octobre 5, 2022

Tully

De : Jason Reitman

Avec Charlize Theron, Mackenzie Davis, Ron Livingston, Mark Duplass

Année : 2018

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame

Résumé :

Marlo, la petite quarantaine, vient d’avoir son troisième enfant. Entre son corps malmené par les grossesses qu’elle ne reconnaît plus, les nuits sans sommeil, les repas à préparer, les lessives incessantes et ses deux aînés qui ne lui laissent aucun répit, elle est au bout du rouleau.
Un soir, son frère lui propose de lui offrir, comme cadeau de naissance, une nounou de nuit. D’abord réticente, elle finit par accepter. Du jour au lendemain, sa vie va changer avec l’arrivée de Tully…

Avis :

Venu du cinéma indépendant américain, Jason Reitman fait partie de ces petits réalisateurs stars du milieu. Bon, il faut dire que le cinéaste a laissé un souvenir indémodable dans le cœur des cinéphiles avec son deuxième film, la petite merveille qu’est « Juno« . Sorti il y a dix ans maintenant, depuis Jason Reitman n’a pas chômé, mais le succès ne fut pas toujours au rendez-vous. Si des films tels que « In the Air« , « Young Adult » (déjà avec Charlize Theron) ont su trouver leur public, on ne peut pas en dire autant pour de bons films comme « Last days of summer » ou encore le crash que fut « Men, women & children« . D’ailleurs « Men, women & children » était le dernier en date de Jason Reitman. Sorti en 2014, depuis Jason Reitman s’était mis en retrait bossant pour la télévision avec la série « Casual« , dont il a réalisé quatre épisodes sur deux saisons.

Avec « Tully« , on peut dire que Jason Reitman fait un retour qui a de quoi nous faire lécher nos babines. Toujours dans son style, il nous revient donc avec une deuxième collaboration entre lui et la grande Charlize Theron qui décidément sait très bien gérer sa carrière. Avec « Tully« , Jason Reitman nous propose donc de suivre les mésaventures d’une mère de famille qui après avoir accouché de son troisième enfant, se trouve au bord du gouffre. Septième film pour Jason Reitman et surtout retour gagnant, car le cinéaste nous offre là un beau film, emporté par une Charlize Theron tout simplement incroyable !

Marlo, la quarantaine, a la vie dont elle a toujours rêvé, enfin presque. Mariée à l’homme de sa vie, le couple a eu deux beaux enfants et est en attente du troisième. Déjà débordée par cette vie de famille, une fois la petite Mia arrivée, Marlo s’enfonce dans la dépression n’arrivant plus à gérer le quotidien. Puis, un jour, sur les conseils de son frère, elle engage Tully, une baby-sitter de nuit. Son travail ? Permettre à Marlo d’avoir des nuits complètes et remonter la pente.

« Tully » est une bien jolie surprise venant de la part de Jason Reitman qui après quatre années d’absence rompt enfin le silence. À première vue, quand on s’arrête sur « Tully » et son affiche, on se dit que le réalisateur s’est laissé tenter par la comédie. Pourquoi pas, Jason Reitman sait amuser la galerie, comme il a pu le prouver avec « In the air » ou encore « Young adult« . Mais à la découverte du film, même si son « Tully » développe un bel humour, qui sait s’amuser et rire de situations du quotidien qui ne le seraient pas forcément, c’est en tout logique que l’on trouve une comédie où le drame parcourt tout son film. Bien plus profond qu’il n’en a l’air comme tous les films de son réalisateur, « Tully » montre les méandres d’une dépression. Simple, juste, beau, touchant, Jason Reitman nous livre un film vibrant d’émotion et de vérité. Un film à l’écriture pointue, qui brasse et approfondit beaucoup de sujets.

« Tully« , c’est un film qui parle aussi bien de la parentalité comme on s’en doute, que de la femme derrière la mère. C’est un film qui parle de la difficulté de l’éducation, comme il parle aussi de la quarantaine, du couple, de la grossesse, du désir, du temps qui passe, du corps qui change, et des regrets, dans un sens, d’une vie sans attache. Jason Reitman (la quarantaine lui aussi) met de lui dans le film, abordant des sujets qui lui parlent, tout en n’oubliant pas de faire de son « Tully » un film parlera au public.

Mais le tableau était aussi trop beau, et il fallait qu’il soit entaché si l’on peut dire. Et c’est une tâche très étrange que fait ici Jason Reitman en s’aventurant sur la route d’une révélation dont finalement, on ne sait trop quoi penser tant les sentiments et les envies d’accepter ou non ce qu’il nous raconte se mélangent. Une révélation qui résonne comme un fantasme, qui peut être aussi cohérente que l’inverse et finalement, cette révélation, pour être sûr de bien l’accepter ou la regretter, mérite qu’on s’arrête une deuxième fois sur son film.

« Tully« , c’est bien entendu Charlize Theron qui après avoir joué la reine des connasses pour Jason Reitman, trouve là un rôle au diapason et elle en est tout simplement sublime. Encore une fois, le caméléon Theron est de sortie. Quelconque, des kilos en trop, loin de la fashion victim, Charlize Theron dans la peau de Marlo est totalement investie. L’actrice développe une palette de jeux incroyable. Face à elle, on ne peut passer à côté de Mackenzie Davis, boule d’énergie positive qui fait du bien et Ron Livingston, qui trouve là un petit rôle, mais qui lui va comme un gant.

Ce retour pour Jason Reitman, et malgré la petite zone d’ombre sur la fin, demeure une belle réussite. « Tully » est un film bien plus riche et intense qu’il n’en a l’air. Et « Tully » est un film détenu par une grande actrice qui ne cesse d’étonner. Bref, ce retour aux affaires de Jason Reitman (qui s’est encore une fois entouré de sa scénariste Diablo Cody) est réjouissant et je suis déjà très curieux de son prochain.

Note : 14,5/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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Une réflexion sur « Tully »

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