novembre 30, 2022

Le Retour de Chucky

Titre Original : Cult of Chucky

De : Don Mancini

Avec Fiona Dourif, Alex Vincent, Brad Dourif, Michael Therriault

Année : 2017

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Internée dans un hôpital psychiatrique depuis quatre ans, Nica Pierce est convaincue à tort d’avoir tué – à la place de Chucky – toute sa famille. Mais la terreur s’empare des lieux après une série d’évènements terrifiants et mystérieux. La poupée tueuse au sourire diabolique n’est peut-être pas si étrangère que cela à ces évènements…

Avis :

A l’instar de Jason Voorhees, Freddy Krueger, Michael Myers et consorts, Chucky fait partie de cette grande famille des figures incontournables de l’horreur. Son histoire commence à la fin des années 80, à cause d’un jouet qui va inspirer Don Mancini, alors créateur de la poupée des films. En 1988, c’est Tom Holland qui réalise le premier film, Jeu d’Enfant, et ce sera un succès. Dès lors, une franchise se met en place avec notamment deux suites qui vont sortir presque coup sur coup, à savoir en 1990 et 1991. La qualité va s’amoindrir et on aurait pu croire que la saga était morte. Mais en 1998, Ronny Yu va présenter La Fiancée de Chucky, un petit bijou d’humour noir qui va redorer l’image de la poupée psychopathe. Don Mancini voyant le vent tourner en sa faveur décide alors de reprendre les rênes de sa création.

Le cinéaste mettra alors en images Le Fils de Chucky, qui veut être une comédie horrifique du même bois que le long-métrage précédent, mais il n’en aura jamais la même saveur. Une pause de neuf ans s’impose, avant de revenir à des fondamentaux simplistes via La Malédiction de Chucky. Slasher peu inspiré, il n’en demeure pas moins que le succès est au rendez-vous et que finalement, Chucky reste bien en place. A un tel point que Mancini nous sert une nouvelle suite quatre ans plus tard avec Le Retour de Chucky, en reprenant les mêmes protagonistes que dans le film précédent. On retrouve donc la poupée dans un hôpital psychiatrique, qui va tout faire pour semer la zizanie autour de Nica, déjà victime collatérale du précédent opus, et qui ne se déplace qu’en fauteuil roulant. On peut donc se demander si la sauce prend encore, malgré la redite…

« L’écriture est assez pataude, et on peut même dire que le film va mettre du temps avant de trouver son rythme de croisière. »

Et le premier constat que l’on peut faire, c’est que ce septième film sur Chucky ne brille pas vraiment par son aspect novateur. On retrouve tous les atours d’un film d’horreur lambda avec des personnages secondaires sans épaisseur qui ne sont là que pour mourir, et une héroïne qui va tout faire pour buter son bourreau. L’écriture est assez pataude, et on peut même dire que le film va mettre du temps avant de trouver son rythme de croisière. La faute à une présentation trop longue des différents protagonistes et de leur maladie, entre le schizophrène, la colérique ou encore la mère endeuillée. On reste dans un schéma trop classique qui ne surprendra jamais. De plus, Don Mancini ne fait strictement rien de ces personnages, ne les utilisant même pas pour critiquer un système de santé à la dérive, ou même un médecin abusif.

Car il faudra vraiment gratter pour trouver du fond à cette histoire, ou tout du moins des éléments auxquels se raccrocher. Et c’est le personnage du médecin qui veut soigner Nica qui sera le plus intéressant. Ici, Mancini interroge sur les méthodes alternatives pour soigner, comme l’hypnose, et il en profite pour peindre le portrait d’un sale type qui profite de ses patientes pour abuser d’elles. Chucky va donc s’en prendre à lui, tout en se questionnant sur sa qualité de monstre. Finalement, qui est le vrai portrait du mal, celui qui tue de sang-froid sans se cacher auprès de la société, ou celui qui vit derrière un masque et se fait passer pour un docteur ? Alors certes, c’est peu de chose, et il n’y a pas vraiment de réflexion à se poser, mais au moins, il y a un petit quelque chose à se mettre sous la dent.

« Fort heureusement, Don Mancini ne ment pas vraiment sur la marchandise. »

En fait, la seule vraie nouveauté du film réside dans la nouvelle faculté de Chucky à se multiplier. En utilisant la scène post-générique du précédent film, Don Mancini élabore la possibilité de créer plusieurs poupées tueuses, qui ont toutes l’âme de Charles Lee Ray. De plus, à l’aide de ce rituel, le tueur peut retrouver un vrai corps humain, le faisant alors réfléchir sur la personne qu’il veut envoûter. Là encore, le film va jouer sur une maladie mentale, celle du schizophrène, afin de semer le doute chez le spectateur, mais cela ne donnera lieu qu’à une courte discussion et une mise à mort bien gore. De même, la poupée est utilisée comme substitut d’un enfant mort, mais cela ne prend pas, la faute à une redondance de scènes toutes plus inutiles les unes que les autres. De ce fait, il y a beaucoup de défauts dans ce film.

On pourrait aussi parler d’Andy, l’enfant du premier film, qui a bien grandi depuis, et qui va vouloir se venger sur Chucky. On le voit très peu, il se fait avoir très vite, et son personnage n’aura aucune fin, tout comme le film, qui se termine sur une fenêtre ouverte vers de nouvelles suites. Mais a-t-on vraiment envie de les voir ? Fort heureusement, Don Mancini ne ment pas vraiment sur la marchandise. Le body count de ce film est assez élevé et on retrouve quelques morts assez originales. De plus, il y a un côté gore qui est bien présent et qui, à chaque fois, représente une sorte de délivrance, la libération d’une rage envers quelqu’un que l’on déteste. La mort du médecin, ou encore de l’un des poupées, est vraiment sale. Et finalement, n’est-ce pas tout ce que l’on demande à une telle franchise ?

Au final, Le Retour de Chucky est un film qui pourrait décevoir, notamment chez ceux qui en attendaient beaucoup. Il ne faut pas oublier que c’est Don Mancini derrière la caméra, que ce n’est pas forcément un gage de qualité, mais il y a des efforts de fait pour rendre ce film un peu différent des autres, même dans la représentation du tueur ou des mises à mort, avec un petit souci esthétique (le plafond de verre qui explose au ralenti par exemple). Alors oui, c’est imparfait, très con dans son fond, mais ça ne dure pas très longtemps et ça a conscience de sa propre nature, donc finalement, ça passe.

Note : 11/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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