décembre 7, 2022

Leaves’ Eyes – Sign of the Dragonhead

Avis :

Au cours des années 90, le Métal Symphonique connait une énorme expansion, notamment avec des groupes scandinaves comme Nightwish qui est le fer de lance du genre. Les années passant, les groupes jouant dans la même cour sont alors arrivés, comme Sirenia, Diabulus in Musica, Within Temptation ou encore Leaves’ Eyes, pour en citer qu’eux. Pour ce dernier, on parle aussi de supergroupe, car tous les membres, à la formation du groupe, sont issus d’autres groupes de métal. Mi-norvégien et mi-allemand, Leaves’ Eyes va rapidement connaître le succès avec Liv Kristine au chant lyrique et Alexander Krull, qui deviendra son mari, aux claviers et au chant « growl ». Enchainant les albums et les tournées, la formation ne va cesser d’évoluer, débutant avec du pur folk avant d’intégrer des moments plus durs, plus Power et même Symphonique. Cependant, le groupe va connaître une césure en 2016 en se séparant de sa chanteuse et fondatrice. Les raisons divergent, la chanteuse estimant qu’elle fut lâchement virée et le groupe parlant de rupture à l’amiable. Bref, de quoi alimenter les tabloïds spécialisés. C’est alors qu’arrive au chant Elina Siirala, une jeune finlandaise qui a la lourde tâche de succéder à la fondatrice du groupe. Survient alors Sign of the Dragonhead, septième album studio qui fit gronder les fans avec le changement de chanteuse. Est-ce justifié ? Pas vraiment.

Le skeud débute avec le morceau éponyme de l’album. Le départ est lancé avec de lourds tambours médiévaux, puis des riffs lourds qui viennent montrer l’envie d’en découdre du groupe. Tout cela est subjugué par des chœurs féminins et un certain lyrisme provenant d’instruments à corde en arrière-plan. La nouvelle chanteuse assume pleinement son rôle et livre une belle prestation qui sera ponctuée par le growl du chanteur qui sait rester discret pour laisser plus de place à la nouvelle venue. Une belle entrée en matière plus Power/Epic que réellement folk. Le folk viendra plutôt avec Across the Sea et sa jolie introduction, démarrant alors par le refrain afin de donner un élan épique à un morceau qui n’en a pas besoin tant il se suffit à lui-même. Cependant, c’est exécuté avec amour, les riffs passent bien et globalement, malgré un rythme plus lent que le morceau précédent, on reste dans une belle ambiance. Like a Mountain démarre alors comme une ballade où la chanteuse fait étalage de son talent, mais cela est vite rattrapé par de lourds riffs et une orchestration épique afin de donner une réelle ampleur au morceau. C’est beaucoup plus calme que le reste dans les couplets, mais il y a toujours une certaine lourdeur qui se dégage grâce à des riffs puissants. Avec Jomsborg, le groupe renoue avec un folk plus prononcé, allant à fond dans le délire médiéval et c’est tant mieux. On retrouvera aussi des interventions plus invasives de la part du chanteur, véritable frontman du groupe maintenant que sa femme n’est plus là. Quant à Völva qui arrive à pleine moitié d’album, le groupe fait fort, tapant dans un savant mélange de folk et de Métal symphonique pour un résultat à la fois doux et violent, mais parfaitement orchestré.

C’est alors que pour entamer cette seconde moitié, le groupe fait un choix audacieux et presque étrange, un morceau de rock folk médiéval. Riders on the Wind est un titre apaisant, étrange, qui pourrait presque passer pour une comptine ou un morceau fédérateur qui donne une patate d’enfer. C’est presque antinomique de dire ça, mais c’est un titre qui donne envie de danser malgré son mid-tempo volontaire et son aspect presque trop calme. Fairer Than the Sun arpente alors un autre chemin, celui de la pure folk douce et langoureuse. C’est beau, c’est calme et cela permet à la chanteuse de partir dans des notes encore plus hautes et de se faire plaisir. On a vraiment l’impression, dans cette seconde moitié, d’écouter un autre album. Mais avec Shadows in the Night, la formation se remet au galop et livre un titre très classique dans leur style, mais qui fait le taf et renoue avec l’énergie du début, offrant au passage un refrain ultra catchy et efficace. Rulers of Wind and Waves est un morceau lyrique et instrumental parfaitement organisé et qui permet de se reposer un peu. Le groupe montre alors son talent dans une folk parfaitement assumé et une grosse référence aux vikings. Fires of the North sera alors une sorte de suite où les chants guerriers lancent un morceau assez étonnant, baignant dans un Hard très prononcé et finalement qui sied à merveille au style voulu. Seule la voix de la chanteuse dénote un peu. Enfin, avec Waves of Euphoria, le groupe lâche sa grosse bombe, un long titre de près de huit minutes qui déboîte sévère et qui est blindé de ruptures toutes plus audacieuses les unes que les autres. A la fois beau et violent, complexe et très simple, ce titre de clôture est tout simplement parfait.

Au final, Sign of the Dragonhead, le dernier album en date de Leaves’ Eyes, est une belle réussite. Si on peut être déçu de l’absence de la fondatrice du groupe et des histoires qui accompagnent cette rupture, la nouvelle chanteuse prend son rôle à bras le corps et donne son meilleur pour un excellent résultat. Le mélange de folk et de métal symphonique marche du tonnerre, pour offrir un skeud complet et finalement très intéressant dans sa façon de s’organiser. En bref, un bel effort qui permet au groupe de continuer sa route sur des flots déchaînés.

  • Sign of the Dragonhead
  • Across the Sea
  • Like a Mountain
  • Jomsborg
  • Völva
  • Riders on the Wind
  • Fairer Than the Sun
  • Shadows in the Night
  • Rulers of Wind and Waves
  • Fires in the North
  • Waves of Euphoria

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.