août 18, 2022

Notre Jour Viendra

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De : Romain Gavras

Avec Vincent Cassel, Olivier Barthélémy, Justine Lerooy, Charlotte Decat

Année : 2010

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

Patrick et Rémy n’ont ni peuple, ni pays, ni armée : ils sont roux. Ensemble, ils vont combattre le monde et sa morale, dans une quête hallucinée vers l’Irlande et la liberté…

Avis :

Romain Gavras est le fils de l’immense réalisateur Costa Gavras. Très loin du cinéma de son père, Romain Gavras a fait son petit bonhomme de chemin seul. En 1994, avec son pote Kim Chapiron, il crée la société de production « Kourtrajmé  » avec laquelle il va produire ses propres courts métrages, mais aussi ceux de Kim Chapiron et peu à peu ceux d’autres réalisateurs. Après 22 ans d’existence, la société de production « Koutrajmé » contient pas moins de cent trente-cinq artistes dans son carnet.

Romain Gavras, c’est le mec qui a baroudé avant d’arriver sur son premier long. Passé par la case courts-métrages, publicités, clips notamment pour M.I.A , la Mafia K’1 Fry, le groupe Justice et même Kanye West plus récemment, Romain Gavras aura pris le temps pour livrer se premier film et le résultat est pour le moins déroutant, tant le film est très loin de ce que l’on a l’habitude de voir. Violent, original, unique, « Notre jour viendra » est une sorte de road trip marginal qui ne ressemble à rien d’autre.

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Patrick et Remy se rencontrent un soir quelque part perdu dans le nord de la France. Patrick et Remy ont toujours senti un malaise chacun de leur côté et c’est ensemble qu’ils décident de l’affronter et l’affirmer. Oui, ils sont roux et ils comptent bien le revendiquer dans une fuite infernale, effrénée et meurtrière vers l’Irlande et la liberté.

Pour son premier film, on ne peut pas dire que Romain Gavras ait fait les choses à moitié. Sur une intrigue complétement surréaliste, le jeune réalisateur nous offre l’un des plus gros et improbables pétages de plomb des années 2010. Partant sur un drame social perdu dans le nord de la France, « Notre jour viendra » va peu à peu s’imposer comme une étonnante révélation qui va nous tenir en haleine jusqu’à son dernier plan incroyable. Road-movie délirant et passionnant, « Notre jour viendra« , dans son pétage de plomb violent, nous embarque dans une lente et terrifiante descente en enfer. Ces deux hommes qui n’ont rien en commun hormis le fait d’être roux, vont nous emporter dans une révolte comme le cinéma français en connaît peu finalement. Une révolte pleine de préjugés, de violence, de haine, mais aussi d’envie de liberté et d’être compris, presque des envies de « normalité ». Avec ce film, Romain Gavras pose d’étrange manière la question de la différence et de la victimisation.

Si au départ, le film peut paraitre comme une comédie avec un ton radicalement décalé, plus le réalisateur avancera dans son intrigue et plus le film glissera doucement dans le drame et l’horreur incontrôlable. Un peu comme le battement d’aile d’un papillon ou une bombe à retardement qui ne pourra faire qu’exploser, qu’importe les évènements. Chaque élément, chaque rencontre, amène sur des évènements toujours plus importants et fous. Et cette quête insensée de ces deux personnages devient alors aussi imprévisible que pathétique et burlesque, ce qui fait qu’on reste comme hypnotisé par leurs « aventures », si toutefois, on peut appeler cela des aventures. « Notre jour viendra » est donc un drame social, un road-movie complétement dingue, un film qui parle de la différence autrement. C’est aussi un film d’action étonnant, un film d’auteur avec un regard bluffant, puis c’est un film intéressant dans les points qu’il aborde.

Visuellement, le film de Romain Gavras est tout aussi improbable et imprévisible que son histoire. Tenant aussi bien sur le drame que la comédie ou encore l’expressionnisme avec des plans larges d’une beauté apocalyptique à couper le souffle, on reste bouche bée devant l’incroyable mise en scène. « Notre jour viendra » regorge d’idées, de plans incroyables et novateurs. Plusieurs scènes mettent très mal à l’aise, alors que d’autres, d’un coup, vont vous faire rire, voire plus. Romain Gavras joue avec énormément de style et se paye le culot de ne pas choisir et mieux encore, puisque le tout fonctionne à merveille. « Notre jour viendra » est aussi un film parcouru par une bande originale électro/classique aussi étonnante et bien vue que le film lui-même. SebastiAn qui en est le compositeur a très bien sur appuyer le caractère du film. Il apporte aussi bien de l’apaisement dans la violence que de poésie dans le drame. Le film en est d’autant plus fort, beau et marquant avec les notes de SebastiAn.

Pour assurer ce pétage de plomb et le rendre aussi grandiose qu’il ne l’est, Romain Gavras a fait appel à la folie collective de Vincent Cassel et Olivier Barthélémy. Le duo fonctionne à merveille, tour à tour absurde, délirant, agaçant, flippant, et même attachant, on suit les deux acteurs avec passion et crainte.

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Premier film, premier choc, c’est radical ! Avec « Notre jour viendra« , Romain Gavras livre un ovni rare. « Notre jour viendra » est un film violent et beau à la fois. C’est un film qui a énormément de gueule, sans toutefois être démonstratif. Doté d’un scénario étonnant, d’une mise en scène stupéfiante, d’une BO géniale et des acteurs puissants, le film est un régal.

Note : 16/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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