juin 23, 2021

Ayo – Ticket to the World

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Avis :

Il est très difficile de se faire un nom dans la musique. Mais c’est d’autant plus difficile de se faire nom dans un genre exploité jusqu’à la moelle ou alors dans un milieu commercial si l’on n’est pas entouré par les renards qui lobotomisent les cerveaux de ceux qui écoutent la radio. Le genre qui mélange la soul, le folk et le reggae est vraiment mis en avant, surtout lorsque l’on a le droit à une chanson langoureuse ou avec une guitare sèche redondante. Ce genre est complètement sclérosé par quelques chanteurs qui essayent tant bien que mal de percer après un succès. On pense à Corneille à ses débuts, Tété ou encore a jeune Ayo. Et c’est vrai que quand on y pense, hormis un titre phare de ces artistes, on ne connait pas grand-chose du reste de leur discographie. Pourquoi ? A cause de deux choses. La première chose est que les radios ne passent que les morceaux les plus bankables et qu’un morceau tendre, ça suffit de temps à autre. La seconde chose, c’est que ces artistes ne sont pas assez bons techniquement pour produire autre chose que leur genre et ils ont du mal à se renouveler. Ayo rentre parfaitement dans cette case et ce n’est pas ce nouvel album, qui essaye de faire des incursions dans le hip-hop, qui contredira ce point de vue.

Le skeud commence avec le tube de l’album, Fire. Il sera d’ailleurs en clôture de l’album avec un duo avec Youssoupha, le rappeur français. Premier morceau, première incursion dans le hip-hop et ce n’est pas terrible. Même si la chanteuse possède un bon flow, on sent que la guitare sèche et le rythme du morceau n’est pas vraiment fait pour ça. Mais ces rares morceaux de hip-hop sont les bienvenues dans l’album, car ce dernier possède un énorme défaut, il est ultra monotone. Tous les morceaux, mais absolument tous les morceaux sont sur le même rythme, le même tempo. A un tel point qu’aucune chanson n’est mémorisable et que l’ennui est très présent et cela dès le départ de l’album. I’m Walking est d’un classique hallucinant que ça en devient chiant, notamment avec ces quelques notes de piano. Teach Love est un poil plus dynamique mais reste d’une grande platitude et on a déjà l’impression d’avoir entendu cela des millions de fois. Justice est encore pire puisque l’on dirait une musique de pub pour une banque. Fallin’ sauve un peu les meubles car le morceau est joli et il sera celui qui possède le refrain le plus mémorisable. Seulement, techniquement, c’est faiblard et surtout d’une grande mollesse ! Bref, rien de ben folichon à se mettre sous la dent. Complain fait office de rupture en entrant encore une fois dans le rap et le hip-hop. C’est assez sympathique hormis le refrain africanisant qui casse l’ambiance délétère de ce titre. Who essaye vainement de rentrer dans le genre reggae pseudo cool, reprenant toute l’instrumentalisation du genre, mais on obtient un morceau redondant et vraiment pas intéressant. I Wonder rentre plutôt dans la case soul/funk, dans un rythme calme avec piano et guitare sèche et malgré la jolie voix de la chanteuse, le morceau reste plat et beaucoup trop classique. On peut faire des références aux artistes qui nous inspirent, mais il faut aussi trouver sa propre voix.

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Le milieu de l’album est porté par le titre éponyme de l’album, Ticket to the World, qui est un mélange de rap et de refrain chanté. Le titre reste encore une fois anecdotique malgré le final avec violon et grandiloquence. Et la suite sera du même acabit que tout l’album. Des chants pas foncièrement mauvais mais qui ne marquent absolument pas. Hullabaloo est bien sympathique mais elle manque de dimension et de prise de risque. Sister rentre dans la catégorie musique purement afro-américaine  mais ne reprenant que ce que l’on a déjà entendu dans des morceaux du même genre. La guitare acoustique est par contre très agréable. Wouldn’t It Be Better est encore une fois un morceau chiant au possible, peu touchant car trop formaté pour passer à la radio. Le piano est trop présent et le tout forme quelque chose de trop classique, sans dimension. I Need You est un morceau anecdotique qui sert de bouche-trou au skeud. Milky Way est aussi un morceau plus que dispensable avec des paroles complètement hallucinées et stupides. Enfin, l’album se termine par une reprise de Sunny qui et une copie conforme à l’originale et n’apporte donc rien et Fire en duo avec Youssoupha où le mélange français/anglais fait mal au cul.

Au final, Ticket to the World, le quatrième album d’Ayo est une amère déception. Monotone, classique et surtout sans aucune inventivité, le skeud souffre de morceaux sans aucune dimension et que l’on a l’impression d’avoir déjà entendu des millions de fois. Un album calibré pour le commerce et ce n’est pas avec trois titres hip-hop que cela changera les choses, bien au contraire.

  1. Fire
  2. I’m Walking
  3. Teach Love
  4. Justice
  5. Fallin’
  6. Complain
  7. Who
  8. I Wonder
  9. Ticket to the World
  10. Hullabaloo
  11. Sister
  12. Wouldn’t It Be Better
  13. I Need You
  14. Milky Way
  15. Sunny
  16. Fire feat Youssoupha

Note : 07/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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