juin 19, 2024

DragonCum – Dragon Versus Dominatrix

Avis :

Les sous-genres du Métal sont tellement variés que l’on peut écouter de tout, et du n’importe quoi. Dans ce rayon, on peut avoir des mélanges incongrus, mais aussi des groupes qui s’amusent à faire de la parodie et à raconter n’importe quoi. On peut citer Nanowar of Steel, Alestorm ou même Ultra Vomit si on aime le Métal macronien (oui, c’est gratuit, mais on n’oublie pas). Il s’agit de groupe qui font du Métal, mais dont les thèmes et les paroles sont souvent idiotes, se moquant allègrement d’autres formations, qui prennent tout au premier degré. Cependant, même si on fait dans la vanne et le potache, il faut savoir jouer, avoir une certaine technique pour ne pas devenir ridicule. C’est visiblement ce qu’a oublié DragonCum, groupe américain fondé en 2020 qui, comme son nom l’indique, fait dans le graveleux et le très débile.

Alors, bien évidemment, qu’attendre d’un groupe dont le nom signifie littéralement « sperme de dragon » ? Pas grand-chose, si ce n’est un Power/Heavy un peu lourd, mais qui baigne dans un univers déluré avec des paroles intelligibles et à tendance sexuelles. On pourrait dire que c’est un peu ce que l’on a, mais l’ensemble baigne clairement dans une telle faiblesse technique et une production aux fraises qu’on aura vite envie de se jeter sous les rails d’un train. Le démarrage est d’ailleurs insupportable avec The Succubus can Suck my Dick (la délicatesse a foutu le camp). Le groupe tente un riff un peu lourd et un storytelling pour débuter l’album, mais on sent déjà l’enregistrement fait à la va-vite et une modulation vocale dégueulasse. Car oui, il n’y a qu’un chanteur, qui fait toutes les voix, dont une qui se veut féminine, et c’est un calvaire.

Puis quand arrive Morning Woods Wonders, on va se rendre compte de la supercherie. Non seulement ça chante faux, mais en plus de ça, c’est fait n’importe comment. On a un semblant de Death mélodique derrière, tendance Power, mais c’est tellement mal enregistré que l’on entend à peine. De plus, les changements de voix sont dégueulasses, avec une mauvaise gestion de vocoder. Bref, c’est un calvaire. Mais ce n’est que le début. Blowjob Barrage arrivera à nous crisper plus qu’autre chose. Si on aura droit à un joli solo de guitare (chose un peu redondante dans l’album), tout le reste est à jeter à la poubelle. La voix de crécelle qui se veut féminine est horrible, tout comme le « growl » qui est très laid. Et en plus de cela, on aura droit à une histoire qui coupe la musique en plein milieu pour dire de la merde.

Sucked Dry va un peu noyer le poisson au départ. En effet, les riffs sont agressifs et puissants, avec une mélodie qui donne bien envie de headbanger. Sauf que le chant est un calvaire de tous les instants. Soit le growl est trop aigu et manque d’arrangement, soit le chant clair se fait éthéré et faux. Dans les deux cas, c’est insupportable, et à la limite de l’écoutable. Et que dire des élucubrations fantasques de Girl, You Don’t Even have a Mouth, sorte de ballade qui donne envie de se flinguer. Comment est-il humainement possible de proposer cela ? Ici, on est au-delà de la merde, on est dans un concentré de chiasse pur jus. Si les choses semblent s’arranger avec Here Cums Trouble, dont les riffs sont vraiment bons, on reste dans un truc imbuvable vocalement, et dont la production peine à surpasser le truc enregistré dans sa chambre.

En fait, ce sera toujours la même tambouille. On aura droit à quelques riffs intéressants, qui seront noyés dans la médiocrité du chant, et dans une volonté de faire une parodie de Fantasy, avec des personnages vulgaires et débiles. The Return of King Cocksmoker en est un exemple parmi tant d’autres. Le riff est bon, la rythmique laisse présager des musiciens de talent, mais le chant bien tout gâcher, tout comme l’enregistrement de basse qualité. Cumming of Age et son aspect Heavy baigne dans un mauvais goût prononcé. On a la sensation d’écouter un enregistrement en 45 tours mais qui tourne à 33. Puis Cum on, Really ? marque un aspect Power bucolique où la weed a plus tourné que les papiers pour écrire les paroles. Enfin, Lava Semen Versus Soul Sucker aura le privilège de durer trois plombes pour mieux nous asséner le coup de grâce.

Au final, Dragon Versus Dominatrix, le premier album de DragonCum, est l’un des pires trucs que l’on peut entendre de nos jours. Même si c’est fait de façon indépendante, les différents chants sont insupportables et les enregistrements sont un véritable calvaire à écouter. Il faut aussi compter sur une parodie débile, qui se moque des clichés du Power métal, mais qui ne se donne aucun moyen de le faire correctement. On pourrait croire à un comportement de sale gosse, mais un sale gosse sans talent et dénué de la moindre intelligence. Bref, quand on sait que le groupe a sorti deux autres opus coup sur coup en 2021 et en 2022, on va gentiment passer notre chemin, sous peine d’être très vulgaire…

  • The Succubus can Suck my Dick
  • Morning Wood Wonders
  • Blowjob Barrage
  • Sucked Dry
  • Girl, You Don’t Even Have a Mouth
  • Here Cums Trouble
  • The Return of King Cocksmoker
  • Cumming of Age
  • Cum on, Really ?
  • Lava Semen Versus Soul Sucker

Note : 01/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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