octobre 5, 2022

La Balance

De : Bob Swaim

Avec Nathalie Baye, Philippe Léotard, Richard Berry, Maurice Ronet

Année : 1982

Pays : France

Genre : Policier

Résumé :

L’indicateur de la 13e Brigade Territoriale a été assassiné. L’inspecteur en chef Palouzi doit absolument savoir pour pouvoir recruter en sécurité une nouvelle « balance », et enquêter sur les agissements du caïd Massina. Dédé, un ancien lieutenant du truand vivant avec une prostituée, semble être le bon choix.

Avis :

Américain, c’est en France que Bob Swaim s’établit très jeune. Venu faire ses études à la Sorbonne, le jeune Bob Swaim va très vite dévier de ses objectifs lorsqu’il se met à fréquenter très assidûment la cinémathèque. Dès lors, il se lance dans des études de cinéma. Après un court en 1971, il réalise son premier film en 1977, « Les nuits de Saint-Germain-des-Prés » avec Michel Galabru. Cette adaptation d’une enquête du détective Nestor Burma passera quelque peu inaperçue. Bob Swaim attendra donc cinq années avant de se lancer dans un nouveau projet et c’est avec son deuxième qu’il va connaître le succès. Ce deuxième, c’est « La balance« .

Auréolé de trois César, meilleur film, meilleure actrice pour Nathalie Baye et meilleur acteur pour Philippe Léotard, « La balance » est un polar qui se veut ultra réaliste, nous plongeant dans les nouvelles méthodes de la police. Intéressant, bien fait et bien construit pour son époque, « La balance » fut en son temps une petite révolution dans le genre du film policier, et si aujourd’hui, il reste somme toute sympathique à suivre, alors qu’il va fêter ses quarante ans l’année prochaine, cette « … balance » a pris un petit coup de vieux, se faisant bien souvent cheap et même cliché.

Paulo, la quarantaine, est assassiné en plein Paris. Paulo est de ceux qu’on appelait une balance, c’est-à-dire qu’il rencardait les flics. L’inspecteur en chef Palouzi enquêtait sur les agissements d’un caïd nommé Messina et Paulo était son indic. Aujourd’hui « aveugle », il lui faut trouver une nouvelle balance, et son choix s’arrête sur Dédé, un ancien proche de Messina, qui s’est brouillé avec, car Nicole, la copine de Dédé, qui est prostituée, a couché avec Messina. Palouzi, avec ses cartes en mains, veut faire jouer la vengeance pour convaincre Dédé.

Huitième film à décrocher le César du meilleur film, « La balance » est un polar qui comme je le disais, se veut ultra réaliste, réinventant en quelque sorte le polar urbain français et il est vrai que si on le replace dans son époque, le film de Bob Swaim est un bon petit film, aussi plaisant à suivre qu’il est divertissant, et même osé, de par certains des aspects qu’il montre de la police. Mais voilà, comme je le disais, derrière ces très bons points, quarante ans après sa sortie, « La balance » est un film qui a pris indéniablement un coup de vieux, avec par exemple ses noms clichés, les positions de ses flics, ou encore un côté cool et décontracté, qui est décuplé par des punchlines, certaines parfois écrites, mais qui ont aussi tendance à dénoter avec ce que le réalisateur veut montrer et faire. Ainsi donc, il va falloir composer avec ces deux sentiments terriblement opposés pour apprécier cette « … balance« .

Ces sentiments contradictoires, on va les retrouver dans bien des éléments de ce film, à commencer par l’écriture de cette « … balance« . « La balance » est un film qui s’attarde sur les méthodes d’infiltration de la police, qui doit lutter contre une toute nouvelle criminalité. Bob Swaim, pour décrire cela, va alors peindre le portrait de plusieurs personnages avec d’un côté un duo de flics intrépides et tenaces tenus par Richard Berry et Christopher Malavoy, et plus largement une bonne partie de la brigade, parmi laquelle on retrouvera un tout jeune Florent Pagny bien avant qu’il ne pousse la chansonnette.

Le réalisateur nous entraînera aussi de l’autre côté de la barrière avec le couple Nathalie Baye et Philippe Léotard, respectivement une prostituée au grand cœur et un loubard quelque peu revenu sur le droit chemin. Et bien sûr, derrière eux, il y aura les salauds de l’histoire, les trafiquants, délinquants, prostituées, et autres bras droits totalement fêlés. Tout ce petit monde se croise et se décroise au service d’une intrigue qui malgré son côté qui se veut réaliste dans ce qu’elle décrit, demeure aussi, a contrario, terriblement simple et déjà vue. Alors certes, si l’on remet le film dans son époque, Bob Swaim offre du neuf, mais moi qui le découvre aujourd’hui, les clichés et la minceur de son intrigue ont eu tendance à me sauter au visage. Après, comme je le disais aussi (oui, cette chronique est toute en contradiction.), Bob Swaim montre au sein de son film, des côtés assez osés, que ce soit dans les méthodes d’infiltration, dans la violence de la police, qui s’accorde à celle des criminels qu’elle traque, puis il y a aussi la justice qu’elle peut rendre, qui est assez surprenante.

Ces sentiments partagés se prolongent aussi lorsqu’on s’aventure dans la mise en scène de Swaim. Alors oui, le film tient un excellent rythme qui ne faiblit jamais, et le cinéaste livre un polar sombre (malgré son côté cool), qui se sait faire violent, et même sanglant quand il le faut. De plus, « La balance » n’est pas un film radin en action et autres rebondissements, avec à la clef gunfights et courses poursuites. Mais voilà, là encore, quarante ans après, le film a pris un joli coup de vieux, et bien souvent, ce qui se voulait à l’époque réaliste, ne l’est plus forcément aujourd’hui. On peut même dire que le film tient un côté très cheap qui peut faire sourire. Outre les punchlines toujours bien placées, les flics qui prennent la pose, le film a aussi ses traditionnels gunfights où il est évident que personne ne recharge ses flingues. Le film nous offre aussi une course-poursuite qui en quelque sorte, se fait très cool.

Bref, il faut donc composer avec ce que le film voulait faire et était à l’époque, et ce qu’il « en reste » aujourd’hui. En conjuguant tout cela, « La balance » se pose comme un polar divertissant qui se fait plaisant à suivre. Un film qui a pris un coup de vieux dans un sens, et de l’autre qui sent bon les années 80. Puis, devant ça, malgré le côté parfois trop cool des personnages, « La balance« , malgré les années, peut toujours compter sur les interprétations impeccables de Nathalie Baye, Richard Berry, Philippe Léotard, Christopher Malavoy ou encore Maurice Ronet. À voir pour le plaisir, plus que pour l’ambiance.

Note : 11/20

Par Cinéted

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