janvier 27, 2023

Le Château de ma Mère

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De : Yves Robert

Avec Julien Ciamaca, Philippe Caubère, Nathalie Roussel, Didier Pain

Année : 1990

Pays : France

Genre : Comédie Dramatique

Résumé :

L’adolescence de Marcel, sa découverte de l’amour, son retour à l’amitié et les grands départs pour ses chères collines où, pour arriver plus vite, toute la famille passe en cachette sur un domaine privé.

Avis :

Tout le monde connaît Marcel Pagnol, l’illustre écrivain, cinéaste et producteur français. Pagnol avait un amour immodéré pour la Provence. En 1957, il commence la rédaction des « Souvenirs d’enfances« . Des souvenirs qu’il va alors étaler en trois tomes « La gloire de mon père« , « Le château de ma mère » et « Le Temps des secrets« . Pagnol avait pour projet d’en faire les adaptations pour le cinéma lui-même, mais n’eut le temps de le faire. C’est donc Yves Robert qui s’en chargera seize ans après la mort de Pagnol.

Après avoir passé une trentaine d’années à attendre de pouvoir mettre en scène l’enfance de Marcel Pagnol, Yves Robert a tourné les deux films en même temps. Sorti avec deux mois d’écart, « Le château de ma mère » est la suite directe de « La gloire de mon père » et c’est avec énormément de plaisir qu’on se replonge dans les collines ensoleillées de la Provence française. On m’avait très souvent vendu « La gloire de mon père » comme un film incroyable à la limite du chef d’œuvre, mais la surprise totale est venue avec sa suite qui fut un véritable bouleversement. Parfaitement dans la continuité du premier, l’innocence disparaît et c’est un film plus sombre, triste et fatal qui attend les personnages. Un final qui donne du baume au cœur, et même s’il sera triste, il n’en sera pas moins magnifique.

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Après avoir passé un été inoubliable dans les collines, le jeune Marcel et sa famille ont repris le cours de leur vie. Marcel prépare un concours, mais son cœur est resté dans cette villa perdue quelque part dans les collines. Pour Noël, ses parents lui ont fait la surprise d’aller passer les fêtes dans la villa. Voyant le bonheur que l’endroit procure à ses enfants, Augustine décide qu’il faut monter à la villa tous les week-ends. Commence alors une année pleine d’aventures, de cachoteries et de découvertes. Une année cruciale que le jeune garçon ne sera pas près d’oublier.

Suite chronologie, « Le château de ma mère » reprend juste après l’été que vient de passer la famille Pagnol. Si le premier est un joli moment de cinéma, cette suite sera bien plus belle, mais aussi plus drôle.

C’est avec plaisir qu’on retrouve le ton du premier film. Yves Robert poursuit sa chronique familiale avec le même talant. Mais alors que le premier film n’était que bonheur, plaisanterie et balade sauvage dans les collines, « Le château de ma mère » voit évoluer le personnage du petit Marcel qui va peu à peu passer de l’enfance à l’âge adulte. Le scénario est toujours aussi juste, mais il se trouve un cran au-dessus du premier film, de par l’évolution fatidique de la vie. Ici, le jeune Marcel va connaitre ses premiers émoi amoureux, ses premières peurs, même s’il va s’en amuser. Il va connaitre ses premières désillusions aussi et le tout sera parfaitement mis en scène par l’œil et la plume bienveillante d’Yves Robert. On sourit de ce « Château de ma mère« , on rit beaucoup de l’angoisse affolante des parents pour traverser ce canal interdit (c’est un peu le choc des éducations comparé a aujourd’hui), que le réalisateur filme tel de vraies missions d’infiltrations. Parfois, les situations simples que rencontre le jeune Marcel nous renvoient à certains souvenirs similaires, et c’est donc avec une certaine mélancolie, pour ne pas dire nostalgie, qu’on suit ces nouvelles aventures trépidantes. Puis, c’est avec douceur et joie de vivre qu’Yves Robert fait sortir son jeune héros de l’innocence de l’enfance et de l’adolescence pour nous raconter l’espace d’un dernier quart heure la vie adulte de Pagnol. Le cours de la vie n’épargnant pas les rires des enfants, on suivra alors avec la gorge serrée, les yeux humides, le destin d’untel ou d’untel et la requête par hasard du château de sa mère. Un dernier quart d’heure fatal, mais si beau, si vrai et filmé avec une telle justesse, qu’on ne peut qu’en ressortir le sourire aux lèvres, avec la sensation d’amour vécu un grand et beau moment de cinéma. Un moment à part qui est renforcé par la superbe musique de Vladimir Cosma qui collera à jamais au « Château de ma mère« .

Tous les comédiens qu’on avait aimé et apprécié dans le premier film sont bien présents et retrouvent avec talent leur personnage. Comme convenu, ce film développe le personnage d’Augustine superbement jouée par Nathalie Roussel. Sur le chemin de la vie, Marcel va croiser d’autres personnages qu’on va prendre plaisir à découvrir (merveilleux Philippe Uchan). On retiendra une apparition toute théâtrale de Jean Rochefort, ainsi que de très bons moments avec Jean Carnet, qu’on prendra plaisir à détester.

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« Le château de ma mère » est donc un petit bouleversement. C’est un film qui allie parfaitement la beauté et la simplicité. Avec ce film, Yves Robert conclut son superbe hommage à Marcel Pagnol dans un tourbillon d’émotions. Et ce qui est particulièrement juste avec ce « Château de ma mère« , c’est le fait qu’il en soit d’autant plus fort, parce qu’on a vu « La gloire de mon père« . Si le film est magnifique en soit, il l’est encore plus car Yves Robert nous a déjà bercés avec son précédent film. C’est donc une véritable réussite qui nous évade pendant plus de trois heures.

Note : 18/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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