avril 15, 2021

Confident Royal

Titre Original : Victoria and Abdul

De : Stephen Frears

Avec Judi Dench, Ali Fazal, Eddie Izzard, Adeel Akhtar

Année: 2017

Pays: Angleterre, Etats-Unis

Genre: Biopic

Résumé:

L’extraordinaire histoire vraie d’une amitié inattendue, à la fin du règne marquant de la Reine Victoria. Quand Abdul Karim, un jeune employé, voyage d’Inde pour participer au jubilé de la reine Victoria, il est surpris de se voir accorder les faveurs de la Reine en personne.
Alors que la reine s’interroge sur les contraintes inhérentes à son long règne, les deux personnages vont former une improbable alliance, faisant preuve d’une grande loyauté mutuelle que la famille de la Reine ainsi que son entourage proche vont tout faire pour détruire.
A mesure que l’amitié s’approfondit, la Reine retrouve sa joie et son humanité et réalise à travers un regard neuf que le monde est en profonde mutation.

Avis:

Stephen Frears est un réalisateur britannique dont la carrière est un petit bijou. Réalisant depuis la fin des années 60, Stephen Frears traverse les décennies avec une certaine aisance. Alors qu’il avait une carrière déjà bien fourni et ses films souvent parcourus par des rôles féminins forts, au milieu des années 2000, Stephen Frears s’est lancé dans une sorte de fascination pour les biopics féminins, mettant en avant des femmes plus ou moins connues. Ainsi, en l’espace de quelques années, il va réaliser « Madame Henderson présente« , « The Queen« , « Philomena« , « Florence Foster Jenkins » ou encore ce « Confident Royal« , dont on va s’intéresser aujourd’hui.

Un peu plus d’un an après avoir adapté la vie de la cantatrice Florence Foster Jenkins avec Meryl Streep en tête d’affiche, Stephen Frears était déjà de retour sur les écrans pour cette fois-ci nous raconter l’histoire méconnue d’une amitié hors du commun, celle de la Reine Victoria et d’un jeune homme venu par hasard d’Inde pour le jubilé d’or de la Reine. Étonnament drôle, touchant, tendre et injuste à la fois, ce vingt sixième et dernier film en date du réalisateur se pose alors comme un petit moment de délicatesse bourré de charme, ce qui fait beaucoup de bien.

1887, la Reine Victoria fête son jubilé d’or pour ses cinquante ans de règne. À cette occasion, Abdul Karim, un jeune homme instruit habitant en Inde, est dépêché par les autorités coloniales, en Angleterre, pour offrir à la Reine une pièce de monnaie qui commémore le règne de sa majesté. Loin des conventions de Londres, Abdul, contre tout attente, va se lier d’amitié avec la Reine, ce qui va avoir tendance à étonner, voire même à agacer les nobles et autres bourgeois de la cour…

« Confident Royal« , c’est le choc des cultures, la rencontre improbable et presque folle de deux extrêmes. Puis « Confident Royal« , c’est une amitié qui dépasse tous les règlements de la cour, et encore plus les imaginations les plus poussées. Jamais une telle amitié n’aurait pu être envisagée, d’ailleurs, cette dernière est très peu connue du grand public et fut très longtemps gardée secrète.

Adapté du roman « Victoria & Abdul : The True Story of the Queen’s Closest Confidant » de Shrabani Basu, Stephen Frears nous entraîne dans un film au charme fou. Un film léger dans un premier temps, et qui ne va cesser de se faire de plus en plus touchant au fur et à mesure qu’il raconte et détaille cette histoire et tout ce qu’elle a pu véhiculer avec elle comme sentiment.

Ce qui est très bon avec le film de Stephen Frears, c’est l’évolution de cette histoire et par cette dernière, du film lui-même. « Confident Royal« , c’est au commencement une petite comédie britannique légère. Une comédie qui a pour fond une histoire vraie. Dans ce premier temps, Stephen Frears nous amuse avec le choc des cultures, avec la caricature assez géniale que le metteur en scène met en place. L’arrivée au palais, les us et coutumes, une certaine déconnexion de la Reine, la terreur qu’elle peut imposer par le simple fait de sa présence. Stephen Frears nous offre vraiment de quoi nous amuser et l’on se laisse très volontiers prendre au jeu d’un film qui apparaissait au départ, comme un petit et très sympathique divertissement.

Or, comme je le disais, ce côté comédie ne va être que dans un premier temps, car, de manière très subtile, au fur et à mesure que les années passent, que cette relation évolue et surtout qu’elle intrigue, voire même qu’elle crée des jalousies, « Confident Royal » se mute en un joli drame. Un drame touchant, délicat et bourré d’humanité. Stephen Frears fait tomber les barrières et dresse le portrait d’une femme très entourée et pourtant piégée dans sa solitude. À travers cette amitié un peu folle, un peu Rock’n’roll, le réalisateur des « … liaisons dangereuses » (titre qui aurait pu convenir à cette histoire aussi) transforme ce qui aurait pu révéler de l’anecdote (ce que l’Angleterre a voulu cacher et envoyer au rang d’anecdote) au rang d’une très belle histoire. Une histoire qui casse les idées reçues, une histoire qui tranche et ose pointer du doigt les arrivistes et autres envieux de la cour. Puis une histoire de vision, de regard, de ressenti, ou un homme va regarder une femme, plus qu’une Reine.

Puis derrière ça, il ne faudrait pas oublier que « Confident Royal » tient un scénario qui est bien riche, abordant l’histoire de l’Inde, la colonisation, la culture de l’Inde, l’idée que la Reine, alors impératrice des Inde, a de ce pays, de son histoire, de ses sujets… Bref, Stephen Frears tient entre ses mains une très belle hiostoire, pleine de richesses et il en fait un petit régal.

« Confident Royal« , c’est aussi deux heures d’un petit régal visuel avec une Angleterre Victorienne très bien reconstituée. Puis derrière ça, « Confident Royal » est un film qui est prenant, aussi bien dans son rythme que par la fluidité avec laquelle Stephen Frears nous raconte cette histoire et fait défiler devant nous une belle décennie. De plus, le réalisateur oscille bien entre la comédie, le drame et l’historique. Ajoutons à cela le parfum magique de la BO de Thomas Newman entre sonorités indiennes et classicisme occidental ou encore quelques accords purement écossais.

Puis enfin, si le film de Stephen Frears est parcouru de très bons seconds rôles, notamment chez les aristocrates anglais, il faut dire que « Confident Royal » tient magistralement sur les compositions de Judi Dench, qui incarne pour la deuxième fois la Reine et retrouve Stephen Frears pour une troisième fois, après nous avoir amusé avec « Madame Henderson présente … » et nous avoir bouleversé avec « Philomena« . Dench est merveilleuse et terrifiante à la fois dans le rôle de la Reine Victoria. Puis face à elle, Ali Fazal, acteur indien qui monte petit à petit, qu’on a pu voir dans « Fast & Furious 7 » et prochainement chez Kenneth Branagh. Ce duo improbable fait des ravages et plus le film avance et plus ils sont beaux et surtout touchants.

A près de quatre-vingt ans, Stephen Frears ne perd rien de son savoir-faire et en plus de mettre en image un petit bout d’histoire anglaise méconnu, il livre un joli, très joli, film, qui dans ce qu’il dit de ses personnages et de l’amitié, tient un beau discours qui fait du bien. Bref, ce film est un petit régal !

Note : 15/20

Par Cinéted

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