans sous la plume de son créateur, puisque ce dernier décède en 1936 à l’âge de trente ans. Il n’aura pas fallu longtemps au barbare pour conquérir les cœurs, et on peut aisément comprendre pourquoi avec cet ouvrage. Publié en 2007, la volonté de Bragelonne est d’ici fournir au lecteur les premières nouvelles du héros dans l’ordre chronologique de leur sortie, et de préserver au maximum les originaux de l’écrivain. Car oui, Robert E. Howard fut souvent repris, corrigé, transformé, à un tel point qu’aujourd’hui, il est difficile de tomber sur un texte intégral. De ce fait, l’éditeur a décidé de proposer un gros recueil, qui se termine par un appendice avec des textes sans titre, des essais refusés et des versions transformées par l’auteur lui-même. Mais le plus intéressant dans tout ça, reste finalement les aventures du barbare qui furent publiées.

Il faut aussi savoir que l’écrivain accouchait de textes qui n’avaient pas forcément de liens entre eux. C’est-à-dire que l’on peut très bien avoir une histoire où Conan est déjà un roi, puis sur une autre nouvelle, il sera un pirate pillant des villages côtiers. Ce pot-pourri fait aussi le charme de ce genre de recueil, car on y décèle une imagination foisonnante, et l’ennui n’a jamais vraiment sa place. Tour à tour, Conan devra contrer un ennemi qui veut l’envahir, puis il va se faire engager par un aristocrate pour assassiner une personne compromettante, par la suite, il deviendra un voleur s’engageant dans une tour magique remplie de pièges. Cette façon de faire permet d’enchainer les péripéties sans jamais tomber dans la redite ou le redondant. Et c’est grâce à cela que le barbare va devenir aussi une figure iconique de la littérature de Fantasy.

Il faut dire qu’il coche toutes les cases du bon vieux bourrin des familles. Il ne vit que pour quatre choses : l’alcool, la bouffe, la guerre et les femmes. Un cliché sur pattes mais qui va avoir son lot de nuances. En effet, malgré son aspect misogyne (rappelons que nous sommes en 1932), Conan est un héros binaire au grand cœur. Il fait tout pour sauver les femmes, et quand il s’engage dans un contrat, il y va à fond. Il s’agit ici d’un héros qui n’est pas mauvais. Et même s’il n’est pas bon non plus (ça ne le dérange pas de remplir des contrats d’assassinat tant qu’il y a de l’argent à gagner), il a toujours ce beau rôle qui l’éloigne de la perversion de l’urbanisme. Robert E. Howard en fait d’ailleurs son cheval de bataille, opposant constamment Conan à une société trop complexe, pervertie.

Sur de nombreuses nouvelles, Conan va devoir composer avec des personnages mauvais qu’il ne comprend pas, la faute à des étiquettes qui n’ont aucun sens pour lui. Et finalement, l’auteur nous questionne sur ce qui est important dans la vie. Si les sociétés que nous avons bâties sont saines, avec une logique pour vivre mieux ensemble. Très clairement, les choix de Robert E. Howard sont clairs, montrant que nos villes ont tué nos instincts, et que notre perversion est irrattrapable, accordant de l’importance à ce qui ne l’est pas. Bref, derrière ses atours de barbare sanglant et invincible, derrière cette violence qui semble suintant de tous ses muscles, Conan reste un héros au grand cœur, un être tonitruant qui arrive toujours en s’en sortir par la force, et qui sauve souvent une pauvre hère qui lui tombe dans les bras.

Au final, Conan le Cimmérien est un recueil passionnant à lire et qui évoque tous les récits Fantasy que l’on découvrira par la suite. On pense bien évidemment au Seigneur des Anneaux de Tolkien, mais aussi aux histoires qui baignent dans l’univers de Warhammer, ou encore aux livres dont on est le héros, qui ne se gêneront pas pour mettre du barbare à toutes les sauces. Ajoutons à cela un style d’écriture très fluide et des récits épiques, et on comprend aisément comment ce personnage est devenu une figure iconique la pop culture actuelle.

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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